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Les cent prochains jours
par Akilesh ROOPUN
Le gouvernement vient de compléter les 100 premiers jours de son mandat. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s?était lui-même fixé une telle échéance pour un constat des premières réalisations de son équipe.
Il avait promis de jeter les bases pour ?changer la vie des Mauriciens? durant ses trois premiers mois au pouvoir. Il s?est vite rendu compte que le climat économique n?est guère serein pour envisager un changement radical dans le pays. Mais plusieurs mesures introduites par le nouveau régime ont su insuffler une certaine assurance chez la population.
Beaucoup d?analystes et de commentateurs ont certes trouvé à redire sur les initiatives à forte dose sociale tels le transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées, le rétablissement de la pension universelle. Mais il y a aussi eu plusieurs décisions ?pro-business?.
Le ministre des Finances, Rama Sithanen, a présenté son plan de relance économique au mois d?août dans des conditions plutôt pénibles. La croissance économique pour 2005 ne dépassera pas la barre des 4 %. Le taux d?investissement privé (14,8 % pour 2005) est loin d?être suffisant pour assurer une croissance durable.
L?Etat est confronté à un déficit fiscal élevé (6,2 % du produit intérieur brut) et une dette qui ne cesse de s?accroître en conséquence. L?on ne devra pas compter sur l?investissement public pour générer la croissance et créer des emplois.
Malgré les largesses consenties concernant le transport gratuit et de la pension de vieillesse universelle, le gouvernement se dit préoccupé par la situation budgétaire. Il lui faut faire plusieurs choses à la fois pour essayer de ramener le déficit à des proportions plus acceptables. D?abord, le gouvernement doit s?assurer que les entreprises étatiques tels la State Trading Corporation et le Central Electricity Board opèrent sur des bases commerciales et financières saines.
Il y a aussi un gros effort à entreprendre pour éliminer les sources de gaspillage et les dépenses inutiles au sein de l?administration publique et dans l?exécution des projets d?infrastructure. Il faudra aussi améliorer la collecte de recettes à la douane et dans les autres ?revenue departments?.
Mais le moyen de rééquilibrage le plus durable est sans nul doute d?assurer une croissance revigorée, susceptible de restaurer une plus grande fermeté dans la fiscalité. Le gouvernement a identifié le tourisme comme le principal moteur capable de maintenir le cap de la croissance, du moins dans l?immédiat.
Il y a aussi eu plusieurs initiatives en vue de faciliter l?investissement privé et de mieux prospecter les investisseurs potentiels. Le plan de relance Sithanen énonce plusieurs idées pour réduire la bureaucratie qui entrave la concrétisation des projets et pour mieux vendre les opportunités d?affaires aux opérateurs locaux et étrangers.
Mais les travaillistes et leurs ailiers ont aussi pour mission d?ouvrir l?économie à un plus grand nombre d?acteurs. Le gouvernement n?a toujours pas dévoilé son projet de démocratisation de l?économie dans les détails. Bref, un vaste chantier de restructuration attend les dirigeants durant les cent prochains jours?
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