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La revanche des recalés
La révolution n?aura donc été que de courte durée. L?empire a contre-attaqué, c?était prévisible, et les dégâts sont notables dans le rang des résistants.
A quelques mois d?une Coupe du monde que l?Afrique entamera sans ses principales têtes d?affiche, la Coupe d?Afrique des Nations s?est chargée de rétablir au quart de tour la hiérarchie habituelle.
Ainsi, le Cameroun, le Nigeria et l?Egypte, qui n?auront pas le privilège d?étaler leur talent en Allemagne en juin prochain, se sont racheté une conduite à l?échelle continentale, survolant leur groupe respectif pour atteindre plus facilement que prévu les quarts de finale. Le Sénégal est, lui, passé par un trou de souris, certes, mais il a quand même réussi l?essentiel, sa qualification étant venue redonner un tant soit peu le sourire à une nation qui commençait à douter, sérieusement, du potentiel de sa sélection.
Les quatre grosses pointures du continent noir seront donc, ce soir et demain, au rendez-vous des quarts, honneur qui ne sera pas partagé par quatre des cinq mondialistes, l?Angola, le Togo, le Ghana et le Maroc, lesquels n?ont jamais été à la hauteur des espoirs placés en eux, étant déboutés sans vraiment combattre dès le premier tour. Un bilan qui, forcément, suscite quelques interrogations quant à la crédibilité de ces sélections.
Du lot des réhabilités, l?Egypte, en sa qualité de pays hôte, a été reçu avec la mention ?excellent?.
Les coéquipiers de Mido, éliminés dès le premier tour il y a deux ans en Tunisie, ont survolé le groupe A, après avoir infligé, au passage, une véritable leçon de football à la Côte d?Ivoire, qu?ils ont battue 3-1.
La présence de l?Egypte en quart de finale rassure, au plus haut point, les organisateurs, lesquels redoutaient qu?une élimination précoce du pays hôte aurait eu un impact sur la popularité du tournoi.
Près de 80 000 personnes seront d?ailleurs attendues ce soir, au stade international du Caire, pour voir l?Egypte affronter la République démocratique du Congo pour une place dans le dernier carré. Un match évidemment largement à la portée des Pharaons, si tant est qu?on puisse douter de la bonne tenue de la RDC, laquelle n?a jamais vraiment séduit lors des matches de poules, ne devant d?ailleurs sa qualification qu?à une meilleure différence de buts.
Un peu plus tôt dans la soirée, on aura droit à un pur derby ouest africain entre le Sénégal et la Guinée, deux pays qui, pour des raisons historiques, politiques et géographiques, ne se sont jamais fait de cadeaux tant bien même qu?ils partagent les mêmes valeurs culturelles et linguistiques, ayant tous deux longtemps été sous le joug de la France.
Pendant de longues années, le Sénégal a, fièrement, fait valoir sa suprématie sur les terrains de football. Mais le rapport de force s?est, graduellement, équilibré en attendant de basculer dans le camp guinéen, bouleversement, qui, selon certains observateurs avisés, semble iminent.
Ce soir, en effet, et au vu de la prestation des deux équipes lors des matches de poules, on a du mal à penser que le Sénégal aura les moyens d?inquiéter une équipe de Guinée flamboyante, véritable révélation de cette Coupe d?Afrique.
<B>Enthousiasme vs expérience</B>
Les coéquipiers de Pascal Feindouno ont littéralement survolé le groupe B, remportant ses trois matches contre l?Afrique du Sud, la Zambie et la Tunisie, cette dernière ayant bu la tasse sous la forme d?un cinglant 3-0. Une performance qui a pris de court le continent noir en même temps qu?elle a bonifié la Guinée, devenue l?équipe à suivre.
Le Sénégal, au contraire de son voisin, a affiché d?inquiétantes limites en terre égyptienne. Leur qualification pour les quarts, les lions de la Teranga ne la doivent qu?à la différence de but particulière, ayant perdu leurs deux derniers matches.
Si la Guinée possède, à n?en pas douter, des joueurs talentueux et un collectif rodé, son enthousiasme pourrait, toutefois, buter sur l?expérience d?une équipe sénégalaise jamais aussi forte quand elle se retrouve au pied du mur.
Avec trois victoires en autant de sorties, le Cameroun a également fait grosse impression au premier tour à tel point qu?on se demande aujourd?hui comment une équipe de cette dimension, de cette qualité, a pu rater son billet pour l?Allemagne.
Les Lions indomptables ont survolé le groupe B, sous l?impulsion d?un Samuel Eto?o au sommet de son art et auteur de cinq buts, les uns plus beaux que les autres.
Signe du destin ou simple coïncidence, le Cameroun se verra proposer comme adversaire des quarts, demain, au stade international du Caire, une équipe de Côte d?Ivoire qui, justement, l?avait éliminé de la course au Mondial.
La vengeance, dit-on, est un plat qui se mange froid. Gageons que le Cameroun saura trouver les formules adéquates pour éviter de se faire à nouveau surprendre. Mais rien n?est acquis d?avance, certainement pas face à des éléphants ivoiriens capables de tout sur un match.
Lors des éliminatoires de la Coupe du monde, le Cameroun avait réussi l?exploit de battre deux fois la Côte d?Ivoire sans pour autant décrocher le Graal, la faute à une ultime bataille mal négociée contre l?Egypte.
Mais Didier Drogba et ses coéquipiers n?ont, certainement pas, oublié la fameuse bataille d?Abidjan en septembre quand un triplé d?Achille Webo avait tué le match, permettant aux Lions indomptables de s?imposer 3-2 dans des conditions dantesques.
Le quatrième quart opposera le Nigeria à la Tunisie, une répétition de la demi-finale de l?édition 2004, remportée par les protégés de Roger Lemerre 5-3 après une insoutenable séance de tirs au but. Difficile de prédire ce qui arrivera cette fois-ci.
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