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Sucre : pour une aide plus importante en 2007
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Sucre : pour une aide plus importante en 2007
L?objectif est précis : sécuriser des mesures d?accompagnement solides dès 2007 pour financer la réforme de l?industrie sucrière. C?est ce que cherchent les ministres des Finances et de l?Agro-industrie en mission cette semaine auprès des leaders européens.
?Notre campagne d?explication et de sensibilisation s?articule autour de trois messages essentiels : Maurice est inquiète et deçue des montants d?aide annoncés. Nous sommes inquiets des critères utilisés pour la répartition de l?aide et nous sommes opposés au plafond de 15 % qui a été décidé?, déclare Rama Sithanen, joint hier. Ce dernier a ajouté qu?il faudra ?essayer d?obtenir un délai supplémentaire pour que les montants décidés pour 2006 soient révisés en notre faveur. Mais ce qui est plus important, ce sont les déboursements pour la période de 2007 à 2013. Les perspectives financières de l?UE ne seront pas arrêtées avant mai. Nous avons donc un peu de temps pour obtenir des montants plus importants, une révision des critères d?allocation et un déboursement plus important dès la première année pour nous permettre d?être compétitif vers 2009 environ?. Mais pour 2006, tout porte à croire que les dés sont déjà jetés pour le montant de l?aide.
Les mesures d?accompagnement de l?Union européenne sont cruciales pour la survie de l?industrie sucrière. La restructuration à marche forcée de l?industrie qu?impose la baisse de 36 % du prix du sucre nécessite des moyens financiers colossaux de l?ordre de Rs 25 milliards.
Maurice savait déjà que, pour 2006, les décaissements de l?Union européenne vers les producteurs de sucre ACP allaient être dérisoires. Mais ce qui a surpris et mécontenté l?industrie dans son ensemble est l?imposition d?un seuil maximal de 15 % de l?enveloppe européenne par pays. Et Maurice risque fort de se retrouver avec Rs 217 millions seulement cette année.
La mission de Rama Sithanen et d?Arvin Boolell en Europe tombe à pic pour l?obtention d?un meilleur traitement à partir de 2007. Les deux ministres mauriciens ont rencontré hier le ministre des Finances de Chypre qui connaît Maurice puisqu?il s?agit de Michael Sarris. Ils ont également rencontré le conseiller politique du ministre des Finances de France, Thierry Breton, celui-ci étant pris avec le dossier chaud de l?OPA hostile de Mittal sur Arcelor. Et ils ont aussi rencontré le ministre de la Coopération, Mme Girardin.
Aujourd?hui Sithanen et Boolell rencontreront plusieurs parlementaires européens et le ministre de la coopération du Luxembourg.
Les dotations budgétaires (perspectives financières) de l?Europe pour la période 2007-2013 sont arrivées à un stade avancé de discussions entre les parlementaires et le Conseil des ministres. L?issue de ces discussions déterminera l?ampleur des mesures d?accompagnement que l?UE mettra à la disposition des ACP entre 2007 et 2013. Normalement le pays aura besoin de quelque Rs 7 milliards (200 millions d?euros) dès les premières années de sa réforme.
Le seuil de 15 % suscite l?amertume
La délégation ministérielle est en discussions avec les décideurs politiques européens pour dégager une formule adaptée d?une année à l?autre. ?Nous souhaitons qu?elle soit dégressive, avec le plus gros montant décaissé en 2007?, explique-t-on dans les milieux concernés.
Ce principe de déboursement annuel sera déterminé par la viabi-lité des projets qu?avancera chaque Etat ACP exportateur de sucre vers l?Europe. Et l?on souhaite que la Commission n?impose pas un seuil maximal de 15 % de l?enveloppe par pays, comme ce sera fort pro-bablement le cas cette année. La mission de Sithanen et Boolell en Europe vise davantage à assurer 2007 plutôt que de sauver 2006.
Cette décision de limiter à 15 % la part d?aide européenne pour le pays suscite l?amertume. La diplomatie s?interroge sur les raisons ayant motivé les techniciens de Bruxelles à définir une telle formule. Il ressort que Maurice paie, quelque part, pour le succès de sa diversification bâtie sur les recettes de la canne.
Le premier des critères que tiennent en compte les technocrates européens est le poids de l?industrie sucrière dans le Produit intérieur brut. Dans le cas de Maurice, les revenus nets du sucre ne représentent que 4 % alors qu?en Guyane ou St Kitts, le poids est important.
Un autre critère, explique-t-on au sein de l?industrie sucrière, est l?impact de la réforme du secteur sucrier déterminé par la perte estimée de revenus sur le marché européen après l?application de la baisse de 36 % sans que le pays exportateur ne se restructure.
Troisième critère : la dépendance sur le marché européen, quantifié par rapport aux revenus du sucre exportés vers le Vieux Continent. En fin de compte, ce sont des critères qui négligent l?aspect multifonctionnel de la canne à Maurice.
Certes, Louis Michel, commissaire au Développement, dans un discours antérieur, a voulu que Maurice soit le modèle d?efficacité quant à l?utilisation des fonds européens mis à sa disposition. Maurice est un ?bon élève?. Mais, explique un diplomate bruxellois, le Belge n?a certainement pas le poids d?un Peter Mandelson sur ce volet.
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