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OMC : Penser l?après Hong-Kong
«Rendez-vous en mars. » Voilà ce que se diront les ministres du commerce des 149 pays membres de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) demain, à la clôture du sommet de Hong-Kong. Malgré la bonne volonté affichée au début par tous les blocs de pays, l?agriculture a encore une fois fini par plomber les débats. Cela a amené Pascal Lamy, le directeur général de l?OMC à dire que les « ambitions » devront être revues à la baisse.
Dès hier un nouveau projet de déclaration a donc été circulé. Celui-ci va sans doute permettre quelques avancées dans l?élimination des subventions agricoles et de barrières tarifaires sur les produits industriels. Des demandes que Maurice soutient à travers les blocs auxquels il appartient : le groupe des pays en développement (G90) et Afrique Caraïbes et Pacifique.
<B>Fracture entre pays pauvres</B>
À Hong-Kong, comme à Cancun il y a deux ans, on discute avant tout des généralités. Mais Maurice s?intéresse davantage à des dossiers précis, pour Madun Dulloo, ministre du Commerce international et sa délégation, il s?agissait aussi de protéger Maurice et ses intérêts spécifiques. Maurice fait parti de cette ligue de pays doublement désavantagés : pas assez pauvre pour bénéficier d?aides spécifiques aux pays les moins avancés. Mais aussi, pas assez riche pour faire face à l?ouverture des marchés et aux baisses des barrières tarifaires. « Il y a une tentative de concentrer la problématique du développement sur les moins avancés, cela pourrait créer une fracture entre les pays pauvres et désavantager ceux qui sont un peu plus avancés », commente Madun Dulloo.
Mais il faut bien mettre toutes les chances de son côté. Et dans les négociations commerciales ces chances sont représentées par les traitements spéciaux et différenciés, les aides au développement mais aussi la classification « produit sensible » qui peut être conféré à certaines exportations des pays en développement leur permettant ainsi de bénéficier de dérogations quand il s?agit d?enlever les subventions ou de baisser les barrières tarifaires protégeant ces produits.
Si par exemple, le sucre est classé « produit sensible » par l?OMC, l?Union européenne pourrait continuer à offrir des préférences commerciales à Maurice, tout en se conformant aux règles de l?OMC.
Le pays pourrait également bénéficier d?un filet de protection supplémentaire en bénéficiant de dérogations spéciales liées à son statut de petite économie vulnérable.
Mais comme souvent lors des négociations de l?OMC, seuls les grands principes sont énoncés. « Il apparaît que les spécificités des pays comme Maurice seront prises en compte. Mais il faudra maintenant négocier pour, par exemple, classifier Maurice comme pays sensible ou encore justifier auprès des autres membres que Maurice bénéficie d?une enveloppe d?aide adaptée à ce besoin sous le Aid for Trade Package », explique un négociateur de la délégation mauricienne.
Autant dire que le gros du travail reste encore à faire.
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