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La CID mise en cause par des témoins
Développement troublant dans le procès opposant la police à Joy Charitur accusé de ?administering drugs to another person? dans l?affaire de la mort par overdose de Mooneshwar Saib, alias China, en septembre 2000. Les deux témoins de la poursuite, Soobaraden Suparee et Vikash Dindayal, ont affirmé en cour intermédiaire de Port-Louis hier avoir été battus et forcés à incriminer l?accusé par la police.
Vikash Dindayal a expliqué qu?il avait rencontré Joy Charitur en deux fois le jour de la mort de China, soit le 1er septembre 2000 mais ce n?est que le lendemain qu?il a appris que China était décédé.
La poursuite, représentée par l?inspecteur Chung Yen, police prosecutor, l?a ensuite confronté à sa déposition du 9 avril 2001 disant : ?Vendredi 1er septam, mo ti dan vilaz Goodlands kan Ashok [Joy Charitur], China et Soonderen ti vinn get mwa dan taxi. Tou le kat nou ti al Plaine-Verte. Ashok finn pran sering ek finn pik China dan so lebra.?
Vikash Dindayal a alors expliqué qu?il avait été arrêté pour une affaire de vol mais qu?il avait été interrogé sur la mort de China. Il a réfuté avoir rencontré les trois protagonistes le jour de la mort de China. ?J?ai été amené dans un champ de cannes, j?ai été battu et on m?a ordonné d?impliquer des tierces personnes. J?ai même déposé une plainte à cet effet à la cour de Pamplemousses.?
Lors de son contre-interrogatoire par la défense, représentée par Me Jean-Claude Bibi, Vikash Dindayal a même déclaré que c?est un officier de la CID qui l?a forcé d?incriminer l?accusé et qu?il est ?prêt à aider la police à trouver la vérité dans cette affaire?.
?J?ai été battu...?
De son côté, Soobaraden Suparee a expliqué qu?il n?avait rencontré personne le jour de la mort de China. Il n?est pas sorti car il recevait des parents. Ce n?est que le 2 septembre qu?il a su qu??un ami appelé China était décédé?. La poursuite confronte ensuite son témoignage à sa déposition faite le 11 avril 2001 où il avait allégué que China était venu le voir chez lui à Roche-Terre pour lui demander de l?accompagner ainsi qu?Ashok, pour acheter de la drogue à Port-Louis et que ce dernier s?était ?piqué? avant de faire de même avec la main droite de China.
?J?ai été battu et la police m?a demandé de dire cela parce qu?un certain Dindayal l?avait dit. J?ai déposé une plainte au CID de Rose-Hill après avoir été libéré sous caution. Le contenu de la déposition est faux.?
Lors du contre-interrogatoire, il a maintenu avoir déposé une plainte et accusé la CID de Piton de l?avoir passé à tabac. Il n?a toutefois pas reçu de réponse concernant cette plainte. ?Je pourrais reconnaître les officiers de la CID. Ce n?est pas vrai de dire que je me droguais avec China et l?accusé.? Comme pour le premier témoin, la poursuite n?a pas trouvé nécessaire de le réexaminer.
Me Jean-Claude Bibi a donc conclu qu?il n?y a pas de ?preuves impliquant l?accusé pouvant établir l?accusation?. Il a ensuite demandé une?vraie enquête? . Il a aussi relevé une autre incohérence dans cette affaire. Il rappelle que ni le rapport de l?autopsie de la victime, ni les analyses du Forensic Science Laboratory n?ont décelé de trace d?héroïne dans le corps du défunt.
Le magistrat Patrick Kam Sing rendra son verdict le 13 février.
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