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Performance mi-figue, mi-raisin cette année

17 décembre 2005, 20:00

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Se réjouir des 5 % de croissance dans les arrivées touristiques ou se lamenter des 8 % une nouvelle fois ratés ? Tout dépend si l?on est d?humeur à regarder la moitié pleine ou la moitié vide du verre. Encore qu?il est peut-être temps de se demander si le tourisme a réellement les muscles nécessaires pour porter l?espoir de tout un pays en perte de vitesse.

Fin novembre, le service national des statistiques faisait état d?une hausse de 4,6 % dans les arrivées. Estimée à 8 % en début d?année, elle avait dû être ramenée à 5 %. À ce seuil, les recettes touristiques sont estimées à un peu plus de Rs 25 milliards. La dépréciation de la roupie contribue largement à grossir cette enveloppe.

L?industrie estime pouvoir terminer l?année avec une croissance de 5 % sans grandes difficultés. Pour cela, il faudrait que décembre voit arriver au moins 85 000 vacanciers. Les indicateurs sont favorables pour le moment. Les hôtels devraient, en moyenne, tourner à 71 % durant ce mois. Mais ce taux de remplissage est de deux points inférieurs à celui de l?année dernière.

Les établissements de petite, moyenne et grande taille affichent plus ou moins la même moyenne pour le taux de remplissage. Les grands hôtels s?en sortent avec 70 %, les petits réalisent 71,5 %, et ceux de taille moyenne atteignent 72 %. Il semblerait que les hôtels les plus chers aient éprouvé le moins de mal à se remplir. Voilà qui devrait donner à réfléchir à ceux qui estiment que la destination est trop chère.

Il n?empêche que ces résultats ont de quoi mettre un peu de soleil dans le c?ur d?une nation à qui on ne cesse de prédire la faillite. Seulement voilà, l?industrie de l?hospitalité a vraiment besoin d?une croissance annuelle d?au moins 8 % pour rentabiliser sa capacité. Celle-ci est de 10 640 chambres actuellement. D?ici quelques années, le parc hôtelier comptera 13 000 chambres et l?obligation de performance deviendra alors plus pressante.

Au cours des dernières années, le tourisme a aligné de faibles taux de croissance dans les arrivées, alors que les hôtels ont continué à être construits. L?année prochaine, il faudra une fois de plus placer la barre haute et espérer ne pas avoir à revoir à la baisse en cours de route. Il faudra encore affiner les indicateurs pour le mois de janvier. Mais l?année prochaine s?annonce sous de meilleures couleurs comme l?avoue volontiers Dan Bundhoo, directeur exécutif de l?Association des hôteliers et restaurateurs de Maurice. « Il y a de bonnes chances que l?année prochaine sera meilleure que celle qui vient de s?écouler », soutient-il.

Il fonde son optimisme sur certaines mesures prises par le gouvernement pour dynamiser le secteur. Le budget de l?État pour la promotion de la destination a été presque doublé. L?accès aérien a été largement assoupli. Ces mesures peuvent être interprétées comme une volonté du gouvernement de donner les moyens de ses ambitions à l?industrie de l?hospitalité. Promotion et accès étaient considérés comme les deux principales pierres d?achoppement de toute stratégie d?expansion du secteur jusque-là.

La performance dépend de quatre facteurs, l?efficacité du marketing de la destination, le produit commercial offert ainsi que le coût et l?accès aérien. Idéalement, les acteurs sur ces quatre fronts auraient dû travailler en harmonie. Or, à Maurice, cette cohésion fait défaut. On essaie à présent de la bâtir.

« Nous avons une relation saine avec Air Mauritius après longtemps », relève Dan Bundhoo. L?Ahrim et le transporteur national se rencontrent régulièrement et travaillent sur une stratégie commune pour développer les marchés scandinaves et est-européens. La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) sera éventuellement invitée à joindre ses forces.

Quand on parle du marketing de la destination, on bute invariablement sur des problèmes de financement et sur une participation éventuelle du secteur privé. Pour l?Ahrim et ses membres, cela ne pose aucun problème à partir du moment où la MTPA, organisme chargé de gérer le budget, est soumise à une restructuration de fond.

« Nous ne parlons pas des changements cosmétiques de ces derniers temps. Nous demandons que la MTPA ne fasse plus partie de la fonction publique et que l?industrie ait son mot à dire sur la manière dont son argent est dépensé », précise Dan Bundhoo. « Le gouvernement est conscient de notre position et s?est engagé à réformer la MTPA. Je mets le fait qu?il n?y a rien eu jusque-là sur le compte de la stagnation générale au niveau des organisations parapubliques qui sont nombreuses à travailler sans conseils d?administration pour le moment. »

ça bouge au niveau de l?accès aérien

La MTPA a prévu un Visibility Plan pour l?année prochaine. C?est ce à quoi seront consacrées les Rs 130 millions supplémentaires accordées par l?État il y a quelques mois. L?objectif est d?augmenter la visibilité de Maurice sur les marchés traditionnels. L?Ahrim y trouve une autre raison d?espoir pour l?année prochaine même si elle souhaite revoir ce plan avec la MTPA.

Autre raison d?espérer : les choses bougent enfin au niveau de l?accès aérien. Le gouvernement a agréé à la plupart des demandes faites par l?industrie sur ce plan. Le feu vert a été donné pour un troisième transporteur sur Paris. La balle est à présent dans le camp français. L?aval a été donné pour un deuxième vol hebdomadaire sur l?Autriche. Les compagnies aériennes régulières ont été autorisées à affréter des vols spéciaux pour décongestionner la saison de pointe. Un accord de principe a été donné pour un troisième transporteur sur Londres.

Il suffirait que le gouvernement permette à Emirates d?affréter un vol quotidien pour que l?industrie soit entièrement satisfaite. Et alors, si tout marche comme prévu, et si les avions sont remplis à 70 %, ces seules mesures généreraient quelque 147 000 visiteurs de plus.

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