Publicité

Les charges portuaires lèsent les exportateurs

2 novembre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Moins de taxes. Les exportateurs locaux veulent un allégement des charges portuaires. ?C'est un des facteurs qui handicapent la compétitivité des produits malgaches sur le marché international?, a souligné Danil Ismaël, directeur général de la société malgache de transformation des plastiques. ?Notre activité est fortement lésée par cette situation et nous ne sommes pas les seuls?, a-t-il avoué. Pour mettre un conteneur de 20 pieds sur un bateau, il faut mobiliser près de 700 dollars américains à Madagascar contre seulement 300 dollars américains en France.

Les charges portuaires ne sont pas les seuls paramètres qui influent sur la compétitivité du produit malgache. Les services de la douane doivent s'orienter davantage vers l'accroissement de la compétitivité de l'exportation. D'autres facteurs moins visibles provoquent une baisse de performance des opérateurs nationaux par rapport au marché extérieur. ?Le coût et la disponibilité de l'énergie constituent également un obstacle de taille?, a-t-il souligné. À cela s'ajoute le problème lié à la hausse incessante des prix du carburant. Cette hausse a un impact considérable sur le transport et par voie de conséquence sur le coût d'exploitation.

Les opérateurs économiques de Madagascar souffrent, aujourd'hui, d'un contexte pénalisant. Une situation qui pourrait être alarmante dans la mesure où la Grande île doit miser sur sa capacité à exporter pour se sortir de la mélasse dans laquelle elle se trouve actuellement. Selon les techniciens, l'épanouissement économique doit passer par l'optimisation de la production, la transformation et l'exportation des produits naturelles surtout d'origine agricole. Des secteurs qui restent encore précaires pour l'instant malgré les efforts déjà menés par le fameux partenariat public-privé.

La balance commerciale de Madagascar est déficitaire. Ce qui reflète d'ailleurs la qualité des échanges économiques de la Grande île. Le rétablissement de cette balance commerciale doit être un impératif pour le pouvoir central. Le pays doit augmenter le volume et la valeur de l'exportation. D'un côté comme de l'autre, l'amélioration du contexte général des affaires se présente comme la meilleure solution au problème. Les conditions dans lesquelles évoluent les opérateurs économiques doivent être revues et corrigées. L'État doit mettre en place avec le concours du secteur privé une politique pérenne et efficace sur l'exportation.

Le forum sur l'exportation qui se tiendra au début du mois de novembre à Antananarivo, se destine à un rassemblement de tous les acteurs du secteur autour d'une table. Une manifestation qui est motivée par le constat de la réalité. Le but avoué de cette entreprise est de trouver les moyens d'accroître la performance de l'exportation et ainsi de rétablir la balance commerciale au profit des opérateurs malgaches en premier lieu et de l'économie malgache en second lieu. ?Il faut réfléchir sur la manière d'optimiser la compétitivité des entreprises malgaches?, a-t-on expliqué.

L?ariary déprécié : crainte d?une autre crise monétaire

Dix points par jour. La monnaie malgache perd environ dix points par jour sur le marché interbancaire de devises (Mid).Cette baisse de performance de l'ariary a été constatée depuis le début de cette semaine. L'euro s'échangeait à Ar 2 522 vers la fin de la semaine passée contre près d?Ar 2 554 dans la journée de mardi. ?La dépréciation de notre monnaie est en moyenne d'environ dix points par jour?, confirme un cadre d'une banque primaire de la capitale.

Toujours selon les explications fournies par les banquiers de la place, la situation est la résultante de toute un ensemble de circonstances plus ou moins structurelles que conjoncturelles. ?La faiblesse de l'économie en est la principale raison?, précise-t-on.

Par tradition, les caisses se vident à l?approche de la fin de l'année et les budgets sont tous en fin d'exercice. Par ailleurs, la balance commerciale, dans son état actuel, est encore largement déficitaire. Les réserves en devise s'épuisent malgré les promesses de stabilité des responsables. L'État n'est plus en mesure d'honorer la demande sur le marché de devises.

Le faible volume des exportations face à une importation croissante caractérise cette balance commerciale déficitaire. Les principaux produits destinés aux marchés extérieurs enregistrent une baisse flagrante de performance. Rien que pour la vanille, qui est pourtant parmi les piliers de l'économie, la situation est devenue critique.

Bien que le volume exporté ait été doublé cette année, les réalisations en valeur accusent une diminution de près de 85 %. La vanille n'a rapporté que 13 millions Dts cette année contre 87 millions Dts l'année passée pour la même période. Les autres filières ne sont pas plus reluisantes.

Une autre raison qui pourrait expliquer cette faiblesse de la monnaie est l'existence d'une forte demande en devises sur le Mid. Les entreprises effectuent actuellement le paiement des commandes passées durant la détaxation. Des indiscrétions ont également permis de savoir que des commandes en carburant sont faites récemment.

?La baisse de valeur pourrait être plus importante sans une probable intervention de la Banque centrale au niveau du marché interbancaire de devises?, soutient un banquier . ?Seule cette structure a les capacités de maintenir, ne serait-ce que temporairement, une dégringolade de la valeur de la monnaie?, poursuit-il .

La tendance est toujours vers la dévaluation de la monnaie malgré, par moments, quelques regains de vigueur. Au début de l'année, une légère appréciation de la monnaie a fait chuter le cours de l'euro aux alentours de Ar 2 400. Au cours de l'année, l'ariary n'a cessé de perdre de la valeur. Une certaine stabilité a pourtant été remarquée durant le troisième trimestre.

L?express de MADAGASCAR

Publicité