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Nouvelle soirée de violences en banlieue parisienne

3 novembre 2005, 20:00

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Les forces de l’ordre ont été prises à partie dans plusieurs villes du département, où des centaines de policiers sont actuellement en état d’alerte. A Aulnay-sous-Bois, une concession Renault a été attaquée et incendiée au cocktail motolov, malgré l’intervention des pompiers sous la protection des forces de l’ordre, ont fait savoir des témoins.

Au Blanc-Mesnil, c’est un gymnase du quartier des Tilleuls qui a brûlé. Des témoins ont par ailleurs déclaré qu’un bus avait été attaqué. Les passagers qu’il transportait ont pu descendre du véhicule sur lequel des pierres et des cocktails molotov ont été jetés. En début de soirée, la préfecture avait annoncé qu’une voiture avait été incendiée devant ses locaux, à Bobigny, au nord-est de Paris.

Une quarantaine de jeunes ont fait irruption dans le centre commercial de Bobigny 2, détruisant la vitrine d’un magasin de prêt-à-porter et blessant deux à trois commerçants. La préfecture a aussi fait état d’une dizaine de feux de poubelles dans le département, de deux classes d’écoles primaires incendiées. Depuis le début des violences jeudi dernier, plus de 200 véhicules ont été incendiés dans différentes banlieues. A Aulnay-sous-Bois, des jeunes ont “investi” le poste de police du Galion, a déclaré un porte-parole de la préfecture. Une banque a par ailleurs été incendiée à Sevran, selon des témoins. Deux jeunes arrêtés lundi à Clichy-sous-Bois ont été condamnés mercredi soir à un et trois mois de prison ferme respectivement pour avoir lancé des projectiles sur des policiers.

Dominique de Villepin, qui devait entamer dans la soirée une visite au Canada et au Québec, a annoncé à l’Assemblée nationale le report d’un déplacement qui l’aurait tenu éloigné de Paris jusqu’à samedi. Nicolas Sarkozy avait annoncé un peu plus tôt l’annulation de sa visite au Pakistan et en Afghanistan, du 6 au 9 novembre. Au cours du conseil des ministres, le président Jacques Chirac a prôné fermeté et conciliation, demandant que “les esprits s’apaisent” et que la loi s’applique “fermement et dans un esprit de dialogue et de respect”.

Rénovation urbaine

Le Premier ministre a ensuite réuni l’ensemble des membres de son gouvernement concernés par le dossier des banlieues. Jacques Chirac a demandé au gouvernement de faire le point “dans un délai d’un mois” de la mise en oeuvre des mesures contenues dans le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo ou le plan de rénovation urbaine et de “faire des propositions pour accélérer et renforcer leur efficacité”.

Confirmant la reprise en main du dossier par Dominique de Villepin, le chef de l’Etat lui a demandé de “préparer” le plan de prévention de la délinquance que Nicolas Sarkozy s’était engagé à présenter avant la fin de l’année.

Il revenait donc naturellement au Premier ministre de défendre l’action menée dans les zones urbaines sensibles, contre laquelle la gauche s’est déchaînée depuis le début des événements de Clichy-sous-Bois, où deux adolescents, se croyant poursuivis par la police, sont morts électrocutés dans un transformateur EDF jeudi dernier. “Le gouvernement tout entier est à la tâche”, a martelé Dominique de Villepin lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

Il a tout d’abord tenu un langage de fermeté. “Les incendies volontaires et les affrontements sont inacceptables et seront sanctionnés par la justice comme il se doit”, a-t-il dit. “Il n’y a qu’un territoire national sur lequel les lois de la République s’appliquent, il n’y a que des Français égaux en droits qui aspirent tous à la sécurité et à la justice.”

Il a rendu “solennellement” hommage à l’action des forces de l’ordre et a reconnu que la tâche de Nicolas Sarkozy était “difficile”. Pour lui, le ministre de l’Intérieur “a pris les mesures nécessaires” au rétablissement de l’ordre public. “Et je sais que je peux compter sur lui”, a insisté Dominique de Villepin soucieux de faire taire les rumeurs sur les tensions internes au gouvernement.

“Evitons de stigmatiser des quartiers”

Le Premier ministre, qu’une rivalité croissante oppose au ministre de l’Intérieur, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2007, a affirmé que son équipe était “unie autour des mêmes principes, dans la même volonté de répondre à l’exigence de sécurité et d’égalité des chances pour tous les Français”. Mais une de ses phrases a sonné comme une condamnation du langage tenu par Nicolas Sarkozy, qui, en parlant de “racaille” ou de “nettoyage au Karcher”, a mis le feu aux poudres en Seine-Saint-Denis.

“Evitons de stigmatiser des quartiers auxquels les habitants sont attachés, traitons différemment la petite délinquance et la grande criminalité, luttons avec fermeté contre toutes les discriminations, prévenons tout amalgame entre une minorité qui sème le désordre et l’immense majorité des jeunes qui souhaitent s’intégrer dans la société et réussir dans la vie”, a souligné Dominique de Villepin. Le Premier ministre s’était déjà posé en médiateur mardi, recevant à Matignon en compagnie de Nicolas Sarkozy les familles des victimes de Clichy-sous-Bois, qui avaient refusé la veille de rencontrer le ministre de l’Intérieur.

Devant les députés, il s’est engagé à conduire son action “avec volonté et avec humanité, avec détermination et avec discernement.” Interpellé par des élus socialistes et par la secrétaire nationale du Parti communiste français, Marie-George Buffet, Dominique de Villepin a lancé un appel à l’unité.

LUTTE CONTRE LA VIOLENCE

Nicolas Sarkozy défend sa politique dans les banlieues

Le ministre de l’Intérieur français, Nicolas Sarkozy, a défendu mercredi soir devant les députés sa politique en matière de lutte contre les violences urbaines. “En matière de violence urbaine les choses sont très claires : la police et la gendarmerie sont les bienvenues dans tous les quartiers des cités”, a-t-il déclaré en présentant les crédits de son ministère pour 2006. “Quand j’entends dire que la présence de la police peut être provocante pour certains, si la présence de la police en provoque certains je connais des tas de gens qui sont ravis qu’il y ait de la police ou de la gendarmerie dans (leur) quartier”, a-t-il poursuivi.Lors de la séance de questions l’après-midi à l’Assemblée, le ministre n’avait répondu à aucune des questions posées sur la violence urbaine. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, avait répondu lui-même aux députés. “Je demande qu’on arrête de parler de jeunes parce que parler de jeunes c’est stigmatiser toute une génération”, a lancé le ministre d’Etat avant de s’en prendre à ceux qui critiquent sa façon d’agir en matière de lutte contre la violence urbaine.

“Il y a une façon très simple d’éviter qu’il y ait des problèmes: c’est de faire comme on fait depuis si longtemps dans ce pays c’est-à-dire ne rien faire et demander à la police et à la gendarmerie de ne pas pénétrer dans ces cités et à ce moment là je vous garantie que vous retrouverez un calme qui sera le calme des bandes, des trafiquants, de l’économie souterraine et de l’argent de la drogue”, a-t-il déclaré.

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