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Ramgoolam : un accident ?créé de toutes pièces?
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Ramgoolam : un accident ?créé de toutes pièces?
Le Premier ministre a réuni la presse, samedi, officiellement pour faire le bilan de ses cinq premiers mois à la tête du pays et pour énoncer les perspectives d?avenir du gouvernement. Une rencontre qui lui a tout de même permis de mettre les points sur les i avant de prendre l?avion pour Londres, hier.
?Si vous avez des questions, je répondrai avec plaisir?, lance le Premier ministre tout sourire à la fin de son exposé. Une question fuse : c?est pour quand les sanctions contre Harish Boodhoo pour qu?il ?arrête de déstabiliser le pays? ? Navin Ramgoolam réplique en demandant si personne n?allait lui poser des questions ?lor sa gran aksidan la?.
Il fait référence à un ?accident? dont a fait état un hebdomadaire du 4 décembre dernier. Accident dans lequel serait impliqué le Premier ministre. Cet article, ainsi que quelques autres, ont fait réagir la police qui a envoyé un communiqué aux rédactions pour démentir l?incident.
Et Navin Ramgoolam, lui, prend un plaisir certain à répondre à la question qu?il a lui-même posée.
?Il y a une section qui ne peut toujours pas digérer le fait que le PTr est revenu au pouvoir. Elle s?adonne à du character assassination. Elle jette de la boue en espérant qu?elle va coller. C?est une méthode vieille comme le monde.?
Ramgoolam ajoute que l?histoire de l?accident a été ?créée de toutes pièces? et établit un parallèle avec l?affaire Sheik Hossen et celle de Lady Ringadoo. Il rappelle comment son père avait dû faire face à des allégations de mort d?homme. ?Met ou dan so plas, ki li ti bizin pe resenti.?
Mais, philosophe, le Premier ministre dit : ?dimounn zet ros lor pie ki ena mang.? Il ajoutera cependant que les peines sont lourdes pour le délit de fabrication of evidence et que ceux qui sont coupables de désinformation ?devront assumer. Cela justifie un durcissement de la loi pour la protection de la liberté civile. Bizin les dimounn viv zot lavi?.
?On peut tout faire?
Le Premier ministre ajoute que c?est ?trop facile de ternir la reputation d?une personne. Ou dir enn foste, ou repet li, li vinn la verite. Les supputations n?ont jamais servi la vérité?. Il cite en exemple un journal qui a décidé de publier sa photo à côté d?un article sur le scandale des détournements de fonds à la MCB, ?kouma dir Ramgoolam koupab?.
?Cela ne peut durer et ne durera pas. Il faut moderniser le pays. On ne pas avoir du pouvoir sans responsabilité?, menace le Premier ministre avant de citer Stanley Baldwin, ancien PM britannique, qui reprend une citation de Rudyard Kipling : ?Power without responsibility? the prerogative of the harlot throughout the ages? Zot kone ki ve dir harlot ??
Enchaînant sur les défis qui attendent le pays, Navin Ramgoolam veut que la population adopte une même attitude : celle de penser qu?on peut tout faire. S?il dit ne pas ignorer les problèmes qui nous guettent, il se dit aussi cautiously optimistic. ?Fode pa panike. Nou enn nasyon debrouyar. Mo konsian ki nou pou kapav fer fas.?
Son gouvernement, dit-il, est déterminé à ?changer les données sociales et va travailler dans l?intérêt de tous les Mauriciens, surtout les plus pauvres et démunis?.
Pour le prouver, Ramgoolam fait son bilan : transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées, pension universelle rétablie ? ?le ciblage n?existera pas tant que mon gouvernement est là?, affirme-t-il ? et de l?aide pour ceux qui ont des difficultés à régler leurs factures de Central Water Authority, Central Electricity Board (CEB) et de Waste Water Management Authority. Il ne s?agit pas, précise le Premier ministre, de ?nous rendre populaires. Nous le sommes déjà. Nous venons d?être élus ?. Cela, malgré le contexte d?une situation économique catastrophique, ajoute-t-il.
Des projets dans le transport à l?étude
Ce dernier explique précisément que ?nous sommes dans le même bateau et tout le monde devrait adopter la can do attitude au lieu d?essayer de déstabiliser le gouvernement?. Une attitude qui permet au PM de dire que le sucre est important mais que la terre l?est tout autant. Il se veut rassurant et déclare qu?il ne faut pas s?en faire car ?le gouvernement ne va pas throw good money after bad?. Ramgoolam dit toujours croire dans le textile et affirme que le gouvernement va soutenir les entrepreneurs.
Les priorités de 2006 : le tourisme et la décongestion routière. L?année 2006, affirme le PM, sera résolument l?année du tourisme et les bases seront jetées pour que d?ici 2015, Maurice puisse accueillir 2 millions de touristes. Et les différents projets de transport en commun sont en train d?être étudiés, ajoute Ramgoolam.
?Nous sommes victimes de notre système?, souligne le PM. Ce sont surtout les procédures administratives qui ralentissent les projets. Et Ramgoolam mentionne ainsi plusieurs projets d?investissements qui ont été débloqués lors des réunions avec le Board of Investment. Le PM évoque également une conversation précédente avec un représentant de la Caisse d?épargne en France. Ce dernier a expliqué qu?il se rendait à la Réunion car des jets privés pouvaient y atterrir. Alors qu?à Maurice, il est presque impossible de le faire tant il y a des formalités à accomplir.
S?agissant de la situation désastreuse au CEB, il se dit convaincu que la population ?comprend la situation dans laquelle nous sommes et où nous voulons aller?. Il ajoute que son gouvernement est axé sur le social mais sera aussi économiquement responsable. Le ministère des Finances , explique-t-il, veillera que les recommandations du rapport de l?audit soient appliquées pour qu?il n?y ait plus de gaspillages.
La ?vraie réforme? dans l?Education
Pour Ramgoolam, la ?dégradation sociale? est un héritage de l?ancien gouvernement, au même titre que la situation économique. Il affirme que des mesures pour restructurer la force policière ont été prises ?et déjà on voit la différence mais ces améliorations sont une ?uvre de longue haleine?. Des contacts ont été établis avec des pays amis, y compris l?Inde, qui ont proposé d?aider Maurice en ce qui concerne la formation des policiers. La France aidera Maurice quant à la possibilité d?inclure le système de juge d?instruction dans notre système légal.
Au chapitre de l?éducation, la vraie réforme, affirme-t-il, se fait actuellement. L?introduction prochaine de nouvelles matières au curriculum et l?arrivée prochaine de campus de renommée internationale à Maurice aideront à faire du pays un knowledge hub.
Le gouvernement s?intéresse aussi à la technologie de pointe dans la santé. Ramgoolam annonce une possibilité de construction d?un hopital gériatrique par la Caisse d?épargne de la France, un deuxième projet similaire à Apollo, un hôpital pédiatrique et un autre pour les maladies ?bann madam?.
Question politique, Ramgoolam, interpellé par les journalistes, y va de son commentaire sur Harish Boodhoo : ?Il y a des gens qui sont faits pour construire et d?autres pour détruire. Il est dépassé.?
Et malgré ses critiques envers les ?esprits chagrins qui veulent déstabiliser son gouvernement?, il admettra plus tard, autour d?une tasse de thé, qu?il s?entend très bien avec ses adversaires, faisant référence à Bérenger. ?Mo korek ek bann adverser mwa.? Mais il préfère Bérenger à Pravind Jugnauth ? ?Ah oui ??, rétorque le PM? avant de nous souhaiter ?bonnes vacances??
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