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LE SYSTÈME RADDHOA

21 janvier 2006, 20:00

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■ Vel MOONIEN

Ce que tout le monde redoutait s?est malheureusement produit? Depuis des mois, c?était un secret de Polichinelle à l?hôtel du gouvernement que la Major Crime Investigation Team (MCIT) du surintendant Hurrydeo Rad-dhoa use de méthodes peu conventionnelles en menant ses enquêtes.

L?Attorney General et ministre des Droits de l?homme, Rama Valayden, en sait quelque chose. Il a personnellement été concerné par ce travers du système.

Il y a trois mois, c?est nul autre que son beau-frère et ancien client, Vinessen Subbaroyan, qui en a fait les frais, entre les mains des hommes de Raddhoa.

Le Dr Amah Charrya Gujjalu a certifié que le cerveau présumé du hold-up de la MCB a bien été brutalisé durant ses trois jours de détention. Entre autres, l?ancien médecin légiste de la police a noté que Vinessen a été frappé à la plante des pieds et qu?il avait des difficultés à se déplacer.

Dans son rapport, il fait ressortir que la partie gauche du front de Vinessen était enflée et qu?il portait des ecchymoses sur cette zone du visage. Des contusions sont également visibles sur ses bras et son torse.

C?était en octobre et Raddhoa vient à peine d?être parachuté à la tête de la MCIT. Il a rouvert le dossier du hold-up de février 2005 et presque tous les anciens suspects entendus par son équipe ensuite se sont plaints d?avoir été victimes de brutalité.

Mis en présence du rapport médical de Vinessen, de rares locataires de l?Hôtel du gouvernement ont réagi. Mais pas le responsable du portefeuille de l?Intérieur, c?est-à-dire le Premier ministre.

Raddhoa est-il donc à ce point toléré ? Pourquoi le gouvernement a-t-il permis à la situation de pourrir en le laissant faire ?

Aux journalistes qui rapportent les allégations de brutalités portées contre lui, l?officier a une réponse toute faite : ils sont des « racistes ». Et il réagit comme le président américain George Bush. Soit vous êtes avec lui, soit vous êtes contre lui.

Dans sa tête, un accusé c?est comme un terroriste bon pour Guantanamo : il n?a pas de droits. Depuis son retour des garages de la Special Mobile Force (SMF), il fait d?ailleurs campagne contre les avocats, les accusant de lui mettre des bâtons dans les roues.

Un accusé n?a pas de droits

« Si son équipe fait bien ses enquêtes, il n?a pas à avoir peur des avocats. Il doit avant tout réunir des preuves contre un suspect avant d?entendre ce qu?il a à dire. Mais avec lui, c?est l?inverse qui se fait. Et c?est cette méthode qui semble être cautionnée par ses supérieurs », déplore un vieil enquêteur.

« Ce sont des extracteurs et non des enquêteurs », a ironisé Me Shakeel Mohamed à la radio. Car jusqu?ici, des enquêtes résolues par la MCIT, la majorité est due à des confessions et non grâce à des collectes d?indices ou de preuves.

Raddhoa demeure une patate chaude pour le gouvernement. Mais nul ne veut prendre position contre le bouillant surintendant. Aux Casernes centrales, sa prétendue proximité avec l?Hôtel du gouvernement le place sur un piédestal. Le pouvoir, lui , a peur de froisser l?opinion publique en le désavouant.

Raddhoa est populaire et il le sait. Il ne se lasse pas de le dire. Des proches des amants morts à Bassin-Blanc, en passant par la mère d?Ackmez ou la famille de Nadine Dantier, tous veulent le voir enquêter sur ces affaires non élucidées depuis des mois.

Quelles que soient ses méthodes, ils savent qu?ils auront des résultats. Mais à quel prix ? « Bizin pa blye ena ene bel lobi enver Raddhoa. Li cut across tou kominote », confie un ministre. Vu le fort courant de sympathie, Raddhoa se sent intouchable. D?où son affirmation sur une radio : « Mo popiler, si aret mwa pu ena revolityon ». Le gouvernement sait que les méthodes de Raddhoa sont peu orthodoxes mais n?en fait pas grand cas. L?ordre public étant un enjeu politique, il vaut mieux que les enquêtes aient l?air d?avancer. Raddhoa est le joker.

Le public voulant des résultats contre une criminalité en hausse, n?hésitant pas à réclamer la peine de mort pour les coupables, le gouvernement a choisi de laisser faire Raddhoa.

Les données ont changé depuis samedi. Avec le décès de Rajesh Ramlogun, le sort de l?officier est en suspens. Même si sa responsabilité n?est pas directement engagée, « le poste de directeur de la MCIT lui sera retiré car le travail doit continuer », explique un membre du cabinet. « Attorney General ine fer neseser pu gagn enn lot rol. Pu fer li fer monitoring me li pa pu inplike dan ban lenket direktman », fait ressortir ce ministre.

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