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Les ?zenfan lekol??
Après un voyage à Malte, revoilà le Premier ministre, avec un calme olympien. Cet état d?esprit il ne le quittera pas tout au long de la séance parlementaire. Mais l?ambiance dans l?hémicycle était tout sauf calme. Un sujet s?y prêtait : la présentation du Supplementary Appropriation Bill 2004-2005. Une occasion permettant à la majorité de lancer des railleries au sujet du ?pays le mieux géré au monde?.
Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, semblait ne pas s?être attendu au ton adopté par la majorité. Répondant au discours de Rama Sithanen, il commente les propos de ce dernier concernant le rapport de l?Audit? ?C?est un nouveau directeur, c?est normal qu?il veuille faire entendre sa voix.?
James Burty David se lève alors que le leader de l?opposition est encore debout. ?Sit down ! On a point of order !? s?écrie-t-il. Paul Bérenger n?obtempère pas. Mais il le fera lorsque le speaker le lui ordonne pour qu?il puisse écouter le point of order de James Burty David.
?Le leader de l?opposition est en train de jeter le discrédit sur le directeur de l?Audit.?, affirme James Burty David. Argument que rejettera le speaker.
Heureux, Paul Bérenger reprend? et évoque les actions de Mauritius Telecom (MT) que l?ancien gouvernement travailliste avait vendues. Il s?attire aussitôt les foudres du speaker qui lui demande de rester dans les paramètres du sujet.
?Ah ! le ministre des Finances a, lui, le droit de faire des commentaires !? rétorque Paul Bérenger en essayant d?expliquer les raisons pour lesquelles il fait mention de MT. Le speaker ne l?entend pas de cette oreille.
?Je dois accepter votre jugement même si je pense que c?est injuste parce que le ministre des Finances avait eu le droit d?élargir le débat, mais moi je ne peux pas. C?est très injuste. Shame !? lance Bérenger qui hausse la voix.
Place au désordre. Asraf Dullul fera un discours qui ?élargit? aussi le débat, en disant que la gestion des Finances de l?ancien gouvernement a été ?inadéquate?. Le speaker entend y mettre un frein.
?Li bon la, zot zot kapav?, ironise Paul Bérenger, énervé. Rama Sithanen se lève pour répondre à Paul Bérenger. Et? il ?élargit? aussi le débat. ?Not allowed general debate. I will stop him. Bravo !? dit Bérenger, sarcastique tout en imitant le speaker.
L?hémicycle s?en donne à coeur joie alors que Navin Ramgoolam écoute, impassible. Bérenger ne relève plus la tête de ses dossiers.
Vient le moment des votes : seuls les membres de la majorité disent les ?aye? nécesaires. ?Zot bizin dir ai ta?, rappelle Vasant Bunwaree en voyant que l?opposition ne participe pas au vote. Rires de l?autre côté.
Mais ce ne sera pas la fin du calvaire pour autant. Alors que les budgets des différents ministères sont votés, quelques membres de la majorité se lèvent pour demander des précisions sur des dépenses additionnelles : Lormus Bundhoo, Shakeel Mohamed, Yatin Varma et Nita Deerpalsing.
C?est assez pour remettre Bérenger de mauvaise humeur. Nita Deerpalsing se lève pour demander des précisions sur quelques dépenses. ?Pankor ariv lor la ! Li na pa konn nanie?, se réjouit Paul Bérenger.
Les questions avaient un but : démontrer des ?failles? dans la gestion, ou les ?gaspillages? de l?ancien régime. Et l?humeur s?est vite assombrie.
?Pou ale mem ar sa la ? Ayo papa, kouma dir zenfan lekol?, se désole Bérenger. Showkutally Soodhun en rajoute à un moment : ?Explik li kouma a = ananas, b = b?uf??, lance-t-il en provoquant des rires dansl?hémicycle.
Et effectivement, les ?zenfan lekol? n?ont pas contenu leur gaieté devant la galerie des invités. Au grand dam de l?opposition?
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