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D?autres cas de Chikungunya mais la Santé se veut rassurante

8 février 2006, 20:00

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Mahébourg n?est plus la cible préférée du vecteur du chikungunya. D?autres parties de l?île sont touchées par cette maladie virale qui se transmet par un moustique de la famille aedes. Le ministère de la Santé a reçu hier des échantillons des laboratoires et a ainsi enregistré de nouveaux cas, dont une cinquantaine confirmée, d?après une source des autorités médicales du secteur public.

L?an dernier, quelque 3 500 cas avaient été enregistrés pour tout le pays. A ce stade, le ministère de la Santé ne veut pas avancer de chiffres de manière officielle, pour ne pas créer de panique inutilement. Les autorités jouent à fond la carte de la prévention pour éviter la propagation de cette maladie.

Le ministre de la Santé suppléant, James Burty David, sans donner plus de détails sur l?ampleur de la maladie, précise : ?Nous menons un travail méticuleux. Tout est sous contrôle. Nous misons énormément sur la prévention.? Comme à Mahébourg, où un travail de terrain auprès des habitants est engagé pour mieux cerner l?ampleur de la situation dans ce village.

Respecter le délai pour faire des tests

Mais à Mahébourg, les habitants sont toujours sur le qui-vive. Certaines personnes qui se sont rendues à l?hôpital présentent des symptômes semblables au chikungunya. Le travailleur social George Ah-Yan soutient : ?Nous nous inquiétons que l?hôpital ne fasse pas de prises de sang pour toutes les personnes présentant ces symptômes. S?ils s?avèrent négatifs, ce sera un moyen pour les autorités de dissiper le doute d?une épidémie dans cette région.? Les autorités répliquent toutefois qu?un test effectué sur une personne malade depuis plus de cinq jours ne pourra rien révéler.

Certaines personnes âgées de la région mahébourgeoise ont choisi de migrer vers les Plaines-Wilhems, pour ne pas s?exposer au risque de la maladie. Jusqu?à fort tard, hier soir, des médecins de l?Etat étaient présents sur les lieux. Ils recommandent toujours les précautions déjà annoncées : éviter la création ou le maintien des foyers de moustiques (accumulations d?eau, déchets, vases à fleurs de plusieurs jours?) Entre-temps, la campagne de démoustication se poursuit dans plusieurs régions de l?île. Depuis quelque temps déjà, la compagnie Roger Fayd?herbe a été chargé d?intervenir à Mahébourg, à Poste-La-Fayette et à Grand-Gaube. Le ministère de la Santé a aussi reçu, hier, une quinzaine de brumisateurs (fogging machines) et soixante-dix pulvérisateurs, ce qui permet d?intensifier la campagne de démoustication dans les autres régions. Ces appareils sont utilisés pour répandre l?insecticide destiné à éliminer les moustiques.

Roger Fayd?herbe a également mis plusieurs litres d?insecticide à la disposition du ministère de la Santé. Clifford Dove, directeur général de cette compagnie, indique que, dépendant du climat, l?insecticide peut agir pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Un expert sud-africain, Mark Edwardes, est aussi à Maurice pour former les officiers du ministère de la Santé dans l?utilisation efficace des appareils. Une séance de formation a eu lieu hier.

Eliminer les foyers dans les écoles

Actuellement, une centaine de personnes travaillent à l?assainissement, notamment l?élimination des foyers de moustiques. Une cinquantaine d?autres renforceront cette équipe sur le terrain. Au cours de la réunion d?hier, sous la présidence du ministre James Burty David, le comité a annoncé que les écoles seront démoustiquées à partir de demain.

Hier toujours, un communiqué a été émis pour rassurer les touristes qu?il n?y a pas d?épidémie dans l?île. Une épidémie est déclarée si au moins 15 % de la population est atteinte, alors que le terme outbreak est utilisé quand 2,5 % de la population est touchée. Ce communiqué rassure tous les tours opérateurs que toutes les précautions sont prises et que l?origine de la maladie est étrangère.

Pour parer à toute éventualité, le ministère de la Santé a quand même demandé l?aide de l?Organisation mondiale de la santé, pour qu?elle nous délègue un expert de la question.

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