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Faut-il supprimer le congé du 2 janvier ?
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Faut-il supprimer le congé du 2 janvier ?
<B>Deepak Benydin
Président de la Fédération des syndicats des corps constitués</B>
<B>Pourquoi ne faut-il pas supprimer le congé public du 2 janvier ? </B>
Les raisons qui ont motivé nos aînés à décréter le 2 janvier comme jour de congé public national sont encore valables de nos jours. Ce congé place la famille au sommet de la hiérarchie des valeurs essentielles à une société en tant qu?un lieu privilégié pour le maintien de l?équilibre, du bien-être et du bonheur de tout citoyen. Cette démarche s?appuie sur le principe que le travail, un des facteurs indispensables au bien-être d?une société, ne devrait pas souscrire la famille à ses impératifs au point de menacer son existence propre. Ce congé permet aux travailleurs de resserrer les liens familiaux et de retrouver leurs repères auprès de leur famille et aussi de leurs voisins.
<B>Le maintien de congés publics qui n?ont eu et n?ont encore qu?une justification conjoncturelle voire folklorique est-il justifié dans un contexte économique difficile ? </B>
Nous ne pratiquons pas un syndicalisme pur, dur, réfractaire et accroché à des acquis sans une prédisposition au dialogue. La remise en cause de la justification d?un acquis est possible dans le cadre d?un dialogue entre gouvernement, patronat et employés. L?idéal aurait été d?étendre les travaux du comité tripartite à d?autres sujets au lieu de les limiter aux compensations salariales. La mission des syndicats ne les empêche pas d?avoir des sentiments patriotiques. Il ne faut pas préjuger de la capacité des travailleurs à comprendre l?urgence d?une situation qui exige des sacrifices de sa part. L?existence d?un service minimal lors des congés publics en est une preuve. Mais il ne faut pas leur reprocher lorsqu?ils réclament, à juste titre, des avantages autres que les salaires.
<B>Vous parlez d?acquis qu?il faut maintenir. Cela a-t-il un coût ? </B>
Oui. Bien sûr.
<B>Comment l?État parviendra-t-il à trouver les ressources pour financer le maintien de tels acquis ? </B>
Il faut plutôt envisager le congé du 2 janvier comme une facette dynamique de la culture d?un peuple qui a su trouver un équilibre entre ces deux valeurs indissociables et complémentaires que sont la famille et le travail. L?impact de cet équilibre n?a pas de prix.
<B>Sara King
Directrice financière de la BAT pour l?océan Indien</B>
<B>La suppression du congé du 2 janvier est-elle envisageable à Maurice ? </B>
La flexibilité du Mauricien est remarquable. Si on lui explique la portée d?une telle décision et les avantages qu?elle est susceptible de lui rapporter, il est capable d?accepter l?idée de supprimer ce congé. Maurice fera face à des défis importants, liés notamment à la réduction du coût du prix du sucre sur le marché européen ou encore à l?augmentation du coût des carburants. Le Mauricien a atteint une maturité qui lui permet de reconsidérer la pertinence de certains de ses droits acquis.
<B>L?importance de ce congé dans la consolidation des liens familiaux ne justifie-t-elle pas son maintien ? </B>
C?est au peuple de décider laquelle des deux formules lui convient le mieux. La réduction des congés n?est pas un phénomène nouveau à Maurice. Leur nombre est passé de 23 à 13 en 1982. Il ne faut pas limiter un congé public uniquement à son aspect social ou culturel. Il a aussi une portée économique et un coût. Un jour férié à Maurice coûte environ Rs 1 milliard à l?économie. La suppression d?un jour de congé, indépendamment du 2 janvier, apportera de l?argent dans les caisses de l?État. En revanche, la recherche d?un juste équilibre entre la vie sur le site du travail et la vie en famille et en société est une démarche qui devrait s?étaler tout au long de l?année. Cela est essentiel à la vie d?une société et à la bonne marche des entreprises. Plusieurs initiatives peuvent être prises pour améliorer la qualité de vie des employés.
Par exemple, une réduction du temps consacré au déplacement dans les transports publics ou encore la jouissance d?un congé public peut se faire à une date décidée par l?employé et son employeur.
<B>Les avantages de la suppression du congé du 2 janvier, suffisent-ils pour rassurer les patrons inquiets face à l?absentéisme le lendemain d?un jour férié ? </B>
Les Mauriciens prendront beaucoup de temps avant d?assumer les répercussions de la suppression éventuelle du congé du 2 janvier. Faut-il rappeler que plusieurs secteurs travaillent déjà ce jour-là. On peut citer le secteur commercial, certaines entreprises de presse, les hôtels, le transport, des services essentiels et surtout des entreprises qui offrent des services à des pays étrangers.
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