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Aux hommes qui s?acharnent sur les femmes

24 novembre 2005, 20:00

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Durant ces onze derniers mois, 3 068 femmes ont été violentées. Dans la seule journée de mercredi, on a déterré le corps de Nisha Veeranah, dont on soupçonne son époux de l?avoir tuée, et Taramatee Seebunsingh a été défigurée à l?acide par son ex-mari. Deux cas connus. Mais combien se taisent par peur, par honte ou parce qu?elles n?ont nulle part où aller si elles quittent le toit conjugal?.

Ce n?est pourtant pas faute d?avoir sensibilisé. Aujourd?hui même commence une énième campagne contre la violence domestique. ONG, Gender Links, Media Watch et le gouvernement, tous ont été partie prenante. Mais quand donc le déclic se fera-t-il ? Sommes-nous condamnés à subir la relation de pouvoir et de domination entre hommes et femmes alors que le siècle évolue ? Au nom de quelle conviction ou principe ?

N?ayons pas peur de le dire : c?est souvent dans les sociétés dites asiatiques qu?on retrouve une telle attitude. Cessez, messieurs, de prendre pour acquis le privilège que toute femme vous fait en vous plaçant sur un piédestal. En vous respectant. C?est avec plaisir qu?elle s?adonne à nombre de sacrifices pour le bien-être de son époux ou conjoint. Mais n?allez pas considérer ces concessions comme un droit. Une femme n?est pas un objet qui vous appartient.

Il faut changer ce paradigme relationnel axé sur la domination et la sujétion, changer notre perception des relations entre hommes et femmes. Il faut un réveil, une évolution morale de l?humanité. Cette égalité que nous revendiquons tant, évoquons-la plutôt en pensant à la complémentarité, à la coopération conjuguée avec de la compréhension.

Ce changement de mentalité ne pourra se faire sans que l?homme ne s?oblige à une radicale remise en question de sa propre identité. Qu?il abdique son injuste suprématie à l?égard du sexe féminin. Le mouvement de toutes ces associations féministes ne peut plus se limiter à se battre pour une place de la femme au sein du patriarcat. Cela n?est plus de rigueur. L?homme et la femme ne doivent plus penser à la guerre des sexes comme une opposition inéluctable entre eux. Face à l?effritement de nos valeurs, du respect de l?individu, les deux sexes doivent pouvoir compter l?un sur l?autre. Il y a urgence.

La découverte du corps de cette jeune mariée, qui quittait à peine l?adolescence, doit être le détonateur qui fasse comprendre une fois pour toutes que quelque chose va mal dans notre société. N?acceptons plus cette réalité : entre le moment où j?écris et la parution de cette note, une ou deux femmes auront été agressées par leur conjoint. En silence.

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