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La campagne pour les législatives débute dans un climat tendu

3 janvier 2006, 20:00

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La campagne pour les élections législatives palestiniennes du 25 janvier a débuté hier matin, mais l?incertitude grandit sur la tenue du scrutin à la date prévue, Mahmoud Abbas ayant lui-même évoqué un possible report. Le président palestinien a en effet prévenu, lundi, que si Israël empêchait les opérations de vote à Jérusalem-Est, l?Autorité palestinienne repousserait les élections, que les observateurs jugent surtout compromises par le chaos régnant dans la bande de Gaza et par les divisions internes au Fatah, parti d?Abbas.

?Nous sommes tous d?accord que Jérusalem doit être inclus dans l?élection. Et toutes les factions sont d?accord pour qu?il n?y ait pas d?élections si ce n?est pas le cas?, a-t-il dit à l?antenne d?Al Djazira. Le Hamas, promis à de bons résultats pour sa première participation à des législatives, a cependant démenti l?existence d?un consensus sur ce point. Le Mouvement de la résistance islamique juge qu?il revient à Abbas de garantir la participation des électeurs de Jérusalem-Est au scrutin. ?Notre rôle en tant que partis palestiniens est d?accomplir les efforts pour surmonter les obstacles, non pas de s?en servir comme prétextes pour reporter les élections?, a commenté Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas dans la bande de Gaza.

Trois activistes tués

Israël avait, dans un premier temps, prévenu qu?il empêcherait les opérations de vote à Jérusalem-Est en raison de la participation du Hamas au scrutin. Les autorités israéliennes étaient finalement revenues sur cette menace afin, selon elles, de ne pas fournir d?excuses aux Palestiniens.

La police israélienne a tout de même dispersé, lundi, un rassemblement du Fatah dans la ville, dont la partie orientale a été annexée par Israël à la suite de la Guerre des Six-Jours en 1967. Israël avait autorisé les Palestiniens de Jérusalem-Est à voter lors des précédentes législatives de 1996. Un report des élections pourrait porter un nouveau coup à la crédibilité de l?Autorité palestinienne aux yeux des Européens comme des Américains.

Elle est déjà dans l?incapacité de faire régner l?ordre dans la bande de Gaza, en proie à un chaos grandissant depuis le retrait israélien, en septembre, après 38 années d?occupation. L?accalmie observée tant bien que mal par les organisations extrémistes palestiniennes a, en outre, pris fin dimanche et Israël a tué trois activistes du Djihad islamique lundi soir dans une frappe aérienne sur la bande de Gaza.

Le journal israélien Maariv a rapporté, lundi, que le premier ministre Ariel Sharon, jugeant l?Autorité palestinienne incapable de remplir ses obligations, envisagerait de fixer unilatéralement les frontières du futur Etat palestinien, avec, si possible, la bénédiction des Etats-Unis.

MONTÉE EN PUISSANCE

Mahmoud Abbas envisage de différer les élections du 25 janvier

■ Après plusieurs refus, Mahmoud Abbas a cédé, lundi 2 janvier. Pour la première fois, le président de l?Autorité palestinienne a évoqué, depuis le Qatar, le report des élections législatives du 25 janvier, si les Palestiniens de Jérusalem étaient empêchés de voter.

Des membres de son parti, le Fatah, l?avaient pressé de renoncer au scrutin, craignant une montée en puissance du principal parti rival, le mouvement radical Hamas. Mais Mahmoud Abbas s?y était refusé lundi, d?autant qu?il avait déjà, une première fois, reporté ces élections de six mois. ?Nous sommes tous d?accord sur le fait que Jérusalem doit participer au scrutin, a-t-il annoncé depuis Doha, dans une intervention retransmise par la chaîne Al-Jazira à la veille du lancement de la campagne électorale. Si tel n?est pas le cas, tous les partis sont d?accord pour qu?il n?y ait pas d?élection.? Par ces propos, le dirigeant palestinien semble vouloir presser les autorités israéliennes, qui n?ont pas encore décidé d?autoriser ou non le vote des 200 000 Palestiniens de Jérusalem. Si le gouvernement d?Ariel Sharon s?y est un temps opposé, il ne souhaite pas pour autant se voir reprocher de saboter le scrutin. Mais Mahmoud Abbas semble aussi vouloir se ménager une porte de sortie, dans un contexte de violence qui affaiblit son parti, déjà miné par les divisions, et renforce le Hamas, dont la campagne est axée sur la lutte contre la corruption et le rétablissement de l?ordre et de la loi. Un porte-parole du Hamas a d?ailleurs démenti, un peu après l?intervention de M. Abbas, l?existence d?un accord pour ajourner les législatives.

Ces derniers jours, plusieurs mouvements armés ont annoncé la fin de leur trêve, enlèvements et fusillades se sont multipliés. Lundi, même la police autonome s?est révoltée contre ce qu?elle considère comme le refus des autorités de lui donner les moyens de rétablir l?ordre. Tirant en l?air, deux cents policiers, armés mais en civil et parfois masqués, ont ainsi fait fermer la mairie, les locaux de l?Autorité, le tribunal et le bureau de la commission électorale lundi à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. ?Nous invitons tous les policiers à enlever leurs uniformes parce que l?Autorité palestinienne a lié les mains des policiers, les empêchant de faire régner la loi et l?ordre?, a expliqué un policier mutin à Reuters. En réaction à la mort d?un collègue lors de l?attaque d?un commissariat par des inconnus armés, jeudi, ils avaient bloqué vendredi le terminal de Rafah, empêchant tout passage vers l?Egypte.

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