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Inauguration du collège d?État de Rose-Belle
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Inauguration du collège d?État de Rose-Belle
Pendant les fêtes de fin d?année 1980-81 a lieu l?inauguration officielle du nouveau collège d?Etat Sookdeo-Bissoondoyal de Rose-Belle. Inauguration dans la discorde, pourrait-on dire car le ministère de l?Education insiste lourdement pour qu?elle ait lieu en ces jours festifs où les enseignants et autres fonctionnaires préfèrent généralement être en famille avec les leurs plutôt que d?avoir à se mettre sur leur 31 pour accueillir les grosses légumes du régime, écouter leurs boniments, parlant de tout sauf de leurs revendications les plus légitimes. Le pot de terre doit céder une fois de plus. A l?heure où les enfants et les autres membres des familles reçoivent leurs étrennes de fin d?année et échangent leurs souhaits bonne et heureuse année 1981, les fonctionnaires, concernés par la cérémonie protocolaire de Rose-Belle, sont au garde-à-vous, attendant l?arrivée des grosses cylindrées. Sourires, même crispés, de rigueur.
Le Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam, préside la cérémonie inaugurale. Le leader et le secrétaire général du PTr, Kher Jagatsingh (qui est aussi le ministre de l?Education) couvrent d?éloges le fondateur de l?Independent Forward Bloc (IFB), minimisant, toutefois, son rôle comme principal opposant politique du régime travailliste dans les régions rurales, au sud et à l?est de l?île. Ils préfèrent et de beaucoup mettre en exergue les qualités pédagogiques du travailleur social et bienfaiteur que fut, de son vivant, Sookdeo Bissoondoyal. Assistent, entre autres, à la cérémonie, le gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay, originaire du village voisin de la Plaine Magnien, Veerasamy Ringadoo, D. Basant Rai, l?homme fort de La Rosa et un des principaux collaborateurs du tribun honoré en cette fin d?année 1980.
Jagatsingh espère que le collège d?Etat de Rose-Belle contribuera, notamment avec le nouvel établissement scolaire d?Etat Droopnath-Ramphul aux Pamplemousses, à rétablir l?équilibre éducatif entre les régions urbaines et rurales.
Le collège d?Etat de Rose-Belle ouvre ses portes dans les années 1974. Il s?installe d?abord dans les locaux de la gare ferroviaire désaffectée de Rose-Belle, ce qui vaudra à son premier recteur, Daniel Koenig, le surnom de ?chef de gare?. Le nouvel établissement accueille, pour commencer, une centaine d?élèves pour atteindre ensuite 450, en 1980, pour atteindre le nombre escompté de 700 dans les années suivantes, grâce aux salles de classes additionnelles du nouveau bâtiment. Kher Jagatsingh estime que les Rs 14 millions que coûte aux contribuables le nouveau collège ne sont rien comparés à la garantie donnée aux écoliers du sud de pouvoir recevoir, dans leur région, une formation secondaire comparable à celle dispensée par les collèges royaux de Curepipe et de Port-Louis.
Le ministre Jagatsingh ne craint pas d?aborder ouvertement, dans son allocution, le mécontentement provoqué par le choix de la date de cette cérémonie inaugurale. Il s?en défend en faisant ressortir qu?il est impérieux de respecter la date de naissance de la personnalité qu?on veut honorer. Une poignée d?élèves seulement assistent à l?inauguration de leur collège.
Sir Seewoosagur Ramgoolam estime que donner le nom de Sookdeo Bissoondoyal au collège d?Etat, construit dans la principale localité de la circonscription qui l?a élu à cinq reprises (1948, 53, 59, 63 et 67) comme député et membre de l?Assemblée législative, est le meilleur moyen de rendre justice à sa contribution exemplaire au développement humain et moral de la population mauricienne. Il faut savoir reconnaître le mérite là où il se trouve. Il rappelle aussi la contribution de Sookdeo Bissoondoyal et de son parti, l?IFB, à l?accession de l?île Maurice à l?Indépendance.
Sookdeo Bissoondoyal voit le jour à la fin de 1908 à la Rivière-des-Anguilles. Il fait ses études à l?école Villiers-René de la rue la Paix, Port-Louis. Il fait partie à deux reprises, dans les années 1963 et 1967 d?un gouvernement de coalition avec le PTr et accepte le portefeuille ministériel des Administrations régionales. Il ne parvient pas à se faire réélire en décembre 1976. Il meurt l?année suivante. Pédagogue né, il accueille volontiers, dans sa demeure portlouisienne de la rue Vallonville, où réside aussi à l?époque Reynolds Michel, un nombre incalculable de jeunes garçons des régions rurales, avides de parfaire leur éducation primaire mais dont les parents n?ont pas les moyens de s?acquitter des frais de scolarité. Bon nombre de ses adolescents n?ont pas non plus un moyen de transport pour rentrer chez eux. Les Bissoondoyal et leurs amis, dont Teeluckparsad Callychurn, leur offrent généreusement alors le gîte et le couvert, en sus de la formation académique. On voit souvent Sookdeo Bissoondoyal corriger les devoirs de ses élèves, en pleine séance du Conseil législatif. Cela ne l?empêche pas de suivre assidûment les interventions de ses adversaires politiques ni de les interrompre quand il le juge opportun par des remarques sarcastiques mais pertinentes qui font mouche le plus souvent. Il se rend célèbre, dans les années 1950, en prenant fréquemment la défense des Mauriciens ne pouvant prendre qu?un seul repas par jour.
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