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Ramgoolam raconte le pays aux Français
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Ramgoolam raconte le pays aux Français
?Je demanderai à la classe politique française de voir de près la spécificité de Maurice?, répond Navin Ramgoolam à une question du journaliste Olivier de Tilière, du Journal du Parlement. Le Premier ministre se référait à son message aux politiques français à l?heure où l?Union européenne revoie la nature de ses accords avec les pays ACP. Dans l?interview accordée au journal français, le PM met l?accent sur la canne à sucre. Il explique qu?il ?faut se rendre compte que l?histoire de Maurice est étroitement liée à la culture de la canne à sucre. (?) D?une part, l?impact de notre histoire socioéconomique et de l?autre (?) des données climatiques.? Voilà, avance-t-il, les raisons pour lesquelles pendant des décennies, Maurice a maintenu et concentré ses efforts dans ce secteur.
Navin Ramgoolam aborde également ses dossiers prioritaires. Ils sont ?d?abord d?ordre économique et social?. Le chômage a atteint presque les 11 % et l?écart entre les riches et les pauvres ne cesse de se creuser. Le PM ne prend pas de gants lorsqu?il évoque l?état de l?économie. ?Les indicateurs économiques sont au rouge. Toutes les industries qui ont fait le succès de Maurice se trouvent en très mauvaise posture avec la libéralisation des échanges et la mondialisation.?
Et les défis à relever ? Sur ce chapitre, Navin Ramgoolam évoque la baisse du prix du sucre sur le marché mondial, le démantèlement de l?Accord multi- fibre et l?émergence de nouveaux compétiteurs. Il révèle aussi aux Français que la zone franche a ?enregistré une croissance négative de 6,8 % en 2004? et que le nombre d?emplois est passé de 91 000 en 2000 à 67 000 en 2005.
L?objectif de son gouvernement : ? Faire la chasse au gaspillage (?), instaurer plus de rigueur dans la gestion des affaires de l?Etat et insuffler de la bonne gouvernance.? Et en retour, le PM souhaite ?une plus grande ouverture de la part de nos partenaires et des pays développés?.
Maurice, affirme-t-il, ?continuera d?être un lieu où il fait bon investir, faire du tourisme et des affaires.? Et s?agissant du tourisme, Navin Ramgoolam ajoute que le gouvernement devra ?revoir totalement sa stratégie?. L?ouverture de l?espace aérien est une des solutions. ?Je reste persuadé que la concurrence est une approche saine (?) et Air Mauritius ne réalisera pas moins de profits.?
Un sujet que le chef du gouvernement dit tenir particulièrement à c?ur : l?environnement. Il estime que les Mauriciens souffrent d?un manque de ?discipline? par rapport à ce sujet et qu?il faut ?s?inspirer de la politique de Singapour, sensibilisation et sanction allant de pair?.
Autre thème abordé : la possibilité que des investisseurs s?installent à Maurice. Navin Ramgoolam explique qu?une ?certaine vigilance est importante. Tout projet (?) doit tenir en compte l?intérêt des Mauriciens, surtout les plus démunis. Inviter des étrangers fortunés à venir s?installer dans les plus beaux coins de l?île ne devrait pas se faire aux dépens des Mauriciens et de leurs aspirations légitimes à devenir propriétaires de leurs maisons et terrains. Le projet IRS se fera en parallèle avec celui de la démocratisation de l?économie et de l?accès à la terre.?
L?interview a paru dans la dernière édition du Journal du Parlement, tiré à 8 000 exemplaires. Son lectorat comprend ?la présidence de la République, les ministères, les députés, les sénateurs, les parlementaires européens, les diplomates et les personnalités de la société civile?.
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