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Le retour du ?flexitime?
Étudier l?éventualité d?une modification des horaires de travail, dans le but de résoudre les problèmes liés aux embouteillages et à l?absentéisme, et en même temps améliorer la productivité et l?équilibre entre le travail et la famille. Tel est l?objectif du ministère du Travail et des relations patronat-syndicats en organisant, depuis hier à l?hôtel Le Méridien, une rencontre entre une cinquantaine de participants venant de divers secteurs de l?économie.
Syndicalistes, représentants de la Mauritius Employers Federation (MEF), ceux du National Remuneration Board (NRB) et des membres de la société civile ont été appelés à réfléchir sur la question. Selon le ministre Vasant Bunwaree, l?horaire flexible (flexitime) pourrait être une des solutions au problème de l?encombrement des routes et de l?absentéisme. Il a annoncé pour bientôt des mesures pour changer les heures de travail, ce qui nécessite toutefois de revoir les législations.
La loi du travail (Labour Act) prévoit, dans sa forme actuelle, quatre catégories d?horaires : neuf heures de travail par jour par semaine de cinq jours, la semaine de 40 heures, celle de 48 heures, et enfin 196 heures de travail par mois. Ces différentes catégories ont été établies pour accommoder les divers secteurs de l?économie. Changer ces horaires nécessitera la collaboration de tous pour que l?entreprise, l?employé et le pays en sortent gagnants. De nos jours, dit le ministre, beaucoup de femmes et de couples travaillent. Ils passent de moins en moins de temps à la maison et en famille.
Pour que les participants au séminaire découvrent ce qu?il en est dans d?autres pays, le ministère a fait appel à Dayina Mayengha et à François Eyraud. La première est directrice de l?Organisation internationale du travail pour la région, et le second, directeur de cette organisation au département du programme des conditions d?emploi et de travail (Conditions of Work & Employment program).
Pour Davina Mayenga, la nature même du travail se métamorphose dans le monde, en raison de la globalisation de l?économie. Les heures de travail ont tendance à s?allonger, au détriment de la famille. Elle affirme qu?il est important d?engager un dialogue social sur cette question, sans pour autant mettre en péril la santé de l?entreprise. ?Des heures de travail flexibles font partie du concept de travail décent?, dit-elle.
<B>Heures de travail en hausse</B>
Chetlall Teckdhary, président suppléant de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC), se dit favorable au concept flexitime. ?Un travailleur n?a pas besoin d?être physiquement sur place pour faire son travail. En choisissant l?heure appropriée pour aller au bureau, on peut résoudre le problème de l?encombrement des routes?, dit?il. Les participants à ce séminaire délibéreront jusqu?à ce soir sur les heures de travail appropriées pour les différents secteurs de l?économie.
Selon le sondage polyvalent et permanent des ménages (Continuous Multipurpose Household Survey), le nombre d?heures travaillées a tendance à augmenter à Maurice. La raison en serait le nombre croissant de professionnels qui entrent en activité.
En 1999, les managers, les légistes, les professionnels et les techniciens constituaient 14,6 % de la population active. En 2004, ce groupe est passé à 16,2 %. La même année, près de la moitié de la population active travaillait plus de 41 heures par semaine, et 18,4 % travaillaient au-delà de 50 heures.
FLASH-BACK
<B>Une première tentative infructueuse</B>
■ Le ?flexitime? a été envisagé en 2004, pour tenter d?aider les fonctionnaires pris dans les embouteillages aux heures de pointe. Un document de réflexion avait été préparé et une séance de brainstorming organisée avec les syndicats. Mais aucun consensus n?avait pu être trouvé quant à la formule à appliquer. La question est revenue sur le tapis quand le ministère de la Fonction publique a décidé de sanctionner les fonctionnaires retardataires : depuis le début de 2004 toujours, tout fonctionnaire doit être à son poste à 8 h 45, selon les recommandations du ?Pay Research Bureau?. En cas de retard, il doit remplacer le temps perdu dans l?après-midi. Cette mesure disciplinaire n?est toutefois pas appliquée dans toute sa rigueur, sauf pour les retardataires habituels. La flexibilité des horaires de travail est déjà une réalité dans certaines entreprises depuis 1980. Ce système permet d?établir des horaires variables et d?organiser le travail avec bien plus de souplesse : il consiste à diviser la journée en heures flexibles, avec toutefois une tranche déterminée durant laquelle les horaires souples ne sont pas applicables. Ce système est bien indiqué pour le secteur de services dans le privé et pour les fonctionnaires employés de bureau.
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