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Quand l?épargne devient obligatoire
Les Singapouriens sont connus pour être les champions toutes catégories de la discipline.
Et quand une nation est disciplinée, elle économise.Alors que depuis trois ans environ, le taux d?épargne à Maurice peine à dépasser les 20 % du Produit Intérieur Brut (PIB), à Singapour, un taux de 40 % à 50 % est enregistré chaque année. Les grandes entreprises et l?État lui-même, montrent le bon exemple. Mais la population met aussi la main à la poche. Elle y est d?ailleurs forcée.
Les 3 % prélevés de votre salaire pour alimenter le National Pension Scheme (NPS) vous font crier au scandale ? Attendez de voir combien contribue un Singapourien moyen au Central Provident Fund (CPF) de son pays ! En effet, un cinquième du salaire d?un employé du privé, âgé entre 18 et 50 ans, ira au CPF. Les fonctionnaires disent chaque mois au revoir à 15 % de leur traitement. Pour chaque dollar singapourien que le salarié contribue (de force), son employeur reverse près de 60 cents au fonds.
Tout cela pour la bonne cause car, contrairement à notre NPF qui sert uniquement à financer la retraite des fonctionnaires et la minuscule retraite des salariés du privé, le CPF apparaît comme un Fonds multifonction finançant à la fois les retraites, la santé, l?accès à la propriété et la protection de la famille.
En effet, l?argent que donne le salarié singapourien alimente trois comptes du CPF. Une fois qu?un certain capital a été accumulé, l?employé peut utiliser l?argent du premier compte pour acheter un appartement ou alors investir dans l?éducation de ses enfants. Les fonds du deuxième compte constituent une économie qui servira à financer des frais médicaux ou d?hospitalisation. Enfin, le troisième compte sert à financer une pension mensuelle au salarié qui est arrivé à l?âge de la retraite.
Et l?impôt direct dans tout cela ? Il ne disparaît pas. Bien que le Singapourien contribue autant à la solidarité nationale, l?État lui demande quand même de mettre la main à la poche pour payer ses impôts sur le revenu, de 0 à 22 % selon un système proportionnel au revenu imposable. Les contributions au CPF demeurent toutefois déductibles des impôts. Même à Singapour, il ne faudrait pas trop pousser non plus?
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