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Rachid Ramda enfin face à la justice française

2 décembre 2005, 20:00

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Après dix ans d?une procédure controversée entre Londres et Paris, la Grande Bretagne a extradé vers la France l?Algérien Rachid Ramda, financier présumé des attentats commis par des islamistes radicaux en 1995 à Paris, a-t-on appris au ministère francais de la Justice.

Il est arrivé en début de soirée à l?aéroport du Bourget, près de Paris, a-t-on déclaré à Reuters de source judiciaire. Les policiers français lui ont notifié les quatre mandats d?arrêts délivrés contre lui pour «association de malfaiteurs, assassinats en relation avec une entreprise terroriste», après quoi il sera transféré au palais de justice.

Un juge des libertés et de la détention tiendra dans la nuit un débat contradictoire entre le parquet et l?avocat de Rachid Ramda, en sa présence, pour statuer sur son placement en détention, qui semble acquis.

Cette extradition met fin à dix ans d?une procédure, engagée après l?arrestation de l?Algérien à Londres en novembre 1995. La justice britannique avait rejeté le 17 novembre dernier un des derniers recours de Rachid Ramda contre son extradition. Il est mis en cause dans les attentats des stations du RER Saint-Michel (huit morts et 150 blessés le 25 juillet 1995), du métro Maison Blanche (18 blessés le 6 octobre 1995) et du RER Musée-d?Orsay (26 blessés le 17 octobre 1995).

<B>INTERROGATOIRES</B>

La campagne d?attentats, de juillet à novembre 1995, avait été revendiquée par le Groupe islamique armé (GIA) algérien et fait au total dix morts et plus de 250 blessés. Dans les prochains mois, Rachid Ramda sera traduit devant la cour d?assises spéciale de Paris pour les attentats, où il encourra la perpétuité et devant le tribunal correctionnel, où il risquera jusqu?à dix ans de prison pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Ces deux juridictions pourront ordonner un supplément d?information, donc des interrogatoires de Ramda, avant de juger les affaires.

La Grande-Bretagne a changé de point de vue et de politique envers les islamistes depuis les attentats du 7 juillet dernier à Londres, qui ont fait 52 morts. Rachid Ramda, alias «Abou Fares», était sous écrou extraditionnel à Londres depuis novembre 1995.

Une première demande d?extradition déposée par Paris avait été acceptée en 2001 par le gouvernement de Tony Blair mais rejetée en 2002 par la justice britannique, qui estimait que l?Algérien risquait de subir des «mauvais traitements» en France. Cette décision avait suscité la fureur des magistrats antiterroristes français. Paris avait alors repris la procédure depuis le départ.

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