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Constat alarmant sur le suicide
Des chiffres qui font l?effet d?une bombe. Cinq à sept Mauriciens meurent chaque semaine à la suite d?un suicide. 300 à 400 personnes se donnent la mort, chaque année, de façon violente (pendaison, absorption de produits toxiques, automutilation, noyade, etc.).
Hier, Befrienders (Mauritius), qui ?uvre pour la prévention du suicide et qui a pour slogan Ensam anou empesse suicide, a fait le bilan de ses dix années d?existence.
Au vu des statistiques, la réponse tombe comme un couperet : le suicide est en constante augmentation à Maurice. Un atelier de travail de l?Organisation mondiale de la santé, tenu à Port-Louis en octobre 1999, fait état d?un ?increase in suicide in the last three decades, from an overall rate 1.7 per 100,000 deaths in 1970 to 14.8 per 100,000 in 1998?.
Un autre rapport du même organisme constate que ?les taux les plus élevés des régions d?Afrique, des Amériques, de l?Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental se trouvent dans les pays insulaires, respectivement à l?Ile Maurice, à Cuba , au Sri Lanka et au Japon?.
A l?insularité, s?ajoute un grand nombre de causes sous-jacentes et complexes à l?origine du comportement suicidaire. Elles sont la pauvreté, le chômage, l?alcoolisme, la drogue, l?isolement social, les sévices sexuels subis pendant l?enfance et certains troubles mentaux.
La liste est loin d?être exhaustive. D?où l?urgence d?intensifier et de coordonner des actions dans diverses sphères pour éviter ces morts inutiles.
L?écoute, le maître-mot
Ibrahim Sheik-Yousouf, président de Befrienders, constate amèrement cette triste situation. ?Depuis quelques années, nous travaillons avec le ministère de la Sécurité sociale. Il n?y a pas beaucoup d?interaction avec les autres ministères. Nous avons besoin d??uvrer en réseau car le suicide concerne beaucoup de domaines. Un grand nombre de problèmes amènent au suicide, les femmes battues, la détresse des enfants??
Il ne désespère pas pour autant. ?Nous avons eu un entretien positif, cette semaine, avec la ministre Sheila Bappoo et les cabinets des différents ministères attendent notre plan d?action.?
Le maître-mot en matière de suicide, c?est ?l?écoute, toujours l?écoute.? Sue Trinder, directrice de Sue Trinder Associates à Londres qui a ?uvré pour Befrienders à ses débuts, est présente à Maurice pour une collaboration précieuse à ce plan d?action. Son expérience de 20 ans en tant que volontaire au Samaritan, une agence de prévention du suicide, est un atout pour l?organisation.
Le constat de Sue Trinder est aussi alarmant. ?The real problem in Mauritius is that the power of listening is very much underestimated. Even in the best loving family in the world, you want to talk and have an external ear.?
Befrienders, qui offre une écoute de qualité à travers ses volontaires pendant certaines heures de la journée et de la nuit sur le 800 9393 qui est gratuit, espère opérer 24 heures sur 24 très bientôt. Ses autres objectifs sont des ?listening schemes? dans les prisons et pour les policiers qui le souhaitent.
Le suicide, c?est l?affaire de tous. Chaque décès par suicide a des conséquences dévastatrices du point de vue affectif, social et économique pour d?innombrables familles et amis. Alors ensam anou empesse suicide !
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