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Barbe blues

4 novembre 2005, 20:00

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Rencontre avec un artiste, chanteur, poète, un peu philosophe aussi. Mais après tout, «on est tous un peu philosophe», dit le poète musicien Bernard Barbe.

Porté par des mots dictés par sa pensée, il était mercredi soir, en concert à La Colombière, à Poste La Fayette. Un concert spécial, passage ouvert à une tournée musicale dans les régions, où la culture n’a pas l’habitude de se déplacer.

Après sa participation sur l’album French Kiss et son passage au Festival Sa Mem Sa Music, Bern Poésie (Bernard Barbe) revient donc sur le devant de la scène pour Kontan Mizik (Contes en Musique), accompagné par Jallil Auckburaully à la batterie, Guillaume Antoinette au piano et Kersley Palmire à la contre basse. L’idée de faire voyager sa musique est aussi partagée par d’autres groupes et musiciens faisant partie du mouvement qu’il a fondé, OxyZenn. Mouvement composé de Kama Moja, Sept, François Léron, Denis Frico entre autres. Une bande «d’auteurs new age», pour qui mots et musique sont issus de la même énergie.

Ils sont, avec d’autres, la nouvelle vague de la musique à Maurice, chanteurs un peu poètes, inventeurs de son et de rythmes mais qui vont faire la différence. C’est le cas de Bernard Barbe, artiste aux multiples talents, terrien qui se nourrit de tout et de rien, de ce qui l’entoure comme de ce qui lui est lointain. Au commencement, la musique n’était pas réellement un désir professionnel.

«J’aimais jouer pour moi, sans but de développement artistique».

Un jour, un ami lui a proposé de mettre en musique un de ses textes. Il s’y est essayé et a pris goût à la création. «Je ne savais pas que j’étais poète. Au fil des années, j’ai découvert la dimension du mot, du verbe, des connotations qui résonnent». Il donne exemple de sa passion pour les mots, force et inspiration. Des mots qu’il démêle pour mieux en saisir l’essence. «Comprendre, c’est prendre avec, connaître, c’est naître avec. C’est fabuleux». Il a été poussé vers l’avant par ses amis pour devenir aujourd’hui un artiste réfléchi, investi d’un devoir et «poussé par le désir d’amour universel, que le Grec appel agapê, l’altruisme ».

Bernard Barbe chante, en français et en créole. «J’adore le créole. C’est une très belle langue que beaucoup ont tort de mépriser.

Pour moi, c’est la langue mère des Mauriciens ». Il cherche le beau en toute chose. Homme paisible, artiste zen, en harmonie avec sa musique, en paix avec ses mots, même s’il les trouve souvent très durs. «Mais le monde est tel qu’il est ». Evoluer et offrir, deux maîtres mots pour un Bernard Barbe, maître des mots.

<B>Troisième participation d’Alain Auriant aux Kora Awards</B>

Alain Auriant ne démord pas. «Je ne m’arrêterai jamais de défendre la musique mauricienne. Comment percer sur la scène internationale sans participer aux Kora Awards ?» s’interroge l’artiste. Les Kora Awards, les trophées de la musique africaine, se déroulent chaque année et récompensent les meilleurs artistes du continent africain et cela depuis dix ans. Le festivalréunira pas moins de quarante-huit artistes venus des quatre coins de l’Afrique. Ce festival se déroulera du 1er au 4 décembre à Durban, en Afrique du sud. La remise des Kora Awards se tiendra le 4 décembre. Les chanteurs Shaggy et Angélique Kidjo, seront les maîtres de cérémonie. Pour sa troisième participation au Kora Awards, où il brigue le titre de Meilleur artiste masculin de l’Afrique de l’Est, Alain Auriant chantera Je t’aime encore, extrait de l’album French Kiss. Sous l’égide du Centre Culturel Charles Baudelaire, cet album qui a fait chanter divers artistes locaux en français, produit par le Studio Kapricorn, n’a hélas pas beaucoup fait parler de lui. Alain Auriant a sorti Pas juge moi encore, son deuxième album en décembre l’année dernière.

<B>Saint John Perse et Claudel destins croisés</B>

Après Jules Verne, place à d’autres écrivains voyageurs.

Le Centre Charles Baudelaire propose jusqu’au 12 novembre une exposition sur deux écrivains, poètes et diplomates français, Saint John Perse (1887-1975) et Paul Claudel (1868-1955). Deux âmes, deux destins croisés, partis dans un même élan, sur des chemins séparés. Paul Claudel, «un point c’est tout. Point diplomatique», écrit-il dans une pièce. Nombreuses biographies rappellent qu’il aimait faire allusion à son autre métier dans ses œuvres. Paul

Claudel, le poète diplomate, ou diplomate poète. Une brillante carrière qui le conduira aux quatre coins du globe. Des voyages et aventures humaines qui feront s’épanouir son imaginaire et son écriture. Il se sert des cadres fantastiques qu’il visite et découvre pour la rédaction de ses poèmes et drames.

Il invente la rhétorique de verset claudélien. Cette invention, Saint-John Perse l’adopte dès ses premières oeuvres poétiques. Une invention qu’il fera évoluer vers un style très personnel. Lui aussi diplomate, il fut Secrétaire général aux affaires étrangères, avant d’être désavoué par le régime de Vichy et exilé aux Etats-Unis.

Lorsqu’il revient enfin en France à la fin de la guerre, il est un auteur important et reconnu. Il obtient le prix Nobel de Littérature en 1960, avant d’être édité à La Pléiade, véritable consécration littéraire.

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