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Mahajanga offre plage et soleil
On n?est jamais mieux servi que par soi-même. Les Malgaches représentent 75 % des touristes visitant Mahajanga. La destination reste la plus prisée des nationaux, bien que se situant à la quatrième place parmi les meilleurs sites du pays. Même les Malgaches non-résidents, qui représentent tout de même 15 % du lot, sont attirés par cette ville. Selon les chiffres avancés par la direction inter-régionale de la culture et du tourisme, les étrangers ne représenteraient que 25 % des visiteurs de la région.
Les Tananariviens constituent la majorité de ceux qui envahissent Mahajanga. Selon les explications avancées par les professionnels du tourisme, cet engouement pour la Cité des fleurs, s?explique par une kyrielle de raisons. La principale reste, sûrement, la permanence du beau temps. La région a cet avantage de taille sur ses principales rivales de la côte est, comme Vatomandry, Foulepointe, Fenerive-est ou Maroantsetra. La formule soleil, sable et mer demeure gagnante.
Dans la liste des atouts de la région figure aussi, la facilité d?accès à la province. La route nationale 4, reliant Antananarivo à la capitale du Boina, est sujette à des réhabilitations périodiques. Ce qui n?est pas toujours le cas dans toutes les provinces. La régularité et la fréquence de la liaison terrestre pèsent aussi dans la balance.
Par ailleurs, la capitale de Boina possède plusieurs autres avantages sur le plan touristique. Les professionnels et les autorités de cette partie de l?île sont du même avis, à propos des potentiels naturels de Mahajanga. Des grottes, des chutes d?eaux, des ouvrages d?art historiques, des musées, des plages, des parcs et tant d?autres en font la beauté.
Les célèbres plages du Grand Pavois et d?Antsiantia, le particulier Cirque rouge, extravagance de la nature, les cinq kilomètres de grottes d?Anjohibe ou celles de Belobaka, les parcs nationaux d?Ankarafantsika et de Namoroka constituent autant de pôles d?attraction pour la région.
L?existence de plusieurs aires fossilifères dans les alentours de la ville justifie, également, l?enthousisame des touristes. ?Des fossiles entiers de dinosaures ont été découverts du côté de Berivotra?, déclare Virginie Razafindravola, directrice régionale du tourisme de Mahajanga.
Les opérateurs économiques du secteur ?uvrent, aujourd?hui, pour attirer les visiteurs étrangers. Le développement de l?activité ne se fera qu?avec une promotion efficace au niveau des touristes non-résidents. ?À eux seuls, ils peuvent encore accroître le taux de remplissage actuel?, explique Patricia Ratsimbazafy, gérante du complexe hôtelier Zahamotel. ?Durant la haute saison, nous atteignons, en moyenne, jusqu?à 85 % de nos capacités d?accueil?, poursuit-elle.
Tarif promotionnel
En basse saison, ce taux de remplissage est de l?ordre de 30 %. ?Pour rentabiliser au maximum l?activité, il faudrait augmenter l?affluence pendant cette période?, tient-elle à préciser. Une manière de justifier les efforts entrepris, dans ce sens, par un certain nombre d?établissements.
Le temps ne permet pas aux touristes nationaux de passer des vacances durant la basse saison (de janvier à Pâques et après les grandes vacances scolaires). ?Nous lançons une campagne de promotion en direction des touristes?, avoue-t-elle. Zahamotel propose une réduction de tarifs pour d?éventuels visiteurs intéressés par ces périodes de l?année.
Cependant, Mahajanga n?est pas épargné par les problèmes récurrents au tourisme dans le pays, à l?instar des autres destinations. L?insuffisance de la capacité d?accueil, les lacunes dans la qualité des prestations, des sites sous-exploités, la prolifération du secteur informel, la destruction de l?environnement, représentent autant d?obstacles à dégager. ?Le cas n?est pas isolé, mais leur manifestation est toujours différente selon la région?, tient à expliquer Virginie Razafindravola.
ÉCOLOGIE
L?éternel dilemme entre environnement et tourisme
■ La préservation des sites touristiques peut entraver le développement du tourisme. Le conflit d?intérêts entre la protection de l?environnement et l?exploitation commerciale des sites reste entier pour Madagascar. L?effectivité de l?un peut toujours aller à l?encontre de la concrétisation de l?autre. Le compromis semble impossible entre les deux. Il s?agit d?éviter que la fréquentation du site ne soit pas écologiquement destructrice mais plutôt profitable pour le pays. Plusieurs endroits sont déjà victimes de cette situation. L?exploitation irréfléchie des atouts naturels du site a entraîné, au fil du temps, la dégradation de son attrait.
La préservation d?un site veut que celui-ci reste dans son état naturel sans aucune intervention de l?homme. Les plus réputés conservent leur beauté grâce au respect de cette règle. La difficulté de l?accès à ces sites fait partie, selon les techniciens, des mesures protectionnistes. L?absence d?infrastructures de base, sur les lieux, contribue également à leur conservation. La valeur de l?endroit repose sur la difficulté d?accès. D?un autre côté, les intérêts économiques des sites suggèrent l?optimisation de leur exploitation. Le gouvernement malgache mise, d?ailleurs, sur le tourisme pour appuyer le décollage économique du pays. Cette initiative veut que les atouts touristiques soient exploités à fond. La réhabilitation des voies d?accès, le développement des infrastructures sur le site sont les moyens les plus efficaces pour y parvenir.
DÉVELOPPEMENT
<B>Les opérateurs s?organisent</B>
■ Les opérateurs économiques se concertent pour le développement du secteur touristique.
Pour vivre heureux, vivons organisés. Les opérateurs économiques du tourisme de Mahajanga ont créé une association pour la promotion du tourisme.
Actuellement, il existe deux structures dans la province, à savoir l?Office régional du tourisme de Mahajanga et le Groupement interprofessionnel du tourisme du Boina (Git Boina). Leur point commun réside dans la volonté de faire de la région une destination de premier ordre.
Les deux entités accueillent toutes les catégories de prestataires. Les hôteliers, les restaurateurs, les transporteurs et les tour-opérateurs y sont représentés massivement. L?Office regroupe les établissements touristiques de Mahajanga et de Belobaka, tandis que le Git Boina rassemble les autres opérateurs.
Les actions sont diverses, mais les plus marquantes concernent les efforts dans la promotion de la destination, la formalisation des structures existantes, l?appel aux investisseurs et l?amélioration des prestations de service.
Actrices incontournables et indispensables au secteur, les organisations sont les mieux outillées pour faire face aux problèmes du tourisme dans la province.
Conscients de tous les obstacles pour le développement de la filière, les opérateurs se sont concertés afin de trouver les solutions. D?un point de vue global, la mise en place de ces structures donne un double avantage aux opérateurs. D?un côté, ils peuvent coordonner les actions, de manière à agir efficacement sur toute la chaîne de valeurs. De l?autre, la constitution en organisation offre aux opérateurs un cercle de discussions.
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