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Le directeur de l?audit prêche dans le désert

12 novembre 2005, 20:00

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Les mauvaises habitudes sont tenaces. Le rapport de l?audit déposé cette semaine à l?Assemblée nationale épingle à nouveau les ministères et autres institutions parapubliques. Le dépassement des budgets et le manque de contrôle reviennent constamment, rappelant que la situation n?évolue guère.

Les exemples abondent. En particulier, les travaux effectués à la résidence officielle du Premier ministre. La rénovation de Clarisse House a été estimée à Rs 1,4 million par le ministère des Infrastructures publiques. En 2004-05, Rs 2 millions y ont été allouées. En septembre 2004, le Central Tender Board a donné son aval pour le contrat de rénovation pour un montant fixe de Rs 7 millions. Or, note l?audit, la valeur du contrat est trois fois supérieure à la somme prévue. En allouant le contrat, le ministère ne s?était pas assuré que la somme était disponible. En attendant, le contracteur a été sommé d?arrêter les travaux, complétés à 65 %. En décembre 2004, le bureau du Premier ministre donne des instructions pour que les travaux reprennent. A juin 2005, deux paiements de Rs 6, 5 millions ont été effectués.

Le directeur de l?audit critique l?exemption de Rs 402 millions accordée aux concessionnaires lors de l?achat des voitures de luxe pour le sommet des petits Etats insulaires en développement. Il souligne d?autre part que la valeur cost insurance and freight des 118 voitures qui sont revenues au gouvernement après le sommet s?élève à Rs 93,5 millions.

Le rapport met l?accent sur le fait qu?à l?avenir, tout contrat avec les fournisseurs doit faire l?objet d?un accord formel. Ce qui évitera de nouvelles négociations qui pourraient entraîner des coûts additionnels.

De la rénovation de la State House, à l?achat d?une résidence pour l?ambassadeur mauricien à Washington en passant par la rénovation « extravagante » du bureau de l?ancien ministre, Ajay Gunness, le directeur de l?audit s?alarme.

ll estime que rien n?a changé à la suite de ses recommandations dans ses précédents rapports, depuis 2001. En dépit de nombreuses déclarations lors de la présentation des différents budgets pour une meilleure gestion des finances publiques, le passage à l?acte ne se fait pas.

Les citoyens attendent plus de transparence

Comment expliquer que les méthodes traditionnellles de comptabilité n?aient pas été abandonnées au profit de techniques plus modernes de gestion ? L?obligation à tous les ministères et départements parapublics de soumettre des rapports annuels est restée lettre morte.

D?autre part, la suggestion de mettre sur pied des audit committees dans les divers organismes n?a connu aucune suite. L?objectif est pourtant de les rendre plus performants et contribuer efficacement à leur gestion. La bonne gouvernance ne devrait pas être un concept abstrait dans le service public, écrit le directeur de l?audit. Il est d?autant plus important au niveau de la fonction publique qu?il y va de la gestion des fonds communs. Les citoyens s?attendent à plus d?efficience, à une gestion exemplaire et à la transparence dans le fonctionnement des ministères. L?audit déplore que dans ce contexte, l?institution d?un « Steering Committee on good governance » se fasse attendre.

Le directeur de l?audit regrette que le gouvernement n?ait pas donné de suite à ses recommandations. Le gaspillage des fonds publics dans des projets qui s?éternisent le préoccupe. Le rapport 2005-2006 sera-t-il différent ? Peut-on s?attendre à des progrès dans la gestion des ressources de l?Etat ? Les faits tendent à faire répondre par la négative?

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