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«Ma relation avec les travaillistes n?a sans doute jamais été très cordiale»

28 octobre 2005, 20:00

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Quelle a été votre réaction en apprenant que vos services ne seraient plus requis par le gouvernement ?

Je considère que c?est le gaspillage d?un atout. Je ne suis pas en train de me flatter ou de promouvoir mon image. Hier (NdlR : jeudi), j?étais à une réunion d?ambassadeurs africains qui avait pour but d?améliorer les échanges d?affaires entre l?Afrique et les Etats-Unis. Les ambassadeurs m?ont demandé de présider un comité sur les investissements. J?ai dû bien évidemment décliner l?offre parce que je ne suis plus représentant commercial de Maurice. Ils étaient très déçus. Ce sont les premières conséquences de la décision du gouvernement. C?est vraiment dommage puisque Maurice a tous les atouts pour jouer un rôle de premier plan sur ce chapitre.

J?ai fait mon travail. Mais je crois sincèrement qu?on est en train de gaspiller un atout. Maurice essaye d?attirer les compétences de ses expatriés. Mais la façon dont j?ai été traité contraste avec cette volonté.

Quelles sont les raisons qui vous ont été communiquées pour justifier votre départ ?

Aucune raison ne m?a été donnée. Ma lettre de révocation tient en quatre lignes seulement. Elle m?a remercié pour mes services. J?ai reçu un mois de préavis. Déjà, ma rémunération a été supprimée.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, et le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Madan Dulloo, étaient à Washington récemment pour des missions. J?ai tout préparé pour eux. Il n?y avait aucune indication que le gouvernement ne voulait plus de moi. C?est surtout la manière de faire peu élégante qui m?attriste.

Toujours est-il qu?il y a eu une décision pour que je parte. Je suppose que ma relation avec les travaillistes n?a jamais été très cordiale.

Mais vous avez déjà travaillé avec eux dans le passé ?

Effectivement, j?ai déjà travaillé avec eux dans le passé. En 1983, je les ai aidés à retourner au pouvoir. Evidemment, certaines personnes oublient toujours ce qu?on fait pour elles.

J?ai aussi collaboré étroitement avec le précédent gouvernement travailliste entre 1995 et 2000, notamment sur le dossier de l?Africa Growth and Opportunities Act (AGOA). J?ai travaillé avec plusieurs gouvernements dans le passé et je n?ai jamais eu de problème pour opérer.

Certains au gouvernement estiment que vous avez mal géré le dossier de l?Agoa et que vous n?avez pas insisté pour obtenir la dérogation du « Third country fabric »?

Sir Bhinod Bacha (ancien chef du service civil), que je considère comme étant un grand guide dans ma vie professionnelle, me répétait souvent cette phrase : tout est dans les dossiers (it?s all in the files). C?est une remarque dont je me souviens toujours.

Les dossiers sont là pour prouver que nous avons demandé la dérogation et qu?il y a eu beaucoup de négociations à ce sujet auxquelles j?ai participé très activement.

Ce serait dommage si on faisait d?un dossier aussi important que l?Agoa une affaire de politique partisane à Maurice.

Selon des rumeurs, vos rapports avec le nouveau secrétaire aux Affaires étrangères, Anand Newoor, ne seraient pas au beau fixe, et c?est une des raisons qui expliquent votre départ ?

Je ne souhaite pas personnaliser le débat. D?ailleurs, j?ai travaillé étroitement avec Anand Newoor lorsqu?il était ambassadeur de Maurice à Washington. J?ai aussi eu de bons rapports de travail avec les ambassadeurs Usha Jeetah et Chitmansing Jesseramsing.

Avez-vous déjà songé à vos projets d?avenir ?

Je vais retourner à Maurice. Je suis un Mauricien et j?espère qu?on ne va pas m?empêcher de rentrer. Je me donne un temps de réflexion concernant mon avenir professionnel.

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