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Quelque 13 000 touristes en moins en 1980

3 janvier 2006, 20:00

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Le phénomène ne s?est pas produit depuis l?Indépendance. L?année 1980 comptera environ 13 000 touristes de moins qu?en 1979, soit une chute d?environ 5,4%. L?Office du Tourisme l?explique par le passage des cyclones Claudette et Hyacinthe. Des journaux sud-africains n?hésitent pas à transformer quelques cas de malaria, repérés alors dans des conditions exceptionnelles, comme une épidémie chronique ou presque. Un nombre appréciable de vacanciers de ce pays annulent sur le champ leur voyage à Maurice.

L?été 1979-80 reste dans nos souvenirs comme particulièrement pluvieux. On en dénombre officiellement 59 jours de pluie pour un seul trimestre. La régression du nombre d?arrivées touristiques avoisine les 40 % pour le premier semestre 1980. Sur le plan mondial, Maurice souffre, comme les autres destinations, de l?augmentation du coût du billet d?avion en raison de la hausse des prix des produits pétroliers. Les autorités hôtelières parviennent à accorder leurs violons pour que les tarifs des liaisons aériennes, à destination de Maurice, baissent en dépit de la tendance générale à la hausse.

Du coup, le taux d?occupation des chambres d?hôtel s?améliore pour atteindre 55 % en août 1980 avec des pointes de 85% pour le Saint-Géran, le Club Med, le Trou aux Biches et le Méridien au Morne. L?année 1980 s?achève en apothéose avec plusieurs hôtels, dont la plupart de haut de gamme, atteignant un taux d?occupation de 100 %.

Cyril Vadamootoo, directeur de l?Office du Tourisme, se déclare satisfait de la coopération du secteur privé et des résultats obtenus. Le marché européen demeure le principal objectif de l?industrie touristique mauricienne en raison de sa prééminence au niveau du marché mondial mais aussi en raison de sa perméabilité aux attractions diverses offertes par la destination Maurice. Il rappelle à bon escient que le touriste allemand dépense sur place le double ou presque de ce que consomme le touriste moyen. Notre percée sur le marché états-unien a de quoi susciter notre fierté. Outre l?interview de Sir Harold Walter accordée à divers médias californiens, l?Office du Tourisme compte sur des insertions publicitaires dans le National Geographical Magazine, Travel Weekly et Planning Guide. L?accent est mis, bien sûr, sur la pêche au gros et sur les sports nautiques.

De 1966 à 1980, le nombre de touristes, qu?accueille chaque année Maurice, passe de 24 678 à 115 200. Il s?agit d?un nombre croissant d?année en année, variant entre 2.3% en 1975 à 39.3% en 1973, mais avec aussi des reculs en 1967 (année électorale) et en 1980 (année cyclonique). Pendant la même période, le nombre d?hôtels passe de 11 en 1968 à 38 en 1979. Celui des chambres et des lits enregistre une hausse de 394 et 778 à 1 981 et 3 888 respectivement. Les recettes touristiques progressent, de leur côté, de Rs 18 m. en 1967 à Rs 260 m. en 1979.

Si nombreux sont les Mauriciens à pouvoir épiloguer indéfiniment sur les bilans touristiques ou encore sur les meilleures stratégies promotionnelles à adopter, plus rares sont ceux qui, à l?instar d?Axelle Lamusse, se dévouent corps et âme pour, sinon promouvoir l?embellissement de l?île Maurice, du moins encourager de toutes leurs forces la sauvegarde et la préservation de ce qui, avant nous, a contribué à rendre si beau notre pays, permettant à nombre de ses plus illustres visiteurs de le comparer à quelque jardin édénique. Mais contrairement à ce que pensent beaucoup, cette beauté paradisiaque n?est pas tant l??uvre de la nature que celle de l?énergie et de l?intelligence humaines. Nos rares forêts naturelles font piètre figure comparées à nos plus beaux jardins botaniques et autres vergers. De même, nos hibiscus et autres trochétias endémiques peuvent difficilement rivaliser avec la florescence exotique de nos bougainvillées, flamboyants, casses, poinsettias, mourouques et autres goyaviers royaux.

Il y a 25 ans, Axelle Lamusse prend la peine de présenter aux lecteurs de l?Express la beauté des terminalias exotiques, contribuant magnifiquement à la beauté de certaines de nos routes de la région de Rivière-des-Anguilles et de Riche-en-Eau. L?on peut, toutefois, regretter qu?elle ne rende pas mieux justice aux cadres de notre industrie sucrière qui eurent l?intelligence, au siècle dernier, de planter ces grands arbres à la beauté si majestueuse qu?ils appartiennent aux espèces arjuna, bellirica ou encore perrierii et qu?ils proviennent du Sud-Est asiatique ou de Madagascar, pour ne rien dire de notre benjoin ainsi nommé parce qu?il joint bien, au dire de Bernardin de Saint-Pierre. C?est dire combien est condamnable l?indifférence nationale affichée par nos autorités touristiques à l?égard de l?absence de tout plan de renouvellement des flamboyants qui jadis illuminaient nos plus belles routes et transformaient notre pays en une carte postale au souvenir impérissable. Un jour, l?île Maurice se réveillera sans flamboyant comme, un jour, fut exterminé notre dernier dodo. Elle saura alors qu?elle aura perdu la meilleure part de son âme.

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