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Faits désespérants !
par Nazim ESOOF
Il est si facile d?être manichéen. De pontifier surtout lorsqu?on est au pouvoir. Gouvernement et opposition actuellement se signalent par leurs incohérences. D?abord il y a James Burty David qui monte sur ses grands chevaux pour réécrire l?histoire avec ses notes doctrinales. Dans un pays où on s?improvise souvent historien, il n?est pas étonnant que le pouvoir tente encore aujourd?hui d?antagoniser notre imaginaire avec la réalité historique.
Sans doute, il y a un peu de conviction dans ce qu?il veut réaliser. Mais il y a surtout un manque absolu d?objectivité et d?intelligibilité dans sa démarche. On y relève surtout une propension purement travailliste à pratiquer le révisionnisme historique.
Pourtant à voir de près, s?il faut enlever des statues, on se demande s?il en resterait quelques-unes sur les principales artères de Port-Louis tant tous les personnages historiques s?habillent autant de faits exceptionnels que de man?uvres qui sont de plus ahistoriques.
S?il y a des ministres qui se font remarquer par leur faconde, d?autres, par contre, s?enlisent dans un silence coupable dès qu?il est question de défendre leurs projets. C?est le cas de Gokhool. Le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, aura beau faire croire qu?il a l?opinion publique avec lui, il ne convainc personne sauf peut-être? Suttyhudeo Tengur. Et encore. Bref, lorsqu?on est contredit de tous les côtés, il est recommandé aujourd?hui d?avoir une posture gokhoolienne. Soit on s?entête dans l?illogisme et on s?emmure dans le silence.
Un autre ministre qui commence à décevoir et, cela, parmi des électeurs qui l?ont soutenu, c?est, contre toute attente, Rama Sithanen, le ministre des Finances. Il a porté durant toute la campagne électorale l?espoir d?une partie de la nation désoeuvrée par l?approche technicienne du précédent gouvernement.
Rama Sithanen était la promesse que les choses allaient changer sur le plan économique. Rien de moins que le miracle était attendu de lui. D?ailleurs, les candidats de l?Alliance sociale ne se sont pas privés de critiquer un gouvernement qui ne «comprenait rien à la diplomatie économique» et un Premier ministre qui «commettait des gaffes».
Ce sont ces discours politiciens qui aujourd?hui confrontés à la réalité de la gestion démontrent la relativité de la diplomatie économique mauricienne. Ce n?est pas parce que Tony Blair ou Jacques Chirac daignent faire l?aumône d?un sourire qu?on doit se mettre à croire qu?on est des acteurs privilégiés sur la scène internationale capable de faire entendre sa voix. On est ainsi désormais ramené à notre juste dimension.
C?est d?ailleurs quelque chose que les dirigeants de l?opposition ne semblent pas avoir compris malgré leurs débâcles électorales. «Ala sanzman !», titrent les affiches du Mouvement socialiste militant alors que les affiches mauves rappellent qu?ils avaient prévenu sur la hausse généralisée des prix.
On ne peut trouver de pire moyen d?être efficace en termes de communication politique. Veut-on séduire les électeurs, qu?on ne les culpabilise pas. Encore moins prend-on un ton péremptoire pour dire qu?on a eu raison et que ces électeurs ont eu tort.
Il semblerait que les concepteurs de l?action partisane des partis de l?opposition n?ont toujours pas compris comment parler aux électeurs malgré les exercices de refonte qui ont été entrepris. A ce jeu, ils ont encore beaucoup à apprendre de Navin Ramgoolam !
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