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Pour l?amour de la terre

7 février 2006, 20:00

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?Si tout le monde se joint à la fonction publique, qu?adviendra-il du travail de la terre ? Il faut un changement de mentalité des jeunes qui sont complexés de se voir dans la peau d?un agriculteur ou d?un marchand?. Vivianie Jolicoeur, 57 ans, s?est battue contre vents et marées pour garder sa plantation, d?une superficie de deux arpents, à Palissade.

Après une vie de dur labeur aux champs, Vivianie ne regrette rien. ?Celui qui peut travailler avec ses mains ne sera jamais pauvre?.

Vivianie cultive maïs, bananiers, haricots, ananas, pistaches et manioc. ?Auparavant, je plantais plus de maïs, mais après des problèmes de main-d??uvre, j?ai décidé de diversifier davantage et de passer également à d?autres cultures?.

Un dur régime

La quinquagénaire passe une dizaine d?heures par jour dans sa plantation. Elle se fait aider de temps à autre par son compagnon, Bergicourt Mercure. ?Le matin, je suis à la plantation à partir de 5 heures du matin. Je fais ensuite une pause à 10 heures pour préparer le repas. A midi ou 13 heures, je retourne au champ et j?y reste jusqu?à 16 heures. J?aime ce que je fais. J?y allais avec mon papa alors que j?étais encore une enfant. Je m?occupe de la plantation de Palissade depuis 35 ans et j?espère qu?après mon départ, un autre prendra la relève?.

Auparavant Vivianie élevait aussi huit vaches laitières, mais elle a dû abandonner en 2004 pour se consacrer davantage à sa plantation. Par contre, elle élève encore huit cochons. ?Quand j?avais des vaches, je devais me lever à 4 heures du matin pour les traire et m?occuper d?eux jusqu?à 5 heures. Un conseil aux futurs éleveurs : il faut construire une étable avant d?avoir des vaches?.

En 2004, elle cède au désespoir lorsque la banane se vend à une roupie seulement. ?Un régime de bananes est lourd à porter et à l?époque, on ne gagnait presque rien. Mais la situation a changé. Je viens de mettre en terre 150 bananiers?.

Aujourd?hui, Vivianie met à sécher sa récolte de maïs sous la véranda et dans toutes les chambres de sa maison. ?La culture du maïs requiert une grande patience. Après la récolte, il faut mettre à sécher les épis pendant trois mois. Ensuite, je vais à l?usine du service d?Agriculture à Citronnelle pour faire moudre les grains à 50 sous la livre?. Malgré ses longues heures au champ, Vivianie trouve du temps pour s?adonner au travail social. Elle fait partie du comité villageois et de celui qui vient en aide au groupe des personnes du troisième âge de la région.

A ceux qui hésitent à se lancer dans la culture agricole, Vivianie dira : ?En agriculture, malgré des hauts et des bas, il y a toujours la lumière au bout du sillon?.

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