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Le discours déroutant de Sylvio Michel...
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Le discours déroutant de Sylvio Michel...
Applaudir le gouvernement ou pas ? Les quelques centaines de personnes venues commémorer le 171e anniversaire de l?Abolition de l?esclavage lors d?un rassemblement des Verts-Fraternels sur la plage du Morne hier ne savaient pas trop quelle attitude adopter. Leur leader, Sylvio Michel, était lui-même assez ambigu dans son discours.
Sylvio Michel fustige d?abord Navin Ramgoolam, et de temps en temps, fait quand même son éloge. Alors que l?ancien gouvernement les avait pris, selon Sylvio Michel, pour des ?imbéciles?, l?actuel régime a, ?sans faire enn pake tapaz?, déclaré une partie de la montagne du Morne, Patrimoine national. Et ce même gouvernement a ?très vite? enclenché les procédures pour que le site soit répertorié comme Patrimoine mondial par l?Unesco.
Mais voilà, Sylvio Michel prévient aussi contre un danger qui guette, notamment avec le gouvernement de Ramgoolam. ?La moitié de la montagne sera pour les descendants alors que l?autre moitié sera pour les capitalistes. Il y a vraiment un danger car la montagne est très convoitée.?
Et il montre ainsi du doigt le promoteur hôtelier qui a l?intention de concevoir un projet sur une partie du site du Morne. Sylvio Michel rappelle que le Morne a été un lieu de refuge pour les esclaves de même qu?un site où certains d?entre eux se sont donné la mort en se jetant de la montagne.
?Enn parol rest enn parol?
Il lance ainsi une pique au promoteur : à Verdun, en France, où 300 000 soldats sont morts, y a-t-il un golf club, un complexe hôtelier cinq-étoiles et des chalets ? Il cite également en exemple la Pologne où des complexes hôteliers n?ont pas été érigés à Auschwitz dans les camps de concentration.
?Bann maron pa ti humain sa, zot nu bann grand dimounn?, affirme-t-il avec force. C?est ainsi qu?il demande au promoteur de respecter la montagne sinon, prévient-il, ?mo pu tas ar toi?.
Après avoir exprimé sa colère face au gouvernement pour avoir donné le feu vert au projet hôtelier, il s?insurge contre le fait que Navin Ramgoolam ait pris six mois pour nommer Alain Laridon ambassadeur au Mozambique, Diane Bablee au National Heritage Trust Fund et Jean-Claude Armance à la présidence de la Mauritius Housing Company.
Et des treize noms qu?il avait soumis, il se dit déçu : ?Enn parol rest enn parol. San ki nu fer li enn menas, nu dir Navin Ramgoolam, think twice. Nu pou don li encor inpe letem.?
Evoquant la question de compensation, Sylvio Michel rappelle que le président de l?Afrique du Sud, Nelson Mandela, a donné 30 000 rands comme compensation symbolique aux victimes de l?apartheid. Certaines de ces victimes ont même l?intention de poursuivre les compagnies sud-africaines ayant pratiqué l?apartheid, précise-t-il. Il souhaite ainsi que le gouvernement institue la commission justice et vérité sur la question de l?esclavage.
Navin Ramgoolam a agréé à sa requête lors de la dernière réunion du Conseil des ministres. Il souhaite que le Sud-Africain, Robert Shell, qui travaille dans une université sud-africaine, soit nommé à la présidence. La compensation est aussi importante, dit-il, tant pour la réparation des souffrances endurées par les ancêtres que ?parski nu vent vide, nu enfants somer?. Il demande d?ailleurs au gouvernement de garder une partie de la compensation obtenue aux descendants d?esclaves et aux descendants des travailleurs engagés.
Sit-in envisagé pour démontrer l?indignation
Sylvio Michel souhaite que les autorités tiennent en ligne de compte leurs revendications car ?il faut se rappeler ce qui s?est passé en février 1999? (les émeutes). Mais il précise qu?il est toujours un partisan de la non-violence.
Autre requête des Verts : que la commission de restitution des terres, instituée sous l?ancien gouvernement, soit de nouveau une réalité. Ce qui permettra à de nombreuses personnes, dont des propriétaires, de récupérer leurs terres qui ont été prescrites.
Sylvio Michel dit également s?être attendu que le ministre de la Culture aborde la question de l?arbre généalogique des descendants d?esclaves à Pointe-Canon, hier. Et les Verts comptent organiser des sit-in devant plusieurs institutions des secteurs clés de l?économie pour bien démontrer leur indignation face à la souffrance subie.
Après les discours, l?assistance a procédé à une marche pour les dépôts de gerbes à proximité du site. Outre les bouquets des dirigeants politiques, certaines familles ont confectionné des petits bouquets de fleurs provenant de leurs jardins pour rendre hommage à leurs ancêtres. Une minute de silence a été observée en mémoire de Coretta King, l?épouse de Martin Luther King.
La marche prévue avant les discours a dû être annulée en raison d?un ?cafouillage d?organisation?.
Les marchands ambulants étaient aussi de la partie lors de cette journée. Les curry ti vitesse et curry jaccot, les briani et boulettes étaient au rendez-vous. Un marchand a même suivi le thème de la journée. Ses produits : des vêtements du style que portaient les esclaves de l?époque.
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