Publicité

Du bon et du?

18 février 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Nazim ESOOF

Après des décennies de promesses non tenues, on prendra donc les nouvelles mesures annoncées par le ministre de la Justice avec une satisfaction contenue. Mais d?emblée, si le gouvernement de l?Alliance sociale concrétise l?introduction du juge d?instruction, celle d?une police des polices et l?utilisation des caméras lors des interrogatoires policiers, il faudra saluer la démarche. Ayant toujours préconisé des changements structurels, ceux qui secouent les fondements des pratiques réactionnaires, on ne peut qu?encourager des décisions qui tendent dans le sens d?un bond notionnel.

C?est ce que ces trois mesures sont susceptibles de provoquer au sein de la force policière et de son mode de fonctionnement. Pour qu?il aille au bout de la logique, le gouvernement devrait également s?attaquer à l?épineuse question de la modernisation du judiciaire. D?où la nécessité d?une approche intégrée par rapport à tout ce dossier. Il faudra donc prendre le pari qu?au-delà des mesures annoncées, qui risquent d?être perçues comme des palliatifs pour désamorcer la bombe Raddhoa, que le package prévu par le ministre de la Justice témoigne du souci d?une volonté réformiste globale.

On n?en est pas encore là. Mais il faut déjà assurer que les forces conservatrices ne vont pas avoir raison d?une réforme qui tend enfin à inscrire tout un système judiciaire et policier dans une dynamique de renouvellement. La prudence est toujours recommandée surtout lorsqu?on pratique le véritable changement. Et c?est ce qu?inspirent ces initiatives déclinées par le gouvernement.

On n?en dira pas autant par contre des man?uvres de Dharam Gokhool et de tous ceux qui, au gouvernement, soutiennent sa contre-réforme. L?éducation nationale vit ces jours-ci ses heures les plus sombres. Et il y a pire. Le ministre de l?Education annonce en grande pompe qu?il ne souhaite pas voir ce «débat» prendre une tournure sectaire. Pourtant, des groupes qui ont la particularité d?être ethniquement marqués prennent position sur cette réforme. S?il voulait être logique avec lui-même, le ministre de l?Education se désolidariserait de tels mouvements. Ce genre d?associationnisme surethnicise la conjoncture. Nous aurons tout à gagner en faisant l?économie de tels calculs.

Depuis qu?il a énoncé les déclinaisons de sa contre-réforme, le ministre de l?Education est devenu un abonné des critiques comme on n?en voit pas souvent. Le durcissement de sa position pourrait bien aujourd?hui procéder d?un sentiment d?injustice qu?il ressentirait. Si tel est le cas, il faudrait dissiper le malentendu. Le vrai débat va bien au-delà de sa personne. Il n?aurait donc aucun intérêt à radicaliser ses prises de position. Son projet, quoi qu?il veuille bien nous faire croire, ne participe d?aucun plan d?ensemble. Nous ne préjugeons de rien mais s?il y a une stratégie globale, elle fait directement partie d?un crétinisme idéologique et sectaire tendant à mettre en place le meilleur système de conversion de nos enfants en machines ès mémorabilité.

Nous n?attendrons donc pas la suite des propositions de Gokhool. Elles ne peuvent qu?obscurcir le tableau. C?est la raison pour laquelle, les mouvements de résistance auront tout à gagner à contrecarrer les plans du gouvernement sur ce dossier. Parce qu?il est évident que le pouvoir central est engagé dans un processus de «buy time». L?évèque de Port-Louis en sait quelque chose !

Il reste un dernier recours pour savoir si le gouvernement a réellement raison sur cette question. Le référendum. L?Alliance sociale en avait fait une de ses propositions dans son manifeste électoral. Devant l?ampleur de la critique et des dénonciations, il n?y a qu?une manière pour elle de savoir si son projet a un soutien populaire. C?est par moyen référendaire. D?une pierre, elle ferait plusieurs coups. Et ce serait une initiative qui répondrait mieux à la logique des mesures annoncées par Valayden contre les excès de la police. Au cas contraire, nombre de pouvoirs ont vu leurs hôtels du gouvernement prendre feu pour bien moins que cela.

Publicité