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Les dessous d?une escalade
Comment se fait-il que des filles du Rehabilitation Youth Centre (RYC) qui se tenaient tranquilles jusqu?ici se sont soudain révoltées et ont tout saccagé sur leur passage ?
C?est une des questions sur lesquelles se penche le comité spécial mis en place par le ministère de la Sécurité sociale pour faire la lumière sur les dérapages survenus il y a quinze jours.
« Pena a sortir de la. Finn ena ofisie kinn montt zot latet pu kraze koumsa, sinon bann la ti pu per », nous confie Marie, une des anciennes internes du centre. Ses propos rejoignent ceux de plusieurs officiers du RYC et du milieu carcéral qui ont travaillé de près ou de loin avec ces filles, âgées entre 12 à 17 ans, et qui ne demandent qu?à être comprises et aidées.
Pour l?ancienne pensionnaire, ainsi que ces officiers, des troubles similaires, mais avec un degré de violence moindre, sont survenus il y a plus d?un an au RYC. Ces troubles auraient été fomentés par une personne employée au centre et dont le bureau ? est-ce une coïncidence ? ? a été miraculeusement épargné.
Cette personne ne tiendrait pas la nouvelle patronne en odeur de sainteté car beaucoup de responsabilités allaient lui échapper. Elle avait sa petite cour et voulait que la situation délétère qu?elle avait créée entre les pensionnaires se perpétue.
En montant la tête des filles, les dégâts causés auraient donc poussé la nouvelle responsable à la porte. La personne en question a eu un succès en demi-teinte car la directrice a été ainsi invitée à prendre quelques jours de congé depuis le début des désordres.
Les témoignages de Marie corroborent en tout cas les renseignements de nombre d?officiers qui affirment qu?il manquait un véritable programme de réhabilitation au RYC avant l?arrivée de cette nouvelle responsable, Premila Saminaden.
L?avenir de ces enfants est en jeu
« Elle n?était pas comme les autres. Eux nous disaient qu?on allait mal finir, qu?on allait retomber dans nos mauvaises habitudes. Elle ne nous voyait pas comme des rebuts de la société, mais plutôt comme ses enfants », explique Marie.
La jeune fille sait de quoi elle parle lorsqu?elle évoque la réhabilitation car elle a déjà été internée au Correctional Youth Centre (CYC). « C?était bien plus sévère. On travaillait jusqu?à très tard, on devait, par exemple, soulever des pierres. Au RYC, en revanche, je me suis découvert des talents cachés. »
Marie y a appris la peinture, la broderie, la cuisine et à apprécier les films que l?officier leur apportait pour égayer leur temps libre. Premila Saminaden était totalement à l?opposé du programme observé avec obsession par d?autres responsables de la vieille école : la répression.
« Enn bann tifi pas ti konn zot valer, mo mem mo pa ti konn pu moi. Madam la inn travay are nou et bann lezot pann kontan li », raconte Marie qui explique que le travail de Premila Saminaden lui a en fait appris un métier.
Pour les officiers qui acceptent de nous en parler, le problème au RYC a aussi pris une allure « communale ». Puis d?autres clans s?affrontent, ceux qui veulent que le RYC reste sous tutelle du ministère de la Sécurité sociale? « Le problème est multiple et dure depuis bien trop longtemps. Vous n?avez qu?à comparer le nombre conséquent d?officiers affectés à la section des garçons où il y a moins d?internes et l?effectif réduit à la section des filles qui sont bien plus nombreuses? C?est une aberration. Des responsables ont tout fait pour cacher ces problèmes », explique un officier du RYC.
Dans tout ce brouhaha, c?est l?avenir de ces enfants à problèmes qui est en jeu et nul ne semble s?en soucier.
L?une des rares personnes qui faisait un vrai travail de réinsertion se retrouve au placard.
« Sitôt le calme revenu, ces pauvres enfants vont commencer à raconter qui sont ceux qui leur ont monté la tête », confie un vieil officier.
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