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Flippers écartés des playoffs faute de moyens ?
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Flippers écartés des playoffs faute de moyens ?
Equipe de grand talent, porte-drapeau modèle de la régionalisation, cherche financement désespérément. C’est le cri d’alerte de l’équipe des Flippers, qui vise la finale des playoffs du championnat national de basket-ball.
Les basketteurs de Mahébourg, qui représentent Grand-Port au niveau national, sont habilités à recevoir un financement du ministère de la Jeunesse et des Sports, comme c’était le cas depuis quatre saisons. Reste que les Flippers n’ont toujours pas reçu le grant habituel à ce jour. Les voilà ainsi en situation délicate au niveau de la trésorerie, risquant une rétrogradation en D2.
L’entraîneur-joueur, Pascal Prayag, nous explique la situation : « Nous sommes qualifiés pour les playoffs et nous devons jouer le 5 novembre prochain contre l’USBBRH mais nous n’avons pas assez de moyens financiers pour continuer. Nous devons payer l’arbitrage et nous avons un arriérage de Rs 10 000. Si on ne paye pas la fédération, on n’a plus le droit de jouer et on pourrait être remplacé par une autre équipe. Le problème c’est que le grant que nous accordait le ministère dans le passé ne nous est toujours pas parvenu. Nous ne savons plus quoi faire ! La situation est grave. Les joueurs sont démoralisés… »
Quand le sport devient un luxe…
Pascal Prayag fait ressortir que les Flippers reçoivent le grant du gouvernement, à travers le District Council depuis quatre ans, au plus tard en septembre de chaque année après que le budget est voté(1re année : Rs 10 000, 2e année : Rs 15 000, 3e année : Rs 25 000, 4e année : Rs 20 000).
« Nous avions de grands espoirs pour cette saison puisque du côté du District Council on nous avait promis une plus grosse allocation cette fois grâce à nos très bons résultats sportifs », soutient le coach des Flippers.
Il faut savoir que les Flippers font partie des trois meilleures équipes de basket du pays et ont des chances d’atteindre la finale cette année, avec cinq éléments de la sélection nationale dans leurs rangs.
Le potentiel du club est énorme puisque son centre de préformation accueille quelque 120 jeunes, alors que chez les filles, l’équipe cadette a terminé championne de Maurice et les garçons troisièmes.
« Beaucoup d’amis nous disent ‘manz are Real’, on aimerait bien mais c’est difficile vu notre situation financière actuelle. Mes joueurs font déjà l’effort de payer tous les déplacements, leurs licences et leurs équipements, mais certains ne viennent plus avec nous car ils ont honte de me dire qu’ils n’ont pas d’argent pour continuer… », s’exclame Pascal Prayag, élu MVP la saison passée.
On comprend mieux pourquoi un bon élément comme Bradley Gransable ne fait plus de basket car, si en plus il faut payer cher pour pratiquer sa passion : le sport devient un sacré luxe ! Les talents des basketteurs sudistes sont-ils méprisés ? Ce serait un beau gâchis…
Seule équipe rurale présente chez l’élite du basket national, les Flippers symbolisent la réussite de la régionalisation. Mais, paradoxalement, cette dernière boude le talent de l’un de ses fils et c’est bien dommage.
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