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Pa less pikan raket fer bouke banane
N?allez pas croire que nous sommes les rabats-joie de service. Que nenni ! L?année est encore jeune. C?est le temps des bonnes résolutions. Quelles sont celles du ministre de tutelle, Mahendra Gowreesoo ? Ont-elles ne serait-ce qu?un arrière fond de bizin sanzman ?
Six mois après son installation, le ministre a eu le temps de s?offrir une tournée des grands ducs : musée, bibliothèque nationale, archives, la poste, Aapravasi Ghat, Le Morne?L?effort d?aller vers ses administrés est fort louable. N?empêche que pendant ce temps-là, les jours ont filé. 2005 est du passé. Banane finn retourn ankor. Quels sont les défis qui attendent le secteur culturel ?
Le premier d?entre eux : mener à bien le dossier d?application de l?Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF) pour l?inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l?Unesco. C?est cette année que Mahendra Gowreesoo entre véritablement en scène. Que nous aurons l?occasion de tâter son étoffe sur le plan international.
C?est à lui que reviendra la tâche de faire du lobbying en faveur du dossier mauricien, après la soumission de tous les documents requis par l?AGTF. Le ministre aura à actionner vis et pistons du haut du siège permanent de Maurice au World Heritage Committee. Faire entendre la voix et le point de vue local à Paris, là où les préoccupations mauriciennes n?ont pas forcément prise sur les décideurs.
Le ministre est-il prêt ? Il ne suffit pas de maîtriser l?anglais, le français, le créole et l?hindi pour espérer approcher et convaincre le maximum de décideurs. Il faut encore maîtriser son dossier. Justifier ses choix avec autre que des déclarations à l?emporte-pièce du type : « Je suis un hindou et je n?y avais jamais mis les pieds et je voulais me rendre compte de visu de l?Aapravasi Ghat » quand on lui demande pourquoi il a choisi d?y consacrer sa première fonction officielle en tant que ministre des Arts et de la Culture.
Sitôt janvier terminé, le 1er Février se profile à l?horizon. Au loin : la silhouette reconnaissable du Morne. La montagne-symbole restera-t-elle dans le flou jusque là ? Sans Trust Fund chargé de s?en occuper. Le ministre s?est fait fort de proclamer que «nous allons présenter le dossier du Morne en 2007». Comme si c?était une évidence, une lettre qu?on glissait à la poste.
Quid des travaux de recherche interrompus par la dissolution du Le Morne Heritage Trust Fund et la démission du président du conseil d?administration ? Quid du statu quo entre chantres de la préservation et promoteurs hôteliers ?
Surtout quand on sait que la grogne a gagné des équipes telles celle du Maroon Maroon History Group. Le récent lancement de Maroonage and the Maroon Heritage in Mauritius, ouvrage de référence réunissant les travaux d?un collectif de chercheurs, d?étudiants et d?historiens, réunis autour de engagés de Vijaya Teelock et Amédée Nagapen, entre 2002 et novembre 2003.
Au fil des discours, sont ressortis que c?est après deux ans qu?une partie des travaux est rendue public. Que les membres du groupe n?ont jamais reçu de rapport final des recherches. Qu?ils n?ont pas obtenu l?autorisation de conserver les artefact plus longtemps pour de plus amples analyses. Si le ministère se met à dos les spécialistes, sur qui compte-t-il pour travailler durant l?année cruciale qui nous attend ?
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