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« La radio est un stimulant pour l?imagination »
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« La radio est un stimulant pour l?imagination »
Comment définiriez-vous le journaliste radio ?
La caractéristique majeure du journaliste radio, c?est la rapidité. On lui demande davantage de réactivité par rapport aux événements et on exige qu?il travaille avec du son, parce que l?information et le verbe ne suffisent pas. Il faut trouver des ambiances capables d?illustrer son propos. Le journaliste radio doit par conséquent, être encore plus rigoureux en matière de vérification de l?information, parce que la radio est le médium le plus pénétrant, celui qui accompagne l?auditeur tout le temps.
Quel est votre regard sur nos radios locales ?
Faute de temps, je n?ai pas été en mesure de toutes les écouter et à des heures différentes. Du peu que j?ai entendu, je dirais qu?elles n?ont pas à rougir de ce qui se fait à l?étranger. J?ai entendu des sons impeccables et un certain sens du professionnalisme. Ce sont des radios qui tournent et qui ont un rythme.
Cependant, le contexte concurrentiel et le petit marché publicitaire, font qu?il y a ciblage de l?audience. Dans ce cas, il faut cibler la masse, pas l?élite. Je pense en revanche, qu?un ciblage ethnique, n?est pas forcément souhaitable. Puisque les annonceurs sont les mêmes, il y a une tendance à utiliser les mêmes recettes pour que ça marche. Comme le paysage radiophonique se resserre, on essaye de se spécialiser. La phase de maturation n?est pas encore là.
Qu?apprenez-vous aux journalistes mauriciens qui sont actuellement sous votre tutelle ?
Mon cours fait écho à celui de John Maguire qui était chez vous, il y a un an et demi. Nous reprenons les mêmes journalistes, pour encore un an et demi de suivi. Au bout de ces trois ans, nous choisirons les trois meilleurs journalistes qui iront en stage à RFI. L?idée de ce cours est de former des journalistes radio sur le perfectionnement en reportage et sur la production de mini-magazines, ainsi que sur la technique de base du journaliste radio.
L?information déclinée chaque heure à l?antenne, ne fait-elle pas de nous, des malades de l?info, surtout lorsqu?elle concerne des sujets délicats, comme la grippe aviaire ou le chikungunya ?
Sur France Info notamment, le cycle de rotation de l?information, dure sept minutes. Ce qui signifie que vous entendez une mauvaise nouvelle chaque sept minutes. A chaque fois, cela produit un effet de dramatisation artificielle, qui joue sur l?inconscient. Cette effet d?imprégnation, qui me dérange personnellement beaucoup, peut créér une situation de panique lorsqu?il s?agit de choses ou de situations délicates et particulières.
Par effet de surenchère, renforcé par un contexte de compétition accrue, l?information peut devenir néfaste à la bonne santé de l?individu. Un train qui arrive à l?heure n?est pas une information. Souvent, plus la nouvelle est mauvaise, mieux c?est.
Quelle place a la radio, en tant qu?outil de développement ?
La radio a certainement un rôle à jouer dans le développement de nos sociétés, mais ce rôle peut être à double tanchant. Puisqu?il est le médium le plus pénétrant, la course au scoop peut s?avérer dangereuse. La presse écrite est la presse des villes. Pour la lire, il faut un niveau scolaire. La radio, en revanche, touche tout le monde, dans sa langue propre. La radio devient par conséquent, un vecteur d?émotion. Entendre le bruit d?une mouette par exemple, à la radio, vous transporte à la plage. C?est la force et la magie de la radio. C?est ce qu?elle a de plus et c?est ce qu?elle a de moins. Mais cette rapidité à vouloir communiquer une information, cette course au scoop, peut donner lieu à des dérapages évidents. Le contexte concurrentiel, peut mettre définitivement, certaines précautions sous silence. Le journaliste peut alors avoir envie de pousser l?information à l?extrême.
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