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Désordre et violences pendant les élections
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Désordre et violences pendant les élections
Trois personnes ont trouvé la mort dans les incidents qui ont émaillé mardi les élections en Haïti, marquées par un désordre justifiant la prolongation des horaires d?ouverture des bureaux de vote.
Lors de ce premier scrutin organisé depuis le départ, il y a deux ans, de Jean-Bertrand Aristide, près de 3,5 millions d?Haïtiens étaient appelés à désigner un nouveau président et à renouveler leur parlement, avec l?espoir de mettre fin aux 20 années de crise qui ont suivi la chute de la dictature des Duvallier.
Le scrutin ? dont les résultats officiels pourraient ne pas être rendus publics avant plusieurs jours ? a débuté avec plus de trois heures de retard et la lenteur du processus a exaspéré les partisans de René Préval, ancien allié d?Aristide donné grand favori et soutenu, comme lui, par les habitants les plus pauvres de ce pays de 8,5 millions d?habitants.
<B>?C?est truqué?</B>
Les détracteurs d?Aristide l?accusant de despotisme, Washington avait fait pression pour qu?il s?en aille après un soulèvement populaire, en 2004.
Des partisans de Préval ont accusé le gouvernement d?avoir orchestré les retards dans les opérations de vote pour empêcher des habitants des quartiers pauvres de voter et limiter la portée du vote en sa faveur.
?C?est truqué. Si nous ne pouvons pas voter, Préval ne sera pas élu?, lançait ainsi Ysaïl Joseph, un Haïtien de 75 ans qui s?est levé à quatre heures du matin pour parcourir la distance séparant la Cité Soleil, où il réside, de son bureau de vote. Plusieurs heures plus tard, il attendait toujours de mettre son bulletin dans l?urne.
?C?est le bazar. Cela ne fait aucun doute?, a avoué pour sa part Patrick Fequière, un membre du conseil électoral haïtien.
Trois personnes ont trouvé la mort lors d?incidents survenus en marge du scrutin. Selon un porte-parole de l?Onu, David Wimhurst, un policier a tué un civil près d?un bureau de vote à Gros-Morne, dans le nord du pays, et a ensuite été tué par des témoins de l?incident. Un homme de 75 ans est par ailleurs décédé dans une bousculade survenue dans un autre bureau de vote, dans la capitale.
Des soldats de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) avaient été déployés pour assurer la sécurité. Les 7 300 casques bleus et 1 800 policiers civils qui la composent ont pour fonction d?appuyer la police haïtienne mais par le passé ils se sont souvent enlisés dans des affrontements entre bandes des bidonvilles.
Des responsables de l?Onu et le gouvernement intérimaire d?Haïti ont reconnu qu?il y avait des problèmes mais ont déclaré avoir ordonné que les bureaux de vote restent ouverts jusque dans la nuit afin de permettre à tous de voter. Ils devaient initialement fermer à 21h00 .
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