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Le MMM dénonce le ?crime? envers les enfants mauriciens

15 janvier 2006, 20:00

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L?opposition réagit fermement à la réforme instituée par le ministre Gokhool, par la voix de Paul Bérenger et de Steven Obeegadoo. Elle engage une campagne d?information et sollicite le public.

Un?crime? commis envers les enfants mauriciens. C?est en ces termes que le MMM s?attaque à la réforme entamée par le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, ?au nom? du gouvernement de l?Alliance sociale. Ce parti étudie la possibilité d?entamer une action juridique contre les modes d?admission en Form I des collèges nationaux. Il souhaite qu?il y ait une prise de position du public et compte engager une campagne nationale d?information, tant dans les villes que dans les villages.

?Mais attention au piège communal?, prévient Paul Bérenger. ?Vir lalang dis fwa avan koze?, exhorte-t-il. Il affirme que toutes les communautés sont concernées. ?Soumettre les enfants à la pression du ranking au CPE est un crime (?) C?est anti-pé-dagogique et contre la tendance mon-diale?, insiste-t-il.

Pour Steven Obeegadoo, les quelque 1 200 enfants de 11 ans qui concourent pour les meilleurs collèges ne constitueront pas une élite intellectuelle. Maurice mérite ?mieux?, selon lui.

Le MMM qualifie le nouveau mode d?admission au secondaire d??institutionnalisation d?une éducation à deux vitesses?. Ce parti déplore qu?il n?y ait que neuf bons collèges d?identifiés, ce qui veut dire que les autres établissements seront ?dégradés aux yeux des gens?.

De plus, il y aura davantage de demandes que de places disponibles dans ces neuf collèges, selon le MMM. Ce parti s?interroge aussi sur la transparence du système.

Disparition déplorée du préprofessionnel

Le leader du MMM estime que, pour accéder au sommet, ?il faut être enfant de ministre ou utiliser la force de l?argent?. Pour lui, il n?est pas possible, voire même ?inacceptable?, de faire confiance à ?ce gouvernement travailliste pour lequel tout n?est que favoritisme, aujourd?hui plus que jamais?.

Steven Obeegadoo déclare, lui, que ?l?histoire fait machine arrière?. Pour le secrétaire général du MMM, Maurice a reculé à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. ?Tous les pays du monde ont démocratisé l?éducation dès les années 1950 -1960 et aucune force conservatrice n?a osé remettre cela en cause?, insiste-t-il. Il juge les propositions de Dharam Gokhool?iniques et uniques? et qu?elles seront injustifiables à une tribune internationale.

Il dénonce le ?show médiatique? de ministres du gouvernement dans les écoles, le jour de la rentrée. ?Rama Valayden (NdlR : le ministre de la Justice,) l?a dit kare kare, c?est le retour du ranking?, s?insurge encore Steven Obeegadoo. Or, il considère que le gouvernement n?a pas de mandat pour réintroduire le ran-king. Il pense qu?il y a un risque de créer une génération perdue, de tuer toute possibilité de réforme future.

?On va offrir deux services d?éducation, un système à deux vitesses (?), cela va renforcer les rigidités de la classe, stigmatiser les enfants. Quand nous formons une élite, il faut savoir quel type de génération nous allons produire?, insiste encore l?ancien ministre de l?Education.

Paul Bérenger et Steven Obeegadoo ont également déploré la disparition annoncée de la filière pré-professionnelle destinée aux recalés du système éducatif. Steven Obeegadoo pense que c?est même la fin de cette filière et que, dans la conjoncture, les collèges secondaires vont rapidement s?en débarrasser. ?Les enfants défavorisés seront parqués dans de vieux bâtiments?, prévoit l?ancien ministre de l?Education. Pour le MMM, Maurice risque même une ?explosion sociale??

PLAINTE

Des affiches ?déchirées par la police?

■ Steven Obeegadoo a contacté le commissaire de police Ramanooj Gopalsingh hier pour lui demander des explications, suite à l?intervention samedi de la section Emergency Response Service (ERS) de la police pour empêcher le collage d?affiches du MMM à Curepipe, à Vacoas et à Beau-Bassin. Intervention qui s?est reproduite hier soir à Mahébourg et à Curepipe. Ces affiches portaient des slogans tels ?gouvernman couyoner, prix pe monte, rapel ki nu ti dir?. Steven Obeegadoo affirme qu?hier des affiches ont été ?déchirées par la police? et que des lots auraient même été saisis. Samedi déjà, selon Rajesh Bhagwan, secrétaire général du MMM, des agents de l?ERS avaient déjà détruit des affiches. ?Une personne a même été interpellée et a été fort heureusement relâchée après notre intervention?. La police aurait justifié sa démarche par l?absence d?un tampon de la municipalité. Steven Obeegadoo rétorque que ?dans la pratique, cette procédure ne s?est jamais appliquée aux partis politiques.? Il semblerait que des affiches du MSM aient aussi été déchirées au cours du week-end, alors que le nom de l?imprimeur y figurait bien, comme l?exige la loi.

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