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Nous savons depuis quarante ans ce qu?il faut faire pour améliorer le système électoral mais nous trouvons toujours le moyen de reporter sa réforme. Les premières propositions d?introduire la représentation proportionnelle (RP) ont été faites avant l?Indépendance par Malcolm Trustam-Eve et par la commission Banwell.
Rejetée par les travaillistes dans les années 60, la RP s?est imposée depuis comme la solution aux anomalies du système électoral. Chacun reconnaît que les aberrations du ?First Past The Post? (FPTP) doivent être corrigées par une dose de RP. Il existe un quasi-consensus sur le sujet. Pourtant, une fois de plus, on s?apprête à se lancer dans d?interminables discussions.
Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, a proposé que le gouvernement nomme une commission parlementaire pour se pencher sur la réforme. Or, avec la mise sur pied d?une telle instance les partis vont s?engager dans un processus maintes fois enclenché mais qui n?aboutit pas à des avancées concrètes.
On connaît déjà les points de vue de chaque parti sur la question. Un nouveau round de négociations nous mènera à la deuxième moitié du mandat de Navin Ramgoolam et il sera alors trop tard. Les politiciens sont trop frileux quand les échéances électorales approchent.
L?ancien gouvernement avait la majorité requise de trois quarts au Parlement pour modifier la Constitution. Mais il a buté sur deux obstacles. D?une part, l?ex-Premier ministre était constamment préoccupé par la recherche du consensus, de l?autre, il a eu à subir les caprices de son partenaire, le MSM, qui s?est refroidi par rapport à la RP après les élections à Rodrigues.
Le PTr et le MMM partagent aujourdhui une position commune sur la réforme. Au Parti travailliste, c?est Rama Sithanen, auteur d?une thèse universitaire sur les systèmes électoraux, qui s?exprime le plus souvent sur la question. Quant à la position du MMM, elle est surtout défendue par son leader. Puisque leurs réflexions se rejoignent, un nouveau comité d?élite est superflu. Avec la formule recommandée par Sachs comme point de départ, les dirigeants des principaux partis, aidés par des techniciens, peuvent aboutir rapidement à une formule acceptable de tous.
Déjà, en janvier 2002, Sachs était catégorique. ?We believe that on all the available evidence, PR Model C clearly heads the field, meeting the guiding criteria in a balanced and harmonious way with an acceptably low degree of risk.? Ce modèle C préconise une formule mixte avec 62 députés élus selon le mode FTPT et 30 désignés à la proportionnelle à partir d?une ?Party List?. Ce n?est un secret pour personne que Rama Sithanen était le principal inspirateur de ce modèle C. Un comité présidé par Ivan Collendavelloo et incluant Madan Dulloo devait proposer, en février 2004, des mesures pour mettre en pratique les recommandations de la commission Sachs. Il n?y a aucune raison de vouloir recommencer son travail.
Si c?est une perte de temps de revenir sur les sujets déjà abordés en détail, on peut néanmoins discuter de certains aspects du rapport. Rama Sithanen a fait de nouveaux calculs qui démontrent qu?avec seulement 18 élus ?RP? et 62 élus ?FPTP?, il est possible d?obtenir un système très équitable. Etant donné la conjoncture économique, cette révision à la baisse du nombre de députés rend encore plus viable la réforme projetée. Passons donc aux actes.
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