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Gokhool continue à défendre bec et ongles « sa » réforme

19 février 2006, 00:00

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La GN 10-2006 a été promulgée en catimini cette semaine et elle apporte les amendements nécessaires à l?Education Act pour permettre l?accès aux collèges « nationaux » et « régionaux » en janvier prochain. Nouvelle glissée par Dharam Gokhool, hier, lors d?un exercice de communication avec la presse. Cette publication au Journal officiel est également le signal, pour les opposants à la réforme Gokhool, de recours au judiciaire. Ce dernier défend bec et ongles « sa » réforme et a décidé de passer à l?offensive en communiquant tous azimuts.

Après un passage sur une radio privée, hier matin, il a rencontré la presse. Et il a eu à subir un véritable tir de questions. Serein au début, le ministre devait rapidement laisser éclater son irritation lors de l?exercice de questions-réponses, après avoir critiqué « certains journalistes » qu?il juge hostiles. (Voir hors-texte).

Dans le camp des pro-Gokhool, la publication de la GN 10-2006 est bien accueillie et la campagne sur le terrain va s?accentuer. Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers Union (GHTU), n?en démord pas : tous ceux qui s?opposent aux mesures Gokhool sont systématiquement relégués au rang de valets de l?Église catholique. Même Cassam Uteem a subi les foudres de Tengur.

Chez des opposants à Gokhool, l?on affûte les armes. L?opposition politique se mobilise (voir page 7) et une action légale de parents d?enfants en CPE sera enclenchée. Même démarche chez un groupe de parents « apolitiques » ayant un locus standi. Tous vont saisir la justice quant à la légalité du délai accordé par le ministère.

Au niveau des collectifs citoyens, c?est également la mobilisation : plusieurs réunions de conscientisation sont prévues cette semaine, la plus importante ce mercredi à Sainte-Croix. Du côté de l?Eglise, l?on a choisi de participer aux manifestations des « forces citoyennes ». L?on parle également d?une éventuelle « manifestation monstre » dans les rues de la capitale. Manif organisée par l?ensemble des associations et syndicats contre le projet Gokhool.

Le paysage syndical risque également de subir les dommages collatéraux de la réforme Gokhool. Jugdish Lollbeeharry et Ashit Junglee, respectivement ex-leader et animateur de la Government Teachers Union (GTU), mènent la fronde au sein de la centrale syndicale des instituteurs. Vijay Seegum, pro-Gokhool et proche de Tengur, semble de plus en plus menacé à la tête de la GTU.

En tout cas, Dharam Gokhool persiste et signe : « sa » réforme aidera à la démocratisation de l?accès au savoir. D?où sa fierté de brandir une « ?uvre qui [l?a] inspiré » : La pédagogie des opprimés de Paulo Freire. Le pédagogue brésilien doit se retourner dans sa tombe, surtout s?il entendait ce qu?en pensent les enfants mauriciens (voir pp. 8, 9 et 10).

Les critères d?admission

Pour la première fois depuis l?annonce de la création des collèges « nationaux » et « régionaux », le voile est levé sur les critères d?admission. Dharam Gokhool a expliqué, hier, que les 1 260 places des National Colleges seront allouées selon une « procédure simple ». Le Mauritius Examinations Syndicate (MES) considérera le Overall Grade Aggregate et la performance globale dans les quatre meilleures matières. La note maximale pour 4 A + sera donc de 400 et la minimale de 360.

Cas 1 : il y a exactement 1 260 places de 4 A + (24 unités), tous seront admis dans un National College.

Cas 2 : le nombre de 4 A + excède le nombre de places disponibles.

Le MES procède alors à un exercice d?élimination, commençant à partir de tous les candidats ayant obtenu 360 points, puis 361 et ainsi de suite. Les 1 260 places sont ainsi allouées par élimination. En cas de notes ex-aequo pour un « petit nombre d?élèves », le ministre précise que « le nombre de places sera augmenté ».

À l?heure des questions

N?est-ce pas un retour du ranking, vu que le nombre de places sera inférieur aux élèves ayant eu 4 A + ?

Non, nous avons maintenu l?esprit du grading. Il n?y aura pas de points individuels. C?est une question pratique : comme nous n?aurons que 1 260 places, on ne pourra accueillir tous les 4 A +.

Et si toutes les 630 filles choisissent le QEC ?

Je l?ai expliqué : la grille du MES permettra de désigner les 125 admises.

Nulle part n?est mentionnée, dans le programme électoral de l?Alliance sociale, la création de collèges nationaux?

Oui, mais nous parlons, dans notre discours présidentiel, de donner la chance à tous à une éducation de qualité. Cela inclut donc des mesures comme les collèges nationaux.

Allez-vous légiférer, comme le demande Cassam Uteem, pour interdire les leçons particulières au primaire ?

Nous voulons dégager une stratégie à long terme sur cette question et cela après avoir consulté toutes les parties concernées. Je suis un listening minister et vais consulter avant d?agir. Je travaille dans le dialogue.

Vous dialoguez alors que vous avez déjà pris des décisions ?

Le dialogue est toujours présent. Je suis à l?écoute de tous.

Jauffret dément Gokhool

Interpellé quant à son absence au forum-débat organisé par les Forces citoyennes de Curepipe, vendredi, Dharam Gokhool a assuré n?y avoir jamais été invité. Ce que rejette catégoriquement l?abbé Robert Jauffret, qui soutient qu?une lettre officielle avait été envoyée au ministre en début de semaine.

« Après plusieurs appels téléphoniques à sa secrétaire, cette dernière nous a finalement informés que le ministre n?allait pas être des nôtres. Il est totalement faux de dire que le ministre n?avait pas été invité .»

Gokhool pas cool !

« Tant comme secrétaire général du Parti travailliste que comme ministre, j?ai toujours cultivé des relations cordiales avec la presse. » Signal pour Dharam Gokhool de tenter de se livrer à un procès en règle de la presse ? « de certains journaux » ?, comme il le précise.

Et Dharam Gokhool de citer une partie d?une opinion de l?édition d?hier de notre confrère « l?express » pour accuser son signataire de tous les maux. Face aux objections de certains journalistes présents, qui lui font remarquer que la presse avait été convoquée pour discuter de la réforme et qu?il devrait plutôt adresser une mise au point au journal concerné, Dharam Gokhool arrive difficilement à cacher sa colère. « Je ne fais pas le procès de la presse. Je commente seulement », lance-t-il, mécontent. Après avoir cité des extraits, tirés hors contexte, de l?article, le ministre a affirmé que le journaliste faisait preuve de mauvaise foi et qu?il allait saisir le Media Trust de cette question. Perspicace et fin politique, devant la menace à peine voilée de « walk-out » de journalistes présents, Dharam Gokhool choisit de battre en retraite, de remiser dans ses dossiers ses coupures de presse et de retourner au sujet de la conférence de presse.

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