Publicité

Poulets sous surveillance

16 mars 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les spécialistes de l?Agence française de sécurité sanitaire des aliments classent toujours La Réunion comme étant un département à risque ?faible ou nul? en ce qui concerne la menace grippe aviaire.

Mais, comme le rappelle Pierre Jabert, responsable de la Direction des services vétérinaires (DSV), ?le risque zéro n?existe pas, même si la probabilité reste minime. Deux raisons à cela, le nombre d?oiseaux migrateurs à s?échouer sur l?île ne dépasse pas la vingtaine et l?importation de volatiles est extrêmement réglementée?.

Il n?empêche, les autorités sanitaires musclent les mesures de prévention. La préfecture a décidé de lancer un large recensement de la population de volatiles de l?île.

Désormais, et en application d?un arrêté ministériel du 24 février, tout le monde devra inscrire ses canards, poules, mais aussi les oiseaux d?ornement sur des listes en mairie. Cette mesure s?adresse aussi bien aux professionnels qu?aux particuliers (*), à partir du moment qu?ils élèvent quelques volailles ne serait-ce que quelques mois.

<B>Une véritable institution</B>

Une façon pour les autorités de lever le flou total qui règne sur la localisation et nombre total de volatiles présents sur l?île. ?On recense environ deux millions de volailles dans la filière organisée. En revanche, nous n?avons aucune estimation dans les élevages la kour?, précise Pierre Jabert.

Pourtant, certains avancent des chiffres éloquents allant jusqu?à 600 000 individus dispatchés un peu partout sur l?île. Un exercice qui risque donc de se révéler une véritable gageure. Normal, puisque l?élevage de volailles, surtout dans les hauts, représente une véritable institution.

Dans nombre de cours, quelques poules permettent d?améliorer les repas du dimanche ou d?arrondir les fins de mois en les vendant au marché forain. Charles Robert de Montgaillard élève une vingtaine de volailles chez lui pour la consommation familiale.

Plutôt que de se déplacer en mairie pour les déclarer, il va certainement les ?faire passer plus tôt que prévu? à la casserole. ?J?ai une cuisine au feu de bois. Ce ne sont pas les marmites qui manquent. Je saurai ce qu?il faut faire...? lâche-t-il.

Cet autre éleveur d?oiseaux d?ornement de Sainte-Marie, qui compte entre 150 et 200 canaris dans sa volière, devra lui aussi faire cette démarche. ?Ce sont des spécimens de collection qui restent toujours enfermés et ne sont pas en contact avec les oiseaux sauvages?, explique-t-il.

<B>Un millions d??ufs et oisillons importés</B>

Cette mesure s?apparente à une véritable contrainte, mais il accomplira son devoir, conscient des risques. Ainsi, lui qui s?approvisionnait en canaris en métropole, voire ailleurs dans le monde, ?n?importe plus de spécimens depuis les cas asiatiques?.

Cette nouvelle mesure de précaution va certainement déclencher un véritable ramdam dans l?ensemble des cours et des poulaillers réunionnais. Une mesure qui vise pourtant à faciliter les interventions en cas de suspicion de contamination sur un secteur.

?En cas d?alerte, nous devrons prendre des mesures de confinement dans un rayon de 3 km. Des informations également utiles si, in fine, une vaccination des volailles est décidée?, poursuit le responsable de la DSV.

Ce recensement devrait démarrer dans toutes les mairies au plus vite, ?vraisemblablement début avril?, avance Pierre Jabert. Aux frontières de l?île, la vigilance est elle aussi montée d?un cran. Chaque année, ?un million d??ufs et autant d?oisillons débarquent à La Réunion?, souligne-t-il.

Depuis octobre, ces derniers viennent exclusivement de métropole et de l?Union européenne avec certificat d?origine à l?appui. Les lots sont inspectés à l?arrivée et isolés pendant dix jours.

Un délai qui couvre, selon les autorités compétentes, largement la durée d?incubation de la maladie. Et désormais, les importateurs devront déclarer leurs fournisseurs quinze jours à l?avance pour permettre une enquête préalable auprès des directions des services vétérinaires d?origine. Une prévention accrue donc pour éviter toute propagation du virus H5N1 si celui-ci débarque dans l?île.

<B>Bruno Graignic

Clicanoo.com</B>

(*) Seuls exempts de déclaration, les propriétaires d?oiseaux d?ornement qui restent en permanence enfermés au domicile.

<B>Du côté de la faune sauvage</B>

Un système de surveillance des mortalités de la faune sauvage, réunissant la DSV et la Société d?études ornithologiques de la Réunion (SEOR) vient d?être arrêté. Tout cas suspect, par exemple plus de cinq oiseaux morts de la même espèce dans le même secteur sans cause apparente, donneront lieu à des prélèvements. Ceux-ci seront analysés en métropole. Avec une première confirmation ou infirmation dans un délai de trois jours. Entre-temps, des mesures de confinement seront dressées pour l?ensemble des exploitations alentours.

Publicité