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Gopalsingh et Raddhoa : les rapports de force

18 janvier 2006, 20:00

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La déconfiture du chef de la MCIT, laissait-on entendre aux Casernes centrales, hier, ?ne déplairait pas? au commissaire de police (CP) Ramanooj Gopalsingh. Ce dernier a même refusé de rencontrer Prem Raddhoa, qui lui avait réclamé un rendez-vous. Il avait invoqué un emploi du temps serré.

Pour certains à la police, ce refus aurait pour but de permettre au CP de ?réaffirmer? son autorité au sein de la force policière et plus précisément auprès du tonitruant Raddhoa et de ses hommes de la Major Crime Investigation Team (MCIT).

Ramanooj Gopalsingh avait fait transférer le surintendant de police à la Special Mobile Force en 2001 à la suite d?allégations de brutalités policières faites à son encontre. Mais avec le changement de pouvoir, le SP Raddhoa a réintégré la MCIT. Depuis, le CP avait adopté un profil bas, se sentant ?lâché? par le nouveau gouvernement.

Outre le fait d?être relégué au second plan, le commissaire de police n?aurait pas apprécié que le chef de la MCIT s?attire tous les mérites alors que ?de nombreux enquêteurs tout aussi compétents, sinon plus et travaillent tous les jours dans l?ombre?. Le CP aurait d?ailleurs perçu au long des derniers mois, la confiance placée dans le surintendant de police par le gouvernement comme autant de ?pressions? visant à le faire partir. Ramanooj Gopalsingh aura cependant su faire preuve d?impassibilité, balayant même à plusieurs reprises dans la presse des rumeurs d?un éventuel départ.

Mais la mort de Ramlogun et les accusations de brutalités policières à l?encontre du surintendant de police et de son équipe ont mis le gouvernement dans l?embarras. Le gouvernement, fait ressortir le commissaire de police, avait joué à fond la carte populaire en réintroduisant Prem Raddhoa. Maintenant, il ne veut pas être tenu pour responsable de la conduite répréhensible de ce dernier, ajoute Gopalsingh.

Quoi qu?il en soit, lors d?une conférence de presse hier, le Premier ministre a bien de son côté fait ressortir qu?il ?ne deal pas avec Raddhoa mais avec le commissaire de police?.

Et il semblerait que ce dernier est prêt à assumer pleinement ses responsabilités. ?Il tient à faire savoir à Raddhoa que c?est de nouveau lui l?homme fort de la police?, laisse entendre un haut gradé bien au fait de la situation.

La tension entre Ramanooj Gopalsingh et Prem Raddhoa n?est pas sans faire l?objet de discussions passionnées parmi les policiers. Et bien que les résultats fournis par ce dernier depuis son arrivée sont incontestables, les méthodes peu orthodoxes utilisées par son équipe sont montrées du doigt par d?autres unités de la police.

?Transfert punitif?

Ce n?est pas la première fois que les mots brutalités policières sont associés à son nom. Plusieurs accusés ainsi que d?autres personnes interrogées dans des affaires de crimes, viols et autres vols avaient déposé contre Prem Raddhoa.

Cehl Meeah, arrêté dans le cadre de l?enquête sur ?l?escadron de la mort?, avait allégué que Prem Raddhoa et ses hommes l?avaient tabassé pour qu?il fasse une déposition.

De même dans l?affaire Vanessa Lagesse, l?accusé Bernard Maigrot avait déclaré qu?il était passé aux aveux sous la contrainte.

Ce sont justement de telles allégations qui avaient motivé le CP à le transférer en 2001. Prem Raddhoa, alors chef inspecteur, avait été muté à la SMF.

Prem Raddhoa avait contesté son transfert par des démarches juridiques pour qu?on rétablisse ses droits. Il avait dénoncé avec virulence son ?transfert punitif? et des ?abus? dont il aurait été victime.

En attendant, une enquête est en cours pour déterminer les responsabilités dans le cas de la mort de Rajesh Ramlogun. Le Premier ministre entend, lui, faire taire les ?rumeurs? quant à son intervention dans l?enquête. ?Je ne donne pas d?instructions au commissaire de police?, assurait-il hier.

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