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Jacques et Diane : escroqués le jour de leur mariage

19 février 2006, 00:00

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Jacques et Diane (prénoms fictifs) sont deux personnes autrement capables. La vie ne leur a pas fait de cadeau, mais elle leur a permis de s?unir. Mais le pire, ils l?ont connu le jour de leur mariage, le 14 janvier 2006. Ils voulaient garder un bon souvenir de leurs noces mais il leur en reste un goût amer.

Jacques, 39 ans, atteint d?une tumeur à la colonne vertébrale, et Diane, 32 ans, née avec une malformation aux jambes, se sont croisés pour la première fois en 1999 à l?église de St-Anne. Ils se sont revus un an plus tard au centre de réhabilitation.

Après quatre ans, un amour intense naît entre eux. Jacques, un grand romantique, demande la main de celle pour qui il avait eu le coup de foudre depuis de longues années. Diane, timide et fragile, succombe finalement au charme de celui qui n?a jamais caché ses sentiments à son égard. Puis, le 24 avril 2005, il lui demande sa main. Sans hésiter, Diane accepte.

Mais le début du cauchemar commence lorsque le couple fait la connaissance d?un traiteur qui s?occupe d?un service de catering. Ce dernier, bon chic bon genre et recommandé par un proche parent, se présente au domicile de Jacques en décembre dernier. L?homme, à qui on donnerait la communion sans confession, assure à Jacques et à Diane qu?il fera de leur mariage un jour inoubliable. Il montre au couple une liste de ses spécialités : poulet croustillant, crevettes, b?uf rôti. Il y a de tout pour faire de leur réception une vraie réussite.

Quelques jours plus tard, Jacques reçoit un devis de Rs 56 000 pour 80 invités. Comme la note est salée, Jacques lui demande d?enlever les boissons.

« Mes proches avaient pris l?initiative de s?en charger. Finalement, nous sommes tombés d?accord sur la somme de Rs 30 000 incluant la décoration de la salle et le filmage », raconte Jacques. Ce dernier remet Rs 15 000 au traiteur et lui demande un reçu. Mais l?homme d?un air rassurant lui dit : « Pa gaign traka. Mo pou mett ou korek. »

Leur bonheur est de courte durée

Une semaine avant la cérémonie, le traiteur se présente de nouveau et demande le reste de la somme. Encore une fois, et malgré l?insistance de Jacques, il ne lui remettra pas de reçu.

Le grand jour arrive. Jacques et Diane sont les nouveaux mariés les plus heureux du monde. Mais ce bonheur est de courte durée. « J?ai téléphoné au traiteur pour m?assurer du bon déroulement du mariage.

Il m?a affirmé que tout allait bien se passer et qu?il se présenterait à la salle très tôt », explique Jacques.

Le bonheur laissera la place à l?angoisse quelques heures plus tard lorsqu?un proche annonce à Jacques que la salle n?a toujours pas été décorée. « Je ne savais plus quoi penser. Je me suis dit que le traiteur avait peut-être eu un léger retard. Diane et moi étions très stressés », nous raconte Jacques, qui ne peut retenir ses larmes. À leur sortie de l?église, ils apprennent qu?il n?y a pas de gâteaux, ni de gajacks dans la salle. De plus, le téléphone du traiteur est éteint.

Le pire viendra lorsqu?ils arrivent à la salle. À part la musique et les boissons, Jacques et Diane se retrouvent dans une salle où il n?y a pas de table d?honneur avec des gâteaux. Certains invités, pensant que le mariage n?aura pas lieu, ont préféré partir. Face à cette situation, le couple est désemparé. « Pourquoi nous ? », se demande-t-il. Malgré le réconfort de leurs proches, Jacques et Diane ont un sentiment de honte et de regret. Le plus beau jour de leur vie s?est écroulé comme un château de cartes. La tristesse se lit sur le visage des invités, témoins de cette belle histoire d?amour tissée pendant de nombreuses années.

Toutefois, parents et amis ont pris les choses en main ce jour-là. Ils ont acheté un gâteau dans une pâtisserie du coin, de même que des amuse-gueules. Finale-ment, le mariage a quand même eu lieu. Unis à présent pour la vie, Jacques et Diane ne garderont du plus beau jour de leur vie qu?un triste souvenir.

N. A.

La version du traiteur

« Mo ti malade zour mariaz », c?est ce qu?a déclaré au téléphone le traiteur, avant de se rétracter pour dire qu?il avait dépensé tout l?argent. « Mo finn depans cash la dans lezot kiksoz. Mo ena regre seki mo finn fer sa bann dimounn la. » Le traiteur affirme qu?il avait rendu la totalité de la somme à la suite d?une déposition consignée contre lui.

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