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Gaël Monfils, graine de star

31 octobre 2005, 20:00

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Malgré sa défaite en finale contre Andy Roddick (6/3, 6/2), Gaël Monfils a illuminé le tournoi de Lyon. Déjà finaliste à Metz, le Parisien réalise une fin de saison exceptionnelle.

En annonçant la fin de sa saison le 15 octobre dernier, Richard Gasquet avait, bien malgré lui, mis fin aux espoirs des supporters français de voir un joueur tricolore participer au Masters de Shanghai en novembre prochain.

On se demandait même quel joueur parviendrait à animer une fin d’exercice qui s’annonçait des plus moroses dans le clan français, tant les performances des Bleus, bien que brillants à Lyon, laissaient augurer un automne difficile. Gaël Monfils, lui, ne s’est probablement jamais posé la question. En fait, des questions, il ne s’en pose jamais. Et c’est probablement cela le secret de sa réussite.

Après une saison pleine, force est de constater que le Français, que l’on disait encore trop tendre pour occuper le devant du circuit masculin, est brillamment rentré dans le Top 40 (36e).

A Lyon, le protégé de Thierry Champion a, comme à son habitude, gratifié les spectateurs de sa célèbre panoplie d’acrobate, jonglant entre courses effrénées, sauts spectaculaires et grands écarts. Cette communication avec le public est une source de motivation nécessaire, indispensable même.

Il le dit lui-même : “Il faut aller au combat, les chutes et autres figures font partie du jeu. J’aime faire le show”. Idéalement lancé par un premier tour contre Jan Hernych (6/4, 5/7, 6/3), Monfils s’est frayé un chemin jusqu’en demi-finale pour ce qu’il considère comme le match de la semaine, victorieux de Sébastien Grosjean (6/4, 7/5), son modèle. Comment ne pas alors voir dans ce choc des générations un passage de flambeau évident ?

Quoi qu’il en soit, son nouveau statut le place tout naturellement comme le chef de file de la délégation tricolore pour le tournoi de Bercy, qui a ouvert ses portes hier. Après avoir bénéficié des forfaits des têtes d’affiche comme Roger Federer ou Rafael Nadal, le jeune prodige, égal à lui-même, ne tire aucun plan sur la comète : “Je suis content de pouvoir être à Paris mais je sais que si je rentre dans ce tableau, c’est parce que pas mal de joueurs en sortent. Pour être franc, je n’ai pas encore regardé qui était sorti. Mon objectif ? Donner le meilleur de moi-même tout simplement”.

Une telle vision des choses est la preuve même que Monfils fait partie intégrante de cette nouvelle génération dorée, sans toupet, qui n’a peur de rien et qui gravit quatre à quatre les échelons de la gloire.

Certes, il n’a pas encore l’assurance tout risque d’un Richard Gasquet, capable du meilleur et si rarement du pire. Il n’a pas non plus la panoplie du compétiteur qu’a endossée Rafael Nadal, taillé dans un mental en acier et un esprit de compétiteur hors pair.

Mais à seulement 19 ans, Monfils a le temps de grandir, surtout que le costume de showman lui va si bien.

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