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« Flexitime » or not « flexitime » ?

3 décembre 2005, 20:00

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Il est de ces dossiers que l?on sort des fonds de tiroirs de temps à autre pour épicer la monotonie de la fonction publique. Le débat est relancé. On s?excite quelque peu. Le comité mis en place pour y travailler retrouve sa légitimité. Puis, plus rien. Aucune décision politique. Très peu de concret. Le dossier relatif à l?introduction du flexitime dans la fonction publique est de ceux-là.

Mais il y a quelques jours, le con-cept a fait l?objet d?un nouvel atelier de travail tripartite à Pointe-aux-Piments. Petite nouveauté : il est cette fois question de promouvoir également l?emploi à horaires flexibles dans le secteur privé. Mais le privé n?a pas attendu l?État pour pratiquer le flexitime. Certains opérateurs du secteur financier, comme les compagnies d?assurances telles qu?Albatross et La Prudence, souscrivent déjà à cette formule. Ailleurs, une certaine flexibilité est accordée aux cadres intermédiaires et supérieurs.

<B>Un changement d?attitude envers le travail</B>

Selon Laval Wong, de la Mauritius Employers Federation (MEF), il n?y a pas lieu pour l?État de légiférer à ce sujet. « Le contrat de travail est un accord privé entre l?employeur et l?employé. Dès lors que ces deux partenaires sont d?accord sur le degré de flexibilité possible sans perturber la continuité dans le travail, ils peuvent y aller. »

Néanmoins, le terrain demande à être balisé, estime le syndicaliste Radhakrishna Sadien. L?atelier de travail a permis d?identifier un certain nombre de points qui demandaient à être éclaircis. « La permission pour une visite médicale durant les heures de travail est-elle un acquis comme c?est le cas actuellement, ou une flexibilité ? Comment seraient allouées les responsabilités pour le travail du soir ? », relève Radhakrishna Sadien. Selon lui, ce sont des interrogations qui demandent l?arbitrage du législateur.

Le syndicaliste fait état d?une certaine méfiance entre employeurs et employés sur la question du flexitime. Chacun semble croire que l?autre veut en faire un avantage aux dépens de l?autre. « Les employeurs estiment, en général, que les horaires flexibles entraîneront une baisse de productivité. Le salarié l?interprète comme plus de travail pour lui », explique Radhakrishna Sadien qui est un des dirigeants du Mauritius Trade Union Congress. À son avis, cette méfiance est due à une maîtrise imparfaite du concept de flexitime et de ses implications.

La flexibilité des horaires entraîne-t-elle une baisse de productivité ? « Si le système est mauvais, il engendrera des profiteurs. La pratique des horaires varia-bles requiert une organisation parfaitement huilée du côté de l?employeur et une discipline éprouvée pour l?employé », avance Laval Wong.

Un responsable du département du personnel d?une entreprise pratiquant le flexitime insiste sur la nécessité de la discipline chez l?employé. « Sinon, on perd beaucoup trop d?énergie à essayer de garder le compte du nombre d?heures assuré par chaque employé. » Il ajoute que le flexitime n?a pas d?impact immédiatement visible sur la productivité. Il y a cependant un changement d?attitude notable envers le travail. « Nos employés sont plus disposés à faire des heures supplémentaires », note-t-il.

Il faut se dire aussi que toutes les occupations ne se prêtent pas au flexitime. Dans les usines où la production se fait à la chaîne et où le travail est organisé en un système de quarts, cette formule entraîne une rupture dans le travail. Ailleurs, dans le secteur agricole par exemple, où le travail se fait à la tâche ou à la pièce, elle est superflue. En général, le flexitime se prête mieux au travail de bureau.

La MEF encourage ses membres à le pratiquer et leur étend même son aide pour mettre au point la formule la mieux adaptée. « Le travail à temps variable, en particulier le télétravail ou le travail à partir de chez soi, permet à l?entreprise de faire certaines économies au niveau des frais généraux. Par exemple, le salarié fait des économies en termes d?énergie, de transport et d?espace de bureau qui coûte de plus en plus cher », affirme Laval Wong. Le flexitime offre un autre avantage, celui de retenir les compétences en leur accordant les horaires de travail qui leur conviennent le mieux.

L?État à la recherche d?une formule praticableEn revanche, l?État est toujours à la recherche d?une formule praticable qui ne mettrait pas en cause la continuité et la qualité du service au public. Un des principaux objectifs du flexi-time dans le service civil est d?alléger le problème des embouteillages à l?entrée et à la sortie de Port-Louis durant les heures de pointe, et de contourner le retard chronique chez bon nombre de fonctionnaires. Toute-fois, le dossier n?a pas beaucoup progressé. Le débat est relancé avec une nouvelle étude réalisée par l?université de Maurice pour le ministère du Travail.

Ce document recommande d?encourager le flexitime à Maurice, compte tenu de l?évolution du profil du travailleur. En outre, comme de nombreuses femmes travaillent, la famille en souffre, et les conséquences se font ressentir dans la société. Du reste, la population active est vieillissante et aspire à une meilleure harmonie entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle.

À l?issue de l?atelier de travail, il a été convenu d?identifier les secteurs les mieux adaptés au flexitime. Comme le souligne Laval Wong, il n?est pas possible d?élaborer une formule unique qui peut être appliquée à toutes les situations. De fait, il a aussi été décidé d?identifier les lignes directrices d?un mode d?application transparent qui assurerait une répartition juste et équilibrée des responsabilités. Un comité y travaille.

<B>Le « flexitime »c?est quoi ?</B>

L?employé jouit d?une certaine flexibilité pour assurer le nombre d?heures par semaine ou par mois requis par la loi ou son contrat de travail. En général, il doit assurer chaque jour un minimum d?heures de présence sur le lieu de travail. Ce minimum est connu sousle nom de core time.

Le salarié peut s?acquitter de la balance en termes d?heures de travail à fournir à sa guise, mais dans des délais convenus avec l?employeur.

Il peut, par exemple, quitter le bureau plus tôt en raison d?engagements personnelset « rembourser » les heures dues le jour suivant. Il peut aussi accumuler des avances et disposer ainsi d?un jour de congé supplémentaire au bout de la semaine, du mois ou encore, prolonger les vacan-ces annuelles. À défaut, l?employé peut en disposer à sa guise pour passer du temps avec sa famille ou pour investir dans une formation quelconque.

Aujourd?hui, le flexitime a une consonance bien plus large et inclut des possibilités de time sharing, de télétravail et de travail à partir de la maison. Les deux dernières options sont particulièrement utiles dans un contexte de globalisation du monde du travail. Les avancées dans le domaine de la télécommunication abattent la barrière du décalage horaire, et soumettent l?employé à de nouvelles pressions par rapport à sa disponibilité. Le time sharing permet au salarié de se mettre d?accord avec un collègue pour assurer le relais, de sorte que la continuité au travail est maintenue. Certains administrateurs de ressources humai-nes voient même plus grand et prônent une plus grande flexibilité. « La productivité ne peut pas être une simple question de nombre d?heures passées au bureau. Elle aussi et surtout une notion qualitative », relève Eddy Jolic?ur, General Mana-ger du département des ressources humaines chez Rogers.

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