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L?économie en danger face au chikungunya

9 février 2006, 00:00

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Ce sont les derniers chiffres disponibles : du 23 au 30 janvier, la Caisse générale d?assurance-maladie a enregistré 2 820 arrêts de travail dont 1 283 liés directement à l?épidémie de chikungunya.

La Sécurité sociale devrait affiner cette semaine ses statistiques afin de déterminer avec plus de précision la moyenne des indisponibilités, mais d?ores et déjà les premières estimations ne laissent aucun doute sur l?ampleur du fléau.

En janvier 2006, le nombre d?arrêts de travail recensés est en augmentation de près de 70 % comparé à la même période l?année dernière. Il y a dix jours, la Chambre de commerce et d?industrie de la Réunion évaluait à environ 12 000 le nombre de salariés touchés par la maladie.

Ces données ont été depuis corrigées à la hausse et les milieux consulaires estiment désormais à plus de 15 000 les personnes actives contraintes, à un moment ou un autre, de cesser leur activité.

Au rythme où progresse l?épidémie, ces chiffres devraient continuer à croître dans les semaines à venir, aggravant ainsi un peu plus les conséquences économiques subies par les différents secteurs d?activité.

Quelles mesures compensatoires ? Dans le bâtiment et les travaux publics, une enquête effectuée le mois dernier par la fédération régionale auprès d?un échantillon représentatif de la profession montre que 73 % des entreprises seraient touchées et 7 % de leurs effectifs en arrêt maladie. La Fédération réunionnaise du bâtiment et des travaux publics considère que ces indisponibilités répétées ont généré une perte sèche de chiffre d?affaires de 10 000 euros par Petite et moyenne entreprise.

Sur l?ensemble du secteur, le manque à gagner oscillerait donc entre 10 et 15 millions d?euros selon les projections.

<B>Compenser les pertes</B>

Dans le commerce et les services, des branches professionnelles qui pèsent économiquement aussi lourds que le bâtiment, aucun recensement significatif n?a été effectué mais l?inquiétude perce.

Vendredi, la CGTR a officiellement demandé au gouvernement de compenser les pertes d?exploitation des entreprises concernées (restauration, grande distribution, quincaillerie...) et de tout mettre en ?uvre afin de juguler au plus vite l?épidémie. L?organisation syndicale n?aborde pas la ?catastrophe sanitaire? uniquement sous son angle économique, elle s?inquiète aussi des conséquences sociales.

Une inquiétude attisée par les déclarations récentes des hôteliers, convaincus que la crise va se prolonger de longs mois, et que les annulations en cascade auxquels ils sont confrontés déboucheront forcément sur des réductions d?effectifs.

Sur les dix derniers jours, l?hôtellerie-restauration évalue déjà à 500 000 euros leur préjudice financier, un chiffre repris par le Comité du tourisme de la Réunion.

Toute la question est aujourd?hui de savoir quels types de compensation peuvent espérer les entreprises réunionnaises et surtout à quel niveau les collectivités locales et l?État sont prêts à s?engager. Pour l?heure, le gouvernement semble prêt à reporter le paiement des charges des entreprises dont les salariés seraient touchés par la maladie et qui ne pourraient plus fonctionner en raison de leur petite taille.

Il n?est pas certain toutefois que cette mesure suffise à répondre aux attentes du monde économique dont la confiance en l?avenir commence à être sérieusement ébranlée. Début de réponse donc avec la réunion organisée à la Région entre les collectivités locales, l?État et les partenaires sociaux.

<B>Florent CORÉE

Clicanoo.com</B>

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