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Et l?oeil du photographe devient insolemment captivant
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Et l?oeil du photographe devient insolemment captivant
Une ?uvre photographique qui laisse pantois. Cet instantané qui capte un objet ou un lieu du regard. Les moments de joies, les natures mortes ou les symbolismes sont convertis en clichés révélateurs. Cette exposition de Sandiren Parianen, Sylvio Pierre et de Steeve Dubois, s?est ouverte à la galerie Max Boullé vendredi. Le temps pour nous saisir de captivantes pellicules et de les mettre par écrit.
Visite dans l?univers déroutant où l?image est manipulée à souhait. Premier cliché. Il ose démasquer la tartufferie des Mauriciens. Un visage fait face à un masque. Visage d?homme, qui flotte plus haut que le masque savamment blanc qui reste plus visible. Car c?est un fait : l?homme laisse parler le masque. L?humain lui, se tait.
?C?est un masque social. On se comporte d?une certaine façon alors que l?on n?est pas forcément comme cela !? Steeve Dubois, photographe d?Imageworks, possède une riche carrière photographique. Il a d?abord fait partie de la Photographic Society mais c?est en 1985 qu?il a intégré le Club des artistes photographes (CAP). Il parlera pour trois.
Ce qu?ils ont voulu démontrer avec cette exposition, c?est que la caméra, elle, a l?art et le pouvoir de tout dire. Ils forment tous partis du CAP. Trois regards, trois intérêts et trois techniques différents. Intéressante prise de vue.
Plus loin, c?est le bateau bleu qui attire le regard. Les couleurs de l?océan n?existent plus. Seul le bateau agit comme point d?attirance. Négatif et positif. Le cliché fouille dans la méthodique application de ce concept : ?voir au-delà de?? Je ne recherche jamais un intérêt dans un paysage. Ce que nous faisons dans cette exposition, c?est de triturer l?image pour nous amuser. C?est de la liberté, de la fantaisie. Les photographies sont très subjectives et c?est cela qui fait leur beauté?, affirme-t-il.
La vision frappante s?inscrit aussi dans les ?uvres de Sandiren Parianen, photographe de 5-Plus. Pur travail de surréalisme. Maillon de créativité. Toutes ses ?uvres sont empreintes de couleurs. Au départ, l?image demeure réaliste et soudain, comme par enchantement, elle se fond sur les bords et s?évade. Plusieurs clichés s?enchaînent dans cet esprit.
Il nous rappelle le travail du peintre Salvador Dali. Dont le réalisme mordant se traduit comme une photographie. Surréel, où la fleur devient difforme, dérangeante, effrontée. Inspiration colorée. Rose d?hibiscus, bleu d?azur et blanc de luminosité. Sandiren fait dans le patchwork graphique. Où l?utilisation de l?outil numérique se fait ressentir. Et l?effet abstrait fascine.
<B>Un monde fou et flou</B>
On pointe le doigt vers l??uvre et l?on se penche sur leurs significations véritables. Mais le réel se dérobe toujours dans le monde fou et flou de l?imprécis. Panache. Punch. Polarisation de formes qui jouent dans l?ombre et la lumière.
L?influence s?alterne. Sylvio Pierre, assistant photographe dans une compagnie, se lance dans le côté plus proche du réel. Nature morte de poires, placées sagement dans un bol. Ou encore, le vase placé sur une table, qui attire sur lui, toutes les teintes de la salle. Sublime démonstration de gros plan et de pictorialisme. De son objectif, Sylvio Pierre éreinte plutôt le côté ??uvre de peinture?. Tantôt, il prélève la luminosité, tantôt il rajoute du poids à l?objet.
Ces photographes dont l??il trouble la vision du regardeur, portent en eux, cette faculté à se dédoubler. De laisser derrière eux, leur âme parfois trop meurtrie par la réalité. Celle qui embrouille. L?exposition durera jusqu?au 18 novembre. Et ce qui est certain, c?est que ces trois photographes sortent tous de la bonne école, celle qui dénoue les fils de l?imagination. L?instant voyage est grandement conseillé.
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