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Quand l?adolescence rime avec influence
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Quand l?adolescence rime avec influence
«Si mo pa suiv mo bann kamarad, zot pou dire moi to ankor amba zip to mama. » Il n?y a rien de pire pour une jeune fille de quatorze ans que de se faire traiter de gamine par ses pairs. Jena préfère céder et passer du temps dans la rue avec ses copines et à avoir pour centre d?intérêt « ti garson ».
Quand les jeunes sont en groupe, ils sont capables de tout : casser les cadenas sur les grilles, déboulonner les panneaux indicateurs dans les rues, taquiner les gens qui passent, saccager les écoles ? on l?a vu l?année dernière lors de la proclamation des résultats du HSC. On sait aussi qu?au-delà de la curiosité, la première cigarette c?est souvent entre amis.
« Tu es obligé de faire comme le groupe pour t?intégrer, sinon tu restes seul. On te respecte et on dit ça, c?est cool, le jour où tu fais l?école buissonnière. », explique un collégien.
Le phénomène n?est pas nouveau. La pression des pairs a toujours existé dans toutes les sociétés, dans tous les milieux et elle existera toujours. Ce n?est pas une mauvaise chose en soi, on ne va pas la diaboliser, mais il faut la canaliser, surtout chez les jeunes. L?adolescence est une période d?expérimentation et de ce fait, à risques.
C?est dans cette optique que le ministère de la Jeunesse et des Sports organise un séminaire, le 18 février, au Centre de jeunesse de la Cité Florida.
« Le jeune est à la recherche d?une identité. Il veut devenir une personne à part entière et pas seulement être le fils ou la fille de X ou Y. Il cherche son indépendance. Ce qui explique qu?il est plus à l?aise avec les amis de son âge. C?est le moment où il s?intéresse à la sexualité, où il construit son système de valeurs qui va donner une direction à sa vie », explique Poubarlen Appavoo, le Principal Youth Officer qui animera la causerie.
Résultat, les jeunes vont souvent vers leurs pairs quand ils ont besoin de renseignements et il faut dire que leurs amis n?ont pas toujours l?information correcte.
Pour mieux armer les jeunes face à la vie, il faut les préparer. « Si la vie est une aventure, il faut tout de même la préparer pour avoir de meilleures chances de réussir et pour anticiper les obstacles », souligne le Principal Youth Officer. Il est d?avis que les jeunes d?aujourd?hui sont exposés à plus de dangers car en plus d?être gâtés matériellement, ils vivent dans une société chargée de problèmes ? alcool, drogue, violence, maladies sexuellement transmissibles, etc.
Un jeune informé prend des décisions plus éclairées
Au ministère de la Jeunesse, on considère qu?un jeune informé prend des décisions plus éclairées. « On ne pourra pas empêcher un jeune d?avoir des amis mais avant de le jeter à l?eau, il faut lui donner le maximum de chances pour faire face aux tentations. » Poubarlen Appavoo met l?accent sur les moyens dialectiques. « Il faut leur apprendre à dire non sans blesser les autres et sans se faire rejeter. »
Imran Dhanoo qui sera le deuxième interlocuteur de ce séminaire, insiste sur le besoin de prendre les jeunes en main très tôt pour éviter les mauvais départs. Pour lui, la pression qu?exercent les pairs est non seulement psychologique, mais aussi affective. C?est pour cela qu?elle a autant d?influence sur le jeune qui se sent incompris chez lui.
« Le jeune a besoin de se sentir aimé et valorisé et il trouve cela chez ses amis. Il arrive malheureusement que l?influence soit mauvaise. Il faut mettre des paramètres au début même de la socialisation. Les parents doivent s?intéresser à ce que leurs enfants font, aux amis qu?ils fréquentent, aux parents de ces derniers et ne pas attendre que les choses deviennent incontrôlables. »
Va-t-on alors adhérer à cet adage qui dit « Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es ? » Poubarlen Appavoo préfère la formule « Dis-moi qui tu es, je te dirai qui tu fréquentes. » Nos interlocuteurs sont catégoriques. En règle générale, un jeune n?adopte pas automatiquement les comportements délinquants en présence d?amis déviants. « La plupart du temps, le jeune a lui-même une histoire personnelle lourde ou une personnalité fragile. Ce qui fait qu?il s?associe à un certain type d?amis », avance Imran Dhanoo. « S?il est bien dans sa peau, il suivra ses amis, mais il ne dépassera pas les limites. Il n?ira pas jusqu?à violer les lois », poursuit Poubarlen Appavoo.
La solution pour limiter les dégâts ? La famille est le meilleur tremplin, mais malheureusement, elle n?a pas toujours le temps et elle ne sait pas toujours quoi faire. L?école aurait pu renforcer la personnalité du jeune, lui apprendre à résister aux pressions négatives, mais elle aussi n?a pas toujours le temps, elle a un programme déjà chargé.
Les amis peuvent avoir du bon
Il reste l?éducation informelle. Au ministère de la Jeunesse et des Sports, on a des programmes tels le life skills management qui prépare le jeune à la vie. « Ce programme est composé de neuf modules. On traite de l?identité : ? Qui suis-je, me connaître et m?apprécier.? On parle de valeurs : ?Qu?est-ce qui est important pour moi et pour les autres.? On aborde les stéréotypes : ?Ma vie est-elle déjà tracée ?? On discute des buts :
?Que voudrais-je accomplir ?? Il est aussi question de prises de décision, de sexualité, des risques que cela comprend et de communication », fait ressortir Poubarlen Appavoo.
Mais l?influence des amis peut être positive. D?ailleurs, les adolescents tiennent en haute estime les programmes d?éducation par les pairs. Certains parents font même appel aux amis de leurs enfants pour les raisonner. Comme quoi, les amis peuvent aussi avoir du bon.
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