Publicité

Voix discordantes

3 novembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Depuis que le gouvernement a accordé une portion de terre à des squatters, les différentes associations du village font entendre leur voix. Elles sont contre la manière de faire des autorités et le font savoir dans une missive envoyée au bureau du Premier ministre et au ministre des Terres et du logement, Asraf Dulull. La tension est telle que les habitants menacent de descendre en masse chez les nouveaux venus si le projet va de l’avant.

Les signataires de la lettre avancent plusieurs raisons pour expliquer leur démarche. Premièrement, disent-ils, l’endroit n’est pas approprié pour bâtir des taudis sans aucune planification et de plus, il se trouve quasiment sur une nappe phréatique. La sécurité préoccupe aussi les habitants.

Le bureau du Premier ministre leur a fait part que l’affaire a été portée devant le ministère concerné. Mais les membres des associations affirment n’avoir reçu aucune réponse du ministère des Terres et du logement. Elles lui donnent un délai de deux semaines. Au cas contraire ils manifesteront. “Nous voulons dialoguer avec les autorités”, déclare John Anseline, membres des Forces vives de Bambous.

Les députés Dani Perrier et Alan Ganoo ont attiré l’attention du gouvernement sur le fait que le terrain se situe sur une nappe phréatique lors de la séance parlementaire du 25 octobre. Le ministre Dullul a affirmé qu’il fera une déclaration à ce sujet. Une pétition est actuellement en circulation dans le village.

Le terrain en question, qui se trouve à la route Geoffroy à l’arrière du siège du conseil de district, a été mis à la disposition de quelque 56 familles, toutes des squatters de Cité-Chebel et de Camp-Levieux. Or, il est dit que vingt autres familles viendront construire leur maison sur le terrain.

Quelques habitants ont effectué une visite sur le terrain. Ils ont constaté qu’il se trouve effectivement à côté d’une pompe de la Central Water Authority.

“Ils vont certainement construire des latrines sur le terrain et l’eau sera contaminée mettant ainsi notre santé en danger”, déclare le secrétaire des Forces vives. Il est soutenu dans ses dires par un groupe de ménagères. Il affirme que c’est pour cette raison que la National Housing Developement Company Ltd a aménagé un centre de purification d’eau pour ces appartements.

La dégradation sur le plan social et la sécurité sont deux autres points évoqués par les habitants. “Il y a déjà beaucoup de problèmes sociaux dans le quartier. Nous avons eu vent que quelques-unes de ces personnes sont liées à des activités malsaines”, déclare une femme. Depuis peu, il y a une recrudescence de vols à la route Geoffroy dit-elle. Pas plus tard que lundi soir, un commerce a été cambriolé.

“Au lieu de nous donner un centre de santé moderne ou plus de policiers, on nous donne plus de problèmes”, ajoute Rosario Vigoureux, un habitant. L’inquiétude est palpable dans le ton des habitants. Le gouvernement a donné une portion de terre et un peu d’argent aux squatters. Les habitants voient déjà une soixantaine de taudis sans eau et électricité sur le terrain. Selon les membres des différentes associations, aucun membre du ministère des Terres n’a effectué une visite pour voir si le terrain est habitable.

“Nous sommes d’accord que chaque famille a besoin d’un toit. Mais il faut le faire dans les règles et il ne faut pas construire n’importe où et pas n’importe comment”, précise le président des Forces vives. Une visite sur le site permet de constater que le terrain se situe dans un bas-fond, au pied de la montagne St Pierre. De plus, deux sorties de drains rejettent l’eau sur le terrain alors qu’un vent constant venant de la montagne, balaie l’endroit.

Dans leur lettre, les signataires attirent les autorités sur le risque que les nouveaux venus deviennent des potentielles victimes de cyclone. Ils craignent que le quartier devienne comme Cité-La Paille et Cité-La-Ferme, deux quartiers de Bambous où les habitants vivent dans des conditions déplorables. “Tout est entre les mains du gouvernement”, disent-ils.

Publicité