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Les violences persistent dans les provinces françaises

13 novembre 2005, 20:00

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Les violences se sont poursuivies durant le week-end dans les banlieues en France, prouvant que la crise est loin d'être réglée après 17 jours de troubles, même si les incidents n'ont pas gagné Paris, comme le redoutait la police.

Au cours de la nuit de samedi à dimanche, 374 véhicules ont été incendiés contre 502 la nuit précédente. Les troubles sont donc globalement à la baisse, mais ils continuent de toucher des dizaines de communes quatre jours après l'instauration de l'état d'urgence et la mise en oeuvre de couvre-feux.

A Lyon, troisième ville du pays, des affrontements ont opposé, samedi en fin d'après-midi dans le centre-ville, les forces de l'ordre et plusieurs dizaines de jeunes. Hier, les rassemblements ont donc été interdits dans le centre-ville par le préfet du Rhône, comme à Paris où l'interdiction courait jusqu'à 8 heures du matin.

C'était la première fois que des échauffourées de ce type éclataient dans le coeur d'une ville depuis le début des troubles. En dépit du couvre-feu pour les mineurs imposé samedi soir sur Lyon et ses environs, plus d'une soixantaine de véhicules ont été incendiés. Un cocktail Molotov a par ailleurs été lancé, sans exploser, contre la grande mosquée de la ville.

A Carpentras, une maternelle a été incendiée et une école attaquée à la voiture-bélier. La veille, la mosquée de la ville avait été la cible d'engins incendiaires qui avaient fait de légers dégâts, une attaque immédiatement condamnée par le président français Jacques Chirac.

D'autres incidents ont été signalés notamment à Strasbourg et Toulouse. La police a procédé à 212 arrestations supplémentaires dans la nuit, portant à plus de 2 500 le nombre de personnes interpellées depuis le début des troubles. Environ une trentaine de villes restent sous couvre-feu dans le cadre de l'état d'urgence décrété par le gouvernement en vertu d'une loi de 1955 datant de la guerre d'Algérie.

Si la banlieue parisienne semble s'apaiser, deux policiers y ont néanmoins été blessés, dont l'un hospitalisé après avoir été atteint par une boule de pétanque.

Sur le pied de guerre

En revanche, aucun incident n'a été signalé dans Paris intra-muros où tous les rassemblements avaient été interdits jusqu'à hier matin de peur que des ?casseurs? venus de banlieue ne s'y donnent rendez-vous.

Sur le pied de guerre, la police avait mobilisé quelque 3 000 hommes dans la capitale et les lignes de trains régionaux ou de métro avaient été placées sous surveillance accrue. Au Stade de France, dans la banlieue de nord qui jouxte Paris, le match de foot France-Allemagne s'est également déroulé sans incident, en présence de quelque 60 000 spectateurs.

Samedi soir, la venue sur les Champs-Elysées du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, pour inspecter le dispositif de sécurité dans la capitale, a suscité bousculades, huées et quelques insultes. Mais il a ensuite assuré que les ?applaudissements? avaient été les plus nombreux.

Selon un sondage publié hier, M. Sarkozy arrive en tête des personnalités politiques auxquelles les Français font confiance pour résoudre les problèmes des banlieues (53 %), juste devant le Premier ministre, Dominique de Villepin.

Sarkozy a également reçu les collègues d'un policier incarcéré vendredi pour avoir frappé un jeune à terre au nord de Paris. Après le sentiment de ?ras-le-bol? affiché par leur principal syndicat, il a salué le travail des policiers en demandant d'éviter tout ?amalgame?.

Le nouveau patron des policiers anti-émeutes (CRS), Christian Lambert, a affirmé pour sa part que ses hommes allaient ?s?installer durablement dans les banlieues?.

?Banlieues, rien n'est joué?, résumait cependant le Journal du dimanche. Les émeutes ?ont servi à vider les tensions momentanément, mais ça va recommencer?, estimait le sociologue Sébastian Roché, interrogé par l'hebdomadaire.

© Le Monde 2005 Distribué par The New York Times Syndicate

REACTION

Strauss-Kahn suggère un couvre-feu pour Sarkozy

■ Dominique Strauss-Kahn a suggéré hier l'instauration d'un couvre-feu à l'encontre de Nicolas Sarkozy afin d'empêcher le ministre de l'Intérieur ?d'accroître la tension? dans les banlieues françaises. ?On a le sentiment que le ministre de l'Intérieur a toujours besoin de s'agiter pour être sur le devant de la scène. On se demande à qui il faut appliquer le couvre-feu aujourd'hui?, a ironisé le député socialiste du Val-d'Oise dans le cadre du Forum de Radio J diffusé hier. ?Tous ceux qui sont susceptibles d'accroître la tension devraient pouvoir être cantonnés?, a-t-il ajouté, dénonçant les ?provocations? de Nicolas Sarkozy qui a pris pour cible les ?voyous? et ?racailles? à l'oeuvre selon lui dans les banlieues. ?Qu'il fasse son travail?, a-t-il souligné, jugeant ?particulièrement surprenante? la visite samedi soir sur les Champs-Elysées du ministre de l'Intérieur, qui a été hué par plusieurs personnes.

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