Publicité

La double confession

1 février 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Traditionnelle, la messe du 1er Février ? Pas tant que cela. Célébrée cette année à Notre-Dame du Grand Pouvoir à Vieux-Grand-Port, ce n?est pas au moment de l?homélie que monseigneur Piat a choisi de lire son message.

Il a appelé à une ?double confession?. Dans un premier temps, pour la grande offense faite à l?humanité, puis pour ?confesser l?offense que les mauvais traitements ont fait à Dieu.?

S?adressant à l?assistance en début de célébration, il a déclaré : ?Le 1er février 1835 est une date aussi importante que celle de l?indépendance.? Tout en affirmant que tous les problèmes ne sont pas réglés, que ?nous avons le devoir d?avancer?, l?évêque de Port-Louis a fait la somme totale de la reconnaissance due aux esclaves.

D?abord pour avoir construit Port-Louis et Mahébourg. Ensuite, pour avoir accueilli le Père Laval, ?kan tou lezot ti riy li?. Reconnaissance pour le ?long attachement des créoles à l?Eglise?. Et leur contribution à la naissance de la langue créole, ?ciment de la nation mauricienne?.

Deux s?urs appelées à faire un témoignage en signe de ?reconnaissance de la contribution de la femme? ont surtout retenu l?attention. A tour de rôle, Marjorie Desvaux, rectrice du St.-Esprit de Case-Noyale et sa ?s?ur? ont pris la parole pour commenter l?Evangile, l?Abolition de l?esclavage et les sujets d?actualité. Elles ont ainsi pris position dans l?affaire concernant la statue d?Adrien D?Epinay et le dossier de l?éducation. ?Nous bizin pran gard ki demain bizin déboulonn bann Adrien d?Epinay d?aujourd?hui. Ler la nou, nou nepli pou la.?

Dans l?église de Notre-Dame du Grand Pouvoir à Vieux-Grand-Port, c?est le four. Les ventilateurs tournent en vain. Il n?y a plus une seule place assise. Au premier rang : Christiane Taubira, invitée officielle aux commémorations, encadrée par Cassam Uteem, ancien président de la République, et le couple Beebeejaun.

Le père Maurice Labour a invité la députée de la Guyane à prendre la parole. Non sans lui avoir remis une copie du dernier ouvrage d?Alain Romaine, Les noms de la honte. ?J?ai lu un papier dans l?avion sur ce livre et cela m?a donné envie de l?acheter?, a déclaré Christiane Taubira. Avant de partager avec conviction ses années de lutte pour faire adopter sa motion à l?Assemblée nationale française, visant à reconnaître la traite négrière et l?esclavage comme crimes contre l?humanité.

Publicité