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La machine en marche

3 février 2006, 20:00

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Souffle de vie et mouvement créateur. Le Théâtre Talipot a trouvé à Maurice une énergie intense et renouvelable. Après un premier stage en novembre dernier, la troupe de la Réunion revenait cette semaine à Maurice pour un autre stage ou plutôt atelier de préparation d?un futur spectacle Maurice-Réunion.

«On est revenu car il y a en effet beaucoup de talents. On aime l?énergie des artistes mauriciens et l?énergie de la terre de Maurice, que l?on connaît bien. En novembre dernier, nous sommes venus pour un stage qui a mis en lumière les perspectives à Maurice. Le stage d?aujourd?hui a pour but de déboucher sur un spectacle. On ne sait pas encore quelle forme il aura », explique Thierry Moucazambo, du Théâtre Talipot.

Laboratoire de recherche, ce présent stage vise ainsi à découvrir des talents dans divers exercices d?expression, théâtre, chorégraphie, chant. Tout part du mouvement et du souffle du corps.

Incursion dans le stage. Les artistes mauriciens se retrouvent dans une salle de répétition à l?étage du Centre Charles Baudelaire à Rose-Hill. Ils sont en cercle et chacun leur tour, au hasard, les artistes doivent se transmettre le sentiment de désir, de plus en plus brûlant et insupportable. Totale impro, les directeurs et formateurs du théâtre Talipot reçoivent des propositions, drôles et saisissantes. Au fur et à mesure, des talents se dévoilent quand d?autres se cherchent encore.

L?exercice de la machine

«On essaye des choses dans le jeu théâtral, la chorégraphie, le souffle, l?énergie des corps, pour savoir qu?est-ce qui naît du mouvement. On est ici pour partager le même processus de travail. On tente des choses. On ne plaque rien. Il n?y a rien de pré-établi. On vient juste voir ce qui sort des êtres, à travers diverses situations de jeu, que l?on habille avec des sentiments », poursuit Thierry Moucazambo. Meilleur exemple, l?exercice de la machine. Chacun apporte sa pierre à l?édifice improvisé, sa pièce à la machine, d?abord robotisée puis de plus en plus humaine et douée de sentiments.

«Imaginez une machine romantique, qui écoute Mike Brant toute la journée », annonce Philippe Pelen Baldini, qui dirige le stage. Les pièces s?imbriquent les unes vis-à-vis des autres. Ce processus créatif est hallucinant et souvent générateur d?admiration et de fous rires. «Les choses qui se libèrent sont formidables».

Pour le moment, le spectacle n?est encore qu?une vague idée, un titre. Aux artistes en stage de le former, petit à petit, au fil des formations. «Philippe prépare une trame d?atelier, à partir de-là des choses naissent, qui nous mènent ailleurs. Je note. Ensuite il y a un débriefing qui va révéler dans quel genre de travail, dans la voix, l?espace, des personnages se dessinent en esquisse », continue d?expliquer Thierry Moucazambo.

On sait seulement pour le moment, le titre ou le thème du spectacle, San Defans. Parce qu?à la vue des notes à la suite du premier stage, c?est le mot qui est venu. «Le stage avait dévoilé des personnages extrêmement fragiles, démunis, plein d?innocence et de liberté. La promesse d?être, c?est l?artiste, écorché, sans défense, autant sensible que libre».

A partir de cette thématique, le théâtre Talipot va travailler avec les artistes mauriciens, petit à petit, dans tous les genres d?arts. Ils tenteront de trouver quelle sera la couleur du souffle, de ce vent du corps créateur, pour la réalisation d?un spectacle métissé, total et original, sans pour autant se figer dans un genre précis.

«On apprend à ne pas figer les choses. On est toujours en évolution, tourné vers le futur. C?est une dynamique de l?océan Indien en quête d?identité. L?art est forcément en mouvement ». D?autres stages auront lieu tout au long de l?année, en avril, juin, septembre, octobre et novembre, ainsi qu?une présentation du travail accompli en cours de route, prévu pour juin.

S.K.

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